Eph., iv, 7. — 2. Cat. rom., I, art. vi, i-x
LE JUGEMENT /ISg
le sein d'une vierge, pour notre salut ; l'autre, par lequel, h la fin des siècles, il viendra juger tous les hommes. Ce dernier avènement est appelé, dans l'Ecriture, le jour du Seigneur, « Le jour du Seigneur vient ainsi qu'un voleur pendant la nuit (i). » Personne ne sait ce jour ni cette heure (2). »
3. « Pour ce qui est de la vérité du jugement dernier, elle nous* est suffisamment prouvée par l'autorité de l'apôtre, qui assure que « nous tous, il nous faut comparaître devant le tribunal du Christ, afin que chacun reçoive ce qu'il a mérité étant dans son corps, selon ses œuvres, soit bien, soit mal (3). » L'Ecriture est pleine de témoignages, qui non seulement prouvent cette vérité, mais qui sont très propres à la rendre sensible à tout le monde. Que si, dès le commencement du monde, tous les hommes ont désiré avec tant d'ardeur ce jour du Seigneur, où il s'est revêtu de notre chair, parce qu'ils mettaient dans ce mystère l'espoir de leur délivrance, maintenant que le luis de Dieu est mort et qu'il ast monté au ciel, soupirons aussi de toute noire âme après cet autre jour du Seigneur, ■« en attendant la bienheureuse espérance et l'apparition glorieuse de notre grand Dieu et Sauveur Jésus-Christ (4).»
2° Raisons de ce pouvoir. — 1. « L'Ecriture déclare que le jugement sera fait par Jésus-Christ, non seulement comme Dieu, mais comme homme. Il est vrai que les trois personnes de la sainte Trinité ont également la puissance de juger ; cependant on l'attribue spécialement au Fils comme on lui attribue la sagesse. Qu'il doive juger tout le monde, en tant qu'homme, c'est lui-même qui nous l'assure, en disant : « Comme le Père a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils d'avoir la vie en luimême ; et il lui a donné aussi le pouvoir de juger, parce qu'il est le Fils de l'homme (5). »
2. « Il convenait d'ailleurs infiniment qu'il en fut ainsi Puisqu'il fallait juger des hommes, n'était-il pas nécessaire qu'ils pussent voir leur juge des yeux de leur corps,
1. I Thés., v, 2. — 2. Matlh., xxiv, 36 ; Marc., xiii, 82. — 3. H Cor., v, 10. — 4- TU. , 11, i3. — ■ 5. Joan., v, 2O-27.
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entendre de leurs oreilles la sentence qui serait portée, et, en un mot, connaître leur jugement par leurs propres sens? C'était encore une justice qui était due à Jésus- Christ. Sur la terre il avait été injustement condamné par les méchants : il devait après cela paraître aux yeux de tous assis sur son trône pour juger tous les hommes. C'est pourquoi le prince des apôtres, après avoir exposé dans la maison de Corneille lés vérités principales du christianisme, après avoir enseigné que Jésus-Christ avait été crucifié et mis à mort par les juifs, et que le troisième jour ensuite il était ressuscité, ajouta ces mots : « Il nous a commandé de prêcher au peuple et d'attester que c'est lui que Dieu a établi juge des vivants et des morts (i). »
1. Le triomphe de Jésus. — « Seigneur Jésus, merci des bienfaits de votre résurrection. C'est pour y mettre le comble qu'emporté par votre puissance, et suivant les lois des natures glorieuses, vous montez, escorté des captifs de votre amour, au dessus de tous les corps célestes, jusqu'à ces portes éternelles que les anges abaissent devant vous. Traversant ces saintes hiérarchies, votre humanité, imbibée de vie divine, pénètre jusqu'à l'inaccessible sanctuaire où Dieu vous a préparé le trône de sa droite. Là, vous jouissez de l'éternel repos préparé par vos combats ; là, vous prenez part à la béatitude, à l'autorité, à la puissance de votre Père ; là, vous achevez l'œuvre de notre salut; là, vous faites appel à notre foi, à notre espérance, à notre amour, à nos adorations ; là, précurseur diligent et dévoué, vous nous préparez une place, nous montrant la voie que vous avez suivie et les générations bienheureuses que vous avez délivrées de la puissance de Satan ; là, Pontife miséricordieux, vous montrez vos plaies, et faites plaider, en notre faveur, les souffrances et les mérites de votre passion et de votre mort ; de là, vous répandez sur nous tous vos dons ; de là, enfin, vous viendrez un jour, loi subsistante et vivante, sagesse incarnée, chef de toute créature, exemplaire de toute vie, plénitude de toute grâce, de là, vous viendrez,
i. Ad. y x, da ; Cat. rom., I, art. vu, i-vn,
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revêtu d'une grande puissance et d'une grande majesté, pour juger les vivants et les morts. Ce sera votre dernière apparition; elle partagera l'humanité en deux camps, à droite les justes, à gauche les réprouvés, tous poussant le même cri : « 0 mort, où donc est ta victoire ? » Les justes diront: « Omort, tu nous a étouffés, sans que nous ayons eu un jour de repos dans nos épreuves. Notre vertu, toujours militante ^t souffrante, a épouvanté les lâches et les a fait douter de la justice de Dieu ; mais, aujourd'hui, cette justice triomphe dans notre glorieuse immortalité. O mort, où donc est ta victoire ? » — Les réprouvés diront : <c O mort, tu nous a surpris dans nos délices. Nos vices, couronnés par la prospérité, nous faisaient croire que tout finissait entre tes bras. Nous te croyions forte comme le néant ; mais tu nous trahissais. Aujourd'hui, du moins, ne nous abandonne pas ; viens mettre fin à nos supplices. Mais non, nous sommes condamnés à toujours mourir, sans jamais cesser de vivre. O mort, où donc est ta victoire ? » — Et à cette éternelle plainte des désespérés, les cris des élus répondront: ((Vive Jésus, vainqueur de la mort ! Amen ! Alléluia ! » Monsabré, Conf. xlviii0.