‹ Le catéchisme romainChapitre 195 sur 230 · INÉPUISABLE FÉCONDITÉ DE L'ÉGLISE · texte numérisé non relu

INÉPUISABLE FÉCONDITÉ DE L'ÉGLISE

de cause et qu'on ne saurait ni oublier ni méconnaître ; aux riches, elle commande la charité ; aux pauvres, la résignation ; aux détenteurs du pouvoir, l'exercice de l'autorité sans oppression tyrannique; aux sujets, la soumission sans tentative de révolte ; etc., etc.

3. Mais ce sont les âmes surtout qui attirent sa bienfaisante activité et provoquent son inépuisable fécondité. L'enseignement à tous les degrés, depuis les écoles presbytérales et les universités du moyen âge jusqu'aux écoles paroissiales et aux instituts catholiques de nos jours, c'était son lot à peu près exclusif jadis, c'est le lot qu'elle dispute à des pouvoirs jaloux, comme faisant partie intégrante de sa mission, et qu'elle ne saurait abandonner en dépit de toutes les lois humaines qui songeraient à le lui ravir. L'apostolat à l'intérieur et à l'extérieur par ses ordres religieux et son armée de missionnaires et d'apôtres ; l'étude, les progrès scientifiques, l'avancement des sciences, une participation active et féconde au mouvement intellectuel, que sais-je encore? mais par-dessus tout la sanctification dans les cloîtres et hors des cloîtres, par la pratique des conseils évangéliques, est-ce assez, bien qu'à titre d'indications sommaires, pour légitimer cette « inépuisable fécondité, » dont parle le concile du Vatican et dans laquelle il déclare voir, en l'honneur de l'Eglise, « un grand et perpétuel motif de crédibilité en même temps qu'un témoignage irréfragable de sa mission divine? »

4. Il paraît que non, si l'on prête l'oreille aux ennemis. Ceux-ci ont l'excuse de la haine, et ils estiment que l'Eglise a été plutôt une source inépuisable de maux pour le monde. A l'époque dçs origines chrétiennes, on reprochait à l'Eglise le dédain des choses présentes et le mépris des joi^s

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du siècle, la poursuite futile d'un bonheur d'outre tombe et l'abandon des charges publiques. Les apologistes d'alors n'eurent pas de peine à répondre. Aujourd'hui, on rajeunit ces vieilles accusations, et l'on déclare que l'espérance chrétienne d'un au delà mystérieux affaiblit la conscience, énerve la volonté et empêche de remplir les devoirs de la vie présente. Aujourd'hui, on en invente de nouvelles : on trouve que l'Eglise méprise secrètement le travail qui enrichit, qu'elle désorganise les familles par l'ingérence indiscrète des confesseurs et des directeurs, qu'elle est l'ennemie du progrès. On fait appel à l'histoire, et aussitôt on lui jette à là face les horreurs de l'inquisition, les guerres de religion, les croisades. Les Homais contemporains ne sont jamais à court: il faut bien, une fois par jour, qu'ils disent son fait au « cléricalisme » et qu'ils tuent « l'obscurantisme ! »

5. Nos modernes apologistes, est-il besoin de le remarquer? répondent victorieusement à toutes ces accusations. Ce n'est pas ici le lieu de reproduire leurs arguments ; mais il est bon de signaler deux observations générales. D'abord, il faut distinguer l'influence de l'Eglise comme Eglise de tout ce que l'on met indûment sur son compte. A l'Eglise appartient réellement tout ce qui découle de son enseignement théorique et de ses prescriptions pratiques, et non point ce qui a pu être fait contrairement à ces prescriptions et à cet enseignement, soit par des catholiques, soit par des Etats chrétiens, soit même par des membres de la hiérarchie ecclésiastique. Ceux-ci, en effet, restent personnellement responsables des fautes qu'ils commettent ou tolèrent. En s'autorisant parfois de l'Eglise, ils n'en ont pas moins été en opposition complète avec les principes de sa croyance et de sa morale. Ensuite, s'il

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