LE SAINT-ESPRIT EGAL AU PERE ET AU FILS
3. Egalité du Saint-Esprit avec le Père et le Fils. — « Le terme une fois expliqué, il faut ensuite enseigner au peuple que le Saint-Esprit est Dieu comme le Père et le Fils, égal à l'un et à l'autre, tout-puissant, éternel, infiniment parfait, souverain, bon, sage, possédant la même nature que le Père et le Fils. C'est ce qui est suffisamment indiqué par la préposition in, quand nous disons : Credo in Spiritam Sanctum ; car cette préposition est mise devant le nom de chaque personne de la Trinité pour exprimer la force de notre foi.
u Telle est, en effet, la vérité qu'expriment les saintes Lettres. Saint Pierre, dans les Actes des apôtres, après avoir demandé à Ananie pourquoi Satan avait rempli son cœur au point de mentir au Saint-Esprit, ajoute aussitôt: « Ce n'est pas à des hommes que ta as menti, mais à Dieu (i), » donnant ainsi le nom de Dieu à celui qu'il venait d'appeler Esprit-Saint.
u De même l'apôtre, dans sa lettre aux Corinthiens, appelle Esprit-Saint celai qu'il avait d'abord appelé Dieu. i( Il y a diversité de dons, mais c'est le même Esprit; diversité de ministères, mais c'est le même Seigneur ; diversité d opérations, mais c'est le même Dieu qui opère tout en tous. A chacun la manifestation de l'Esprit est donnée pour t utilité commune (2). »
« En outre, ce que les prophètes attribuent uniquement à Dieu, l'apôtre l'attribue au Saint-Esprit Isaïe avait dit : <( Et j'entendis la voix du Seigneur disant : « Qui enverrai-je, et qui ira pour nous ? » Et je dis : « Me voici, envoyez-moi. » Il dit : « Va, et dis à ce peuple : Entendez, et vous ne comprendrez point ; voyez et vous n'aurez point l'intelligence. Appesantis le cœur de ce peuple, et rends ses oreilles dures, et bouche-lui les yeux, en sorte qu'il ne voie point de ses yeux, et n'entende point de ses oreilles (3). » Or, l'apôtre, citant ces paroles et s'adressant aux juifs, s'exprime ainsi : « Elle est bien vraie celle parole que le Saint-Esprit a dite à vos pères par le prophète Isaïe (4).»
i.Act., y, 3-4. — a.I, Cor., xii, 5-7.— 3. Is.t vi, 8-10. — 4. Acl.,
XXVIII, a5.
46o LE CATÉCHISME ROMAIN
(( D'autre part, puisque nous voyons dans l'Ecriture la personne du Saint-Esprit jointe à celle du Père et du Fils, comme dans l'endroit où il est ordonné de baptiser au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit,, il ne peut pas rester de doute sur cette vérité ; car si le Père est Dieu, si le Fils est Dieu, nécessairement le Saint-Esprit est Dieu, puisqu'il est placé sur le même rang que le Père et le Fils.
« Ajoutez à cela qu'il n'y aurait aucun avantage à être baptisé au nom d'une créature quelconque. « Est-ce au nom de Paul que vous avez été baptisés, » dit l'apôtre (i) ? voulant ainsi faire entendre qu'un tel baptême serait inutile pour le salut. Donc, puisque nous sommes baptisés au nom du Saint-Esprit, il faut que le Saint-Esprit soit Dieu.
« Ce même ordre des trois personnes, d'où nous concluons la divinité du Saint-Esprit, se trouve encore dans Saint-Jean : « Il y en a trois, dit-il, qui rendent témoignage dans le ciel : le Père, le Verbe et l Esprit, et ces trois sont un (2). » Et aussi dans cet éloge magnifique de la sainte Trinité qui termine les psaumes et les cantiques, par lesquels nous louons Dieu : « Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit. »
(( Ce qui confirme enfin d'une manière évidente cette vérité, c'est que l'Ecriture attribue au Saint-Esprit tout ce que nous savons n'être propre qu'à Dieu seul. Elle lui donne des temples. « Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit (3) ? » Elle lui attribue le pouvoir de sanctifier, de vivifier, de scruter les profondeurs de Dieu, de parler par les prophètes, d'être partout (4) : toutes choses qui ne conviennet qu'à Dieu. »