III. Son inépuisable fécondité
i. C'est ici, comme pour les saints, que des volumes et des volumes seraient nécessaires rien que pour énumérer, caractériser et décrire sommairement les œuvres si nombreuses et si variées quer tout le long des siècles, l'Eglise a inspirées, secondées, réalisées en faveur de l'humanité. Comme une mère qu'elle est, sa vigilance protectrice et son ingéniosité féconde s'étendent à tous les besoins, à tous les intérêts matériels et spirituels ; elle qui se préoccupe des âmes avant tout, elle se garde bien d'oublier les corps. Par ses crèches et ses dispensaires, par ses orphelinats et ses écoles, par se& patronages et ses refuges, par ses sociétés de secoursniutuels et ses maisons de retraite, par ses léproseries et ses hôpitaux, elle atteint, du berceau à la tombe, tous les individus, dans chacune de leurs misères physiques ou morales. Et au service de ces misères, elle suscite une armée de serviteurs béné-
voles et courageux qui regardent comme un honneur, comme une gloire, de se consacrer sans réserve aux malheureux, qu'ils saluent du doux nom de frères, et dans lesquels ils se plaisent à voir Firnage de leur Maître. Hommes et femmes rivalisent de zèle, d'ardeur et d'émulation pour le soulagement des pauvres, des malheureux, des délaissés, des infirmes et des malades. A quoi bon citer des noms? Et ne sont-elles point partout ces congrégations hospitalières? Depuis des siècles, il en parait toujours de nouvelles et il en paraîtra encore comme un témoignage vivant de l'inépuisable fécondité de l'Eglise.
2. On peut et on doit en dire autant des éminents services rendus par l'Eglise catholique romaine à la famille et à la société. La famille, elle l'entoure de sa plus touchante sollicitude et d'un respect religieux, parce qu'elle considère le foyer domestique comme un auguste sanctuaire; elle proclame un devoir sa fécondité et ne cesse d'enseigner que Dieu se plaît à bénir les nombreuses familles ; elle engage les époux à se supporter mutuellement, à se sanctifier l'un par l'autre, à conserver la paix coûte que coûte et à imiter dans la mesure du possible l'union mystique de Jésus-Christ avec son Eglise ; dès que des mains téméraires ou une législation imprudente cherchent à ébranler sa base, elle répète l'enseignement révélé, qui veut que le mariage soit stable et indissoluble, l'homme ne pouvant point séparer ce que Dieu a uni. La société, elle la pénètre le plus qu'elle peut de l'esprit chrétien; sans la détourner, comme on le prétend faussement, de la poursuite légitime de ses intérêts matériels, et de tous les progrès de la science qui peuvent assurer son bien être, elle lui rappelle qu'il est d'autres intérêts, des intérêts supérieurs, qui s'imposent en tout état