‹ Le catéchisme romainChapitre 138 sur 230 · ASSIS A LA DROITE DE DIEU · texte numérisé non relu

ASSIS A LA DROITE DE DIEU

autant que possible dans leurs actions et dans leur conduite.

« Quel est donc le sens de la première partie? Les fidèles doivent croire sans hésiter et très fermement que Jésus- Christ, après avoir achevé et terminé le mystère de notre rédemption, monta au ciel, comme homme, en corps et en âme. Comme Dieu, jamais il n'avait cessé d'y être, puisque, par sa divinité, il est partout et remplit tous les lieux.

« Or, il y est monté par sa propre vertu, et non par une force étrangère, comme Elie, qui fut enlevé dans le ciel sur un char de feu, ou comme le prophète Habacuc et le diacre Philippe, qui furent portés en l'air par une force divine, jusqu'à des distances très éloignées. Et ce n'est pas seulement en tant que Dieu qu'il est monté au ciel par la toute-puissance de sa divinité, c'est encore en tant qu'homme. Cela n'eut pas lieu par des forces naturelles à l'homme, mais cette vertu, dont était remplie son âme bienheureuse, pouvait transporter son corps où elle voulait, et son corps, déjà en possession de la gloire, obéissait sans peine aux ordres et aux mouvements de l'âme. C'est pourquoi nous croyons que le Christ est monté au ciel par sa propre vertu comme Dieu et comme homme. »

IL Est assis à la droite de Dieu

1° Sens métaphorique. — i. « Il y a dans ces mots : être assis à la droite, une figure, c'est-à-dire un changement de signification, comme on en trouve fréquemment dans l'Ecriture. Pour s'accommoder à notre manière de concevoir les choses, l'Ecriture attribue à Dieu des membres et des affections humaines, quoi qu'en Dieu il soit impossible de rien concevoir de corporel, puisqu'il est un pur esprit. Mais, comme nous voyons, parmi les hommes, donner la droite à celui qu'on veut honorer, on a transporté l'idée de cet usage aux choses spirituelles, et pour expliquer la gloire aue Jésus s'est acquise et qui

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l'élève comme homme, au-dessus de toutes les créatures, on a dit qu'il est assis à la droite de son Père. »

2. « Etre assis n'exprime pas ici la position du corps, mais signifie la possession certaine et immuable de la puissance, de la gloire royale et souveraine que Jésus a reçue de son Père. Car c'est son Père, dit l'apôtre, qui « l'a ressuscité des morts et Va fait asseoir à sa droite dans les cieux, au-dessus de toute principauté, de toute autorité, de toute puissance, de toute dignité et de tout nom qui se peut nommer, non seulement dans le siècle présent, mais encore dans le siècle à venir. Il a mis tout sous ses pieds (i). » On voit qu'il s'agit ici d'une gloire singulière et propre au Seigneur, qui ne saurait convenir à aucune autre créature. Ce qui fait dire dans un autre passage : « Auquel des anges Dieu a-t-il jamais dit : « Assieds-toi à ma droite (2) ? »

3. (( Pour expliquer plus au long le sens de cet article, il n'y a qu'à relire le récit de l'ascension tel que l'a fait sait Luc avec un ordre admirable dans les Actes des apôtres. Il faut remarquer avant tout que les autres mystères se rapportent à l'ascension comme à leur fin et qu'ils y reçoivent leur dernier accomplissement et leur perfection ; car, de môme que tous les mystères de notre religion ont commencé par l'incarnation, ainsi son passage parmi nous s'est terminé par l'ascension. D'ailleurs, les autres articles du symbole nous font connaître son humilité et son abaissement extraordinaire ; car on ne peut rien concevoir de plus bas et de plus abject, pour le Fils de Dieu, que de s'être revêtu de notre nature et de notre faiblesse, et d'avoir bien voulu souffrir et mourir. Mais ce que l'article précédent nous enseigne de sa résurrection d'entre les morts, et le sixième de son ascension, par laquelle il est allé s'asseoir à la droite de son Père, est tout ce qu'il y a de plus admirable et de plus propre à nous donner une haute idée de sa gloire souveraine et de sa divine majesté. Cela dit, il faut exposer avec soin pourquoi Jésus-Christ est monté au ciel. >>

Eph.9 1, 20-23. — 2. Hebr., 1, i3.

l'ascension 435

2° Causes et raisons de l'ascension. — 1. « Jésus est monté au ciel, d'abord parce que son corps, devenu glorieux et immortel par sa résurrection, réclamait une autre demeure que le séjour bas et obscur de la terre et ne devait plus habiter que dans les hauteurs et les splendeurs du ciel ; et cela, non seulement pour y jouir de la gloire et du royaume qu'il avait mérités par son sang, mais encore pour y prendre soin de ce qui regarde notre salut. »

2. « Ensuite pour prouver que son royaume n'était réellement pas de ce monde ; car les royaumes de ce monde sont terrestres et passagers ; ils ne subsistent que parles richesses et parla force. Le royaume du Christ, au contraire, n'est pas un royaume terrestre, tel que les juifs l'attendaient, mais un royaume spirituel et éternel,, ne renfermant que des richesses spirituelles, comme il nous l'apprend, en plaçant son trône dans le ciel. Dans ce royaume, les plus riches, ceux qui possèdent une plus grande abondance de biens, sont ceux qui cherchent avec plus de zèle les choses de Dieu. Aussi lisons-nous dans saint Jacques que « Dieu a choisi ceux qui sont pauvres aux yeux du monde, pour être riches dans la foi et héritiers du royaume qu'il a promis à ceux qui l'aiment (1). »

3. «En outre, le Seigneur a voulu exciter dans nos cœurs le désir de le suivre dans son ascension. Comme sa mort et sa résurrection étaient pour nous le modèle d'une mort et d'une résurrection spirituelles, ainsi son ascension nous apprend à nous porter au ciel par la pensée, bien que nous soyons sur la terre, et à reconnaître, comme le dit l'apôtre, que nous ne sommes que des étrangers et des hôtes de passage, que nous cherchons notre patrie, étant de la même cité que les saints et le^ familiers de la maison de Dieu. En effet, nous vivons déjà dans le ciel (2). »

4. « En ce qui concerne la force et la grandeur des biens inexplicables que Dieu a répandus sur nous par ce^ mystère, David, d'après l'interprétation de l'apôtre, les avait célébrés longtemps d'avance : a En montant au ciel,

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