‹ Le catéchisme romainChapitre 134 sur 230 · Sum. theol., III, Q. un. — a. lbid., Q. liv · texte numérisé non relu

Sum. theol., III, Q. un. — a. lbid., Q. liv

DOCTRINE CATHOLIQUE SUR LA RÉSURRECTION /il$

3. Sur la manifestation de sa résurrection, l'Ange 4e l'Ecole écarte l'opinion de ceux qui prétendent cfue le Christ aurait dû manifester sa résurrection à tous les hommes ; il suffisait qu'elle fût manifestée à quelques témoins prédestinés à cela par Diera même et qui devaient la proposer à la foi des autres- De môme, le Christ entrant par sa résurrection dans une vie inconnue de la généralité des hommes, ses disciples n'ont pas dû être les témoins immédiats du fait de sa résurrection, il convenait qu'il leur fût annoncé parles anges. De même encore, il ne fallait pas qu'après sa résurrection le Christ conversât longtemps avec ses disciples, de peur qu'on ne crût qu'il était revenu à sa vie mortelle ; il suffisait qu'il se montrât à eux de temps en temps, pour bien prouver qu'il était ressuscité. Le Christ n'a pas précisément cherché à démontrer à ses disciples par dos preuves d'évidence la vérité de sa résurrection, il s'est contenté du témoignage des Ecritures ; mais il a manifesté par des signes éclatants le fait même de sa résurrection. Or, ces témoignages et ces signes sont absolument suffisants dans leur genre. Car c'est bien un corps, un corps humain, son propre Corps, qu'il montre à ses disciples; et c'est bien son corps animé par son âme, puisqu'il donne des preuves de sa vie nutritive, sensitive et intellective ^ il mange, il parle, il instruit et commande (i).

!\. Saint Thomas indique, en terminant, les effets: de la résurrection par rapport à nous. Sa résurrection est d'abord la cause de notre propre résurrection, parce que, comme l'enseigne l'apôtre, le Christ ressuscité est les prémices de ceux qui se sont endormis. Car, puisque par un homme est venue lœ mort, c'est par un homme aussi que vient la résur-

i. Ibid., Q. lv.

rection des morts (i). » La résurrection du Christ s'étend comme cause efficiente à la résurrection des méchants aussi bien qu'à celle des bons ; mais, comme cause exemplaire, elle se borne à ces derniers, les seuls qui soient rendus conformes à l'image du Fils. Enfin, agissant par la vertu divine, sa résurrection est la cause effective et exemplaire, non seulement de la résurrection des corps, mais encore de celle des âmes (2).

20 Doctrine du catéchisme romain. — Cette doctrine de l'Ange de l'Ecole est devenue celle du Catéchisme romain, comme on va s'en convaincre.

1. Importance de cet article. — « Cette seconde partie de l'article ve demande à être expliquée avec soin, car l'apôtre a dit : « Souviens-toi que Jésus-Christ est ressuscité des morts (3). » Cette recommandation à Timothée s'adresse à tous les pasteurs chargés du soin des âmes. Or, voici le sens de l'article : Jésus-Christ, le sixième jour, à la neuvième heure rendit l'esprit sur la croix; le même jour, vers le soir, il fut enseveli par ses disciples qui, avec l'autorisation de Pilate, descendirent son corps de la croix et le déposèrent dans un sépulcre neuf dans un jardin voisin; le troisième jour après, qui était le dimanche, de grand matin, son âme fut réunie à son corps. Ainsi celui qui avait été mort pendant trois jours revint à la vie et ressuscita. »

2. Nature de la résurrection. — « Par là il ne faut pas entendre seulement qu'il est sorti d'entre les morts, comme cela est arrivé à d'autres, mais qu'il est ressuscité par sa force et sa puissance propre, ce qui ne peut convenir qu'à lui seul ; car il est contre l'ordre de la nature et il n'est accordé à personne de passer par sa propre vertu de la mort à la vie. Cela est réservé à la puissance souveraine de Dieu, comme on le voit dans l'apôtre : « SU a été crucifié en raison de sa faiblesse, il vit par la

1. ICor., xv, 20, 21. — 2. Sam, Iheol. ,111, Q. lvi. — 3. II Tim.9 11,8.

puissance de Dieu (i). » En effet, la divinité n'ayant été séparée ni du corps de Jésus dans le tombeau, ni de son âme dans la descente aux enfers, une vertu divine se trouvait dans son corps et dans son âme. Par suite le corps pouvait être réuni à l'âme et l'âme pouvait revenir au corps, et Jésus pouvait revivre et ressusciter par sa propre vertu. »

3. La résurrection a été prédite. — « David, rempli de l'esprit de Dieu, avait prédit qu'il en serait ainsi : (( Sa droite et son bras saints lui ont donné la victoire (2). » Et Jésus lui-même nous l'avait annoncé : « Je donne ma vie pour la reprendre... J'ai le pouvoir de la donner et le pouvoir de la reprendre{$).» Pour confirmer cette vérité il disait aux juifs : « Détruisez ce temple, et je le relèverai en trois jours (4). » Ils s'imaginèrent qu'il parlait du magnifique temple de Jérusalem, tandis qu'il parlait du temple de son corps, comme le déclare l'évangéliste (5). Que si nous lisons quelquefois que Jésus a été ressuscité par le Père, cela a rapport à son humanité, comme il faut rapporter à sa divinité qu'il est ressuscité par sa propre vertu. »

4. Jésus, le premier ressuscité. — « Il faut remarquer que le Christ est le premier qui a participé au divin bienfait de la résurrection. C'est pourquoi l'Ecriture l'appelle le premier-né d'entre les morts, le premier-né des morts (6). Et l'apôtre dit : « Maintenant le Christ est ressuscité des morts, il est les prémices de ceux qui se sont endormis. Car, puisque par un homme est venue la mort, c'est par un homme aussi que vient la résurrection des morts. Et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous seront vivifiés dans le Christ, mais chacun en son rang : comme prémices le Christ, ensuite ceux qui appartiennent au Christ (7). » Ces paroles doivent s'entendre d'une résurrection parfaite, qui ôte toute nécessité de mourir, en donnant une vie immortelle. Tells est la résurrection du Christ ; il est le premier à l'avoir obtenue ; car, pour la résurrection qui rend la vie et

1. II Cor., xiii, 14. — 2. Ps., xcvu, 1. — 3. Jonn., x, 17-18. — 4. Joan., 11, 19. — 5. Joan.y il, ai. — 6. Apoc>, 1, 5. — 7. I Cor., xv, 20-23

laisse la nécessité de mourir de nouveau, plusieurs, avant Jésus-Christ, en ont joui. Jésus, au contraire, en ressuscitant, a tellement vaincu et dompté la mort qu'il ne peut plus mourir. Ainsi l'enseigne clairement l'apôtre : a Le Christ ressuscité des morts ne meurt plus ; la mort ri a plus sur lui d'empire (i). »

5. Le troisième jour, selon les Ecritures. — « Par ces mots : le troisième jour, les fidèles ne doivent pas croire que Jésus a passé trois jours complets dans le sépulcre; mais l'expression se justifie parce qu'il y a un jour entier, une partie de la veille et du lendemain. Pour manifester sa divinité, Jésus n'a pas voulu différer sa résurrection jusqu'à la fin des temps ; mais, pour prouver qu'il était homme et qu'il était réellement mort, il n'est pas ressuscité immédiatement, mais le troisième jour, cela suffisant pour montrer qu'il était mort.

« Les Pères du premier concile de Constantinople ont ajouté à cet endroit : selon les Ecritures. Ces paroles, empruntées à l'apôtre, n'ont été insérées dans le symbole de foi que parce qu'ils avaient appris du même apôtre combien le mystère de la résurrection était nécessaire. « Si le Christ ri est pas ressuscité, notre prédication est donc vaine, vaine aussi est votre foi.... Si le Christ ri est pas ressuscité, votre foi est vaine, vous êtes encore dans vos péchés (2). » Aussi saint Augustin, admirant ce que la foi nous apprend dans cet article, écrivait-il : « Ce n'est pas beaucoup de croire que Jésus-Christ est mort; les juifs, les païens, les pécheurs le croient; tous croient qu'il est mort. Mais la foi des chrétiens, c'est sa résurrection. Voilà ce que nous regardons comme quelque chose «le grand, c'est de croire qu'il est ressuscité. » De là vient <que Notre Seigneur a parlé souvent de sa résurrection ; presque jamais il ne s'est entretenu de sa mort avec ses disciples sans mentionner en même temps sa résurrection. Ainsi, après avoir dit : « le Fils de l'homme sera livré aux nations, outragé, fouetté, couvert de crachats, et mis À mort après avoir été flagellé, » il ajoute : ci il ressusci-

Page 1