Jésus, Pontife de la Nouvelle alliance. — « Le
pontife est le député du peuple vers Dieu ; en cette qualité, il a trois fonctions principales. Et premièrement, il faut qu'il s'approche de Dieu au nom du peuple qui lui est commis ; secondement, étant près de Dieu, il faut qu'il s'entremette et qu'il négocie pour son peuple ; et enfin, en troisième lieu, parce qu'étant si proche de Dieu il devient une personne sacrée, il faut qu'il consacre les autres en les bénissant... Le pontife est établi près de Dieu pour les hommes. Pour cela, il faut qu'il s'approche, il faut qu'il intercède, il faut qu'il bénisse ; car, s'il ne s'approchait, il ne serait pas en état de traiter ; et s'il n'intercédait, il lui serait inutile de s'approcher ; et s'il ne bénissait, il ne servirait rien au peuple de l'employer. Ainsi, en s'approchant, il nous prépare les grâces ; en intercédant, il nous les obtient ; en bénissant, il les épanche sur nous. Or, ces fonctions sont si excellentes qu'aucuns
créature vivante n'est capable de les exercer dans leur perfection. C'est Jésus, c'est Jésus qui est l'unique et le véritable Pontife : c'est lui seul qui approche de Dieu avec dignité ; lui seul qui intercède avec fruit ; lui seul qui bénit avec efficace... Montrons, par cette doctrine toute chrétienne, qu'il était nécessaire que Notre Sauveur, pour faire sa charge de grand pontife, allât prendre sa place auprès de son Père, à la droite de sa Majesté. » Bossuet, Sermon sur le mystère de V Ascension, exorde.
3. Le ciel e9t une récompense. — « La gloire que nous attendons est une récompense que Dieu nous destine ; et pour peu que vous ayez de pénétration, vous y devez découvrir d'abord deux différences bien remarquables qui la relèvent infiniment au dessus de ces récompenses fragiles et passagères que le monde promet à ceux qui le servent. Car, selon la belle réflexion de saint Jean Chrysostome, telle est l'injuste distribution qui se fait des récompenses du monde : on les a souvent sans les mériter, et on les mérite encore plus souvent sans les avoir. On les a sans les mériter, et c'est ce qui devrait humilier la plupart des heureux du siècle ; et on les mérite encore plus souvent sans les avoir, c'est ce qui rebute et ce qui désespère les malheureux. Mais il n'en est pas ainsi de cette récompense immortelle où nous aspirons. Comme on ne l'obtint jamais qu'en la méritant, aussi est-on sûr de ne la mériter jamais sans l'obtenir.
u C'est une récompense que ce royaume éternel, où Jésus-Christ, comme notre chef, entre glorieux et triomphant ; mais cette récompense, prenez garde à ces trois pensées : on ne l'a point qu'on ne la mérite ; on ne l'a que parce qu'on la mérite; on ne l'a qu'autant qu'on la mérite. On ne l'a point qu'on ne la mérite. Dieu, commo maître de ses biens, pouvait nous la donner gratuitement, sans qu'il nous en contât rien ; mais il ne l'a pas voulu ; et suivant l'ordre qu'il a établi, il faut de deux choses l'une, ou que nous méritions cette récompense, ou que nous y renoncions... On ne l'a que parce qu'on la mérite: en sorte qu'elle est le partage du mérite seul, à l'exclusion d'un tout autre titre. De là vient que saint Paul, pour la