Jac, 11, 5. — a. Eph., u, 19-20 ; Phil., m
il a emmené captifs une foule d'esclaves, et il a répandu ses dons sur les hommes (i). » En effet, dix jours après son ascension il envoya l'Esprit-Saint, dont la vertu et les grâces abondantes ont formé cette multitude de chrétiens qui existent aujourd'hui. Ainsi il accomplit les magnifiques promesses qu'il avait faites à ses apôtres, en leur disant : « Il vous est bon que je m'en aille; car, si je ne m'en vais pas, le Consolateur ne viendra pas en vous ; mais si je m'en vais, je vous l'enverrai (2). »
5. « Il est encore monté au ciel, suivant l'apôtre, « afin de se tenir désormais pour nous présent devant la face de Dieu » et de remplir, auprès de son Père, la fonction d'avocat (3). « Mes petits enfants, écrivait saint Jean, je vous écris ces choses afin que vous ne péchiez pas. Et si quelqu'un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus-Christ, le juste. Il est lui-même une victime de propitiation pour nos péchés (4). » Or, il n'y a rien de plus propre à inspirer une joie solide et véritable aux fidèles, que de voir les intérêts de leur salut confiés à la médiation et remis entre les mains de Jésus-Christ, puisqu'il jouit auprès de son Père d'une faveur sans bornes et d'un crédit tout-puissant. »
6. (( Enfin, comme il nous l'avait promis, Jésus nous a préparé une place dans le ciel, et c'est au nom de tous et comme notre chef qu'il est entré en possession de sa gloire céleste Car, en même temps, il nous a ouvert les portes du ciel fermées par le péché d'Adam, et tracé un chemin sûr pour arriver au bonheur éternel, suivant ce qu'il avait prédit à ses disciples, le jour de la Cène. Et ce fut pour montrer encore mieux la sincérité de ses promesses par les effets, qu'il emmena avec lui dans le séjour de la béatitude éternelle, les âmes des saints qu'il avait délivrées des enfers. »
7. ce A tous ces biens célestes et admirables, se joignent encore plusieurs autres avantages. Et d'abord notre foi en devient infiniment plus méritoire ; car la foi a pour objet les choses qui ne se voient pas, et qui sont au dessus de
1. Ps.9 lxvii, 19; Eph., iv, 8. — 2. Joan., xvi, 7-8. — > 3. Hebr., ix, 24. — 4« I Joan., 11, 1, a.
l'ascension 437
la raison et de l'esprit de l'homme. Aussi le mérite de notre foi eût-il été bien moindre, si le Seigneur ne nous avait point quittés, puisque lui-même a proclamé bienheureux ceux qui n'ont point vu et qui ont cru (1). Ensuite l'ascension de Notre Seigneur est très propre à affermir l'espérance dans nos cœurs. En effet, puisque nous croyons qu'il est monté au ciel et que sa nature humaine est placée à la droite de son Père, c'est un puissant motif d'espérer que nous, qui sommes ses membres, nous y monterons et que nous nous y réunirons à notre chef. Lui-même nous a donné cette espérance, quand il a dit : « Père, ceux que vous m'avez donnés, je veux que là où je suis, ils y soient avec moi (2) ».
8. « Un autre bienfait, et l'un des plus grands de l'ascension, c'est d'avoir porté vers le ciel l'amour de notre cœur et de nous avoir enflammés de l'esprit de Dieu. Car c'est une vérité que là où est notre trésor, là aussi est noire cœur. Par suite, si Jésus demeurait avec nous sur la terre, toutes nos pensées se borneraient à le voir dans son humanité et à vivre avec lui ; nous ne regarderions que l'homme de qui nous avons reçu tant de bienfaits, et nous n'aurions pour lui qu'une affection toute naturelle, Mais, en montant au ciel, il a spî ritualisé notre amour, et dès lors, ne pouvant être avec lui que par la pensée, puisqu'il est absent, nous l'honorons et l'aimons comme notre Dieu. C'est ce que nous apprend l'exemple des apôtres. Tant que Jésus fut avec eux, ils n'eurent à son endroit que des sentiments tout humains. C'est ce que nous apprend Notre Seigneur lui-même, quand il leur dit: « 11 vous est bon que je m'en aille (3). » Car cet amour imparfait, dont ils l'aimaient quand il était avec eux, avait besoin d'être perfectionné par un amour divin, c'est-à-dire par la descente du Saint-Esprit en eux. Et voilà pourquoi le Seigneur ajoutait : « Si je ne m'en vais pas, le Consolateur ne viendra pas en vous. »
9. « Joignez à tous ces avantages que le mystère de l'ascension a commencé sur la terre l'établissement de la maison de Dieu, c'est-à-dire de son Eglise, dont le gou-