ÉM1NENTE SAINTETÉ DE L'ÉGLISE
la sainteté de l'Eglise, quelque fondée qu'elle puisse être dans la réalité des faits particuliers, n'aurait de valeur véritable que si le mal venait, logiquement et nécessairement, de l'Eglise, ou de son fondateur, ou de sa foi, ou de sa morale, ou de son culte, ou de ses sacrements. Or, qui oserait le prétendre? personne. Il reste simplement que le mal, quel qu'il soit et quel qu'en soit l'auteur, est le produit exclusif de l'imperfection, de la déchéance ou de l'infidélité ; l'homme seul en est responsable, etnon la doctrine ni l'Eglise.
5. Ajoutons avec le grand orateur de Notre- Dame : « Les objections des ennemis de l'Eglise ne sont pas nouvelles, et il y a, dans leurs récriminations, une manifeste exagération du mal, doublée d'une volontaire ignorance du bien. Pour une douzaine de papes qui furent indignes, on oublie la longue succession des pontifes qui honorèrent la chaire de Pierre par leur sagesse et, souvent, par leur sainteté. Pour quelques centaines d'évêques et de prêtres infidèles à leur vocation, on oublie les milliers d'âmes généreuses qui furent la gloire de l'épiscopat et du sacerdoce. Pour une ou deux époques de décadence dans la vie religieuse, on oublie les âges fortunés pendant lesquels les monastères étaient des pépinières de saints. Pour un siècle de ténèbres et de relâchement, on oublie des siècles de lumière et d'héroïsme.
(( Si nous ressemblions aux politiques qui falsifient l'histoire dans l'intérêt d'un parti, nous cacherions les scandales qui ont affligé l'Eglise ; mais nous sommes si sûrs de sa sainteté que nous pouvons tout avouer. Les saints n'ont pas craint de faire entendre au siège apostolique, à l'épiscopat, au sacerdoce, aux moines, aux rois et aux peuples, les publics et sévères reproches de leur vertu indi-
foG: LE CATÉCHISME ROMAIN
gnée. D'où leur venait cette audace? De ce qu'ils savaient bien, en agissant ainsi, ne pas offenser l'Eglise, ne pas compromettre sa sainteté. »
6. « L'immoralité des membres d'une société n'est imputable à la société elle-même que lorsqu'elle est la conséquence pratique des vices de sa législation. Tant que les codes protestent contre le crime, le crime demeure un fait individuel, et la société est d'autant plus recommandable qu'elle le détermine plus clairement, le châtie plus sévèrement. Or, il n'est dans l'Eglise aucun vice, aucune imperfection même qui ne soit en contradiction avec son enseignement, ses lois, sa discipline. Elle n'a jamais cessé de condamner, de flétrir, de réprimer, autant qu'il est en son pouvoir, le mal qui la déshonore. Ce mal est un fruit de la liberté que le Christ a respectée, parce qu'il voulait que la sainteté fût le prix de nos glorieux combats; mais on n'en peut rendre responsable l'institution divine qui ne donne, authentiquement et publiquement, que des leçons de perfection (i). »
7. Nonobstant les défauts et les imperfections qui sont, même au service du Christ, la rançon de la liberté et le tribut de l'humaine misère, l'Eglise a le droit d'être fière des saints qu'elle a fait vivre ici-bas et dont elle a peuplé le ciel : ils forment sa gloire la plus pure et attestent la divinité de sa constitution avec un éclat incomparable et unique. Ses apôtres, ses martyrs, ses confesseurs, ses vierges, pâtres ou rois, prêtres ou laïques, hommes ou femmes, vieillards ou enfants, car partout et toujours, à tous les degrés de l'échelle sociale, dans tous les états, dans toutes les fonctions, à tous les âgçs, il s'en est rencontré, ils sont légions. Les Bol-