Mallh.y ix, 6. — 2.I Petr
amour immense pour nous. Une telle réflexion ne peut que produire en nous d'excellents fruits. Car celui qui offense Dieu par quelque péché mortel, perd, tout ce qu'il avait acquis de mérites par la mort et la croix du Christ ; l'accès du ciel, fermé d'abord, mais ouvert ensuite à tous par la passion du Sauveur, lui est désormais interdit. Or, en appliquant son esprit à une telle vérité, comment se défendre d'une vive frayeur à la vue de l'humaine misère? Mais, en l'appliquant à cet admirable pouvoir que Dieu a confié à l'Eglise ; en croyant fermement, d'après cet article du symbole, qu'à chacun a été accordée la faculté de rentrer dans le premier état d'innocence, avec le secours de la grâce, comment ne pas être aussitôt remplis des sentiments de la joie la plus vive, et ne pas rendre à Dieu d'immortelles actions de grâces ? Et, certes, si rien n'est plus agréable, dans le cas d'une maladie grave, que les remèdes dûs à l'habileté et aux soins des médecins, à combien plus forte raison notre âme doit-elle se remplir de joie et de consolation, à la pensée des remèdes que la sagesse divine elle-même a préparés pour notre guérison spirituelle et pour nous rendre la vie delà grâce ! d'autant plus que l'effet en est certain et infaillible pour tous ceux qui désirent être guéris, tandis que les remèdes pour les maladies du corps ne donnent jamais qu'une espérance douteuse. »
2. Recourir à ce remède. — « Une fois instruits de l'excellence d'un pouvoir si grand et si remarquable, les fidèles n'ont plus qu'à être exhortés à y recourir avec le plus grand soin pour leur propre avantage. Car ne pas user d'une chose utile et nécessaire, c'est laisser croire qu'on la méprise ; surtout quand Dieu n'a donné à son Eglise le pouvoir de remettre les péchés que pour offrir à tous ce remède salutaire. Comme il est impossible de se purifier sans le baptême, de même quand, par le péché commis après le baptême, on a perdu la grâce, on doit nécessairement, pour la recouvrer, recourir au sacrement de pénitence, qui est un second moyen de purification. Mais il importe ici de bien prévenir les fidèles qu'une facilité de pardon aussi étendue et qui n'est limitée à
LA RÉSURRECTION DE LA CHAIR 6g3
aucun temps de la vie, ne doit pas les rendre ni plus libres pour pécher, ni plus lents pour se convertir. Car pécher sans se gêner, dans l'espoir du pardon, ce serait afficher un mépris injurieux et outrageant envers ce pouvoir, et se rendre indigne de la miséricorde divine ; et d'autre part s'en autoriser pour différer sa conversion, ce serait s'exposer à être supris par la mort et rendre inutile la foi à la rémission des péchés, dont on aurait mérite par là de perdre les avantages (i). »
IL Résurrection de la chair
1° Sa notion. — i. Importance de cet article. — « L'importance de cet article, pour consolider la vérité de notre foi, ressort surtout de ce que l'Ecriture ne se contente pas seulement de le proposer à la foi des fidèles, mais encore des raisons qu'elle en donne, chose qu'elle ne fait pas d'ordinaire pour les autres articles du symbole ; d'où l'on doit conclure que la résurrection delà chair est un des principaux appuis et le fondement le plus solide de l'espérance du salut. « S'il n'y a point de résurrection des morts, le Christ non plus n'est pas ressuscité. Et si le Christ n'est pas ressuscité, notre prédication est donc vaine, vaine aussi est votre foi (2). » Aux pasteurs donc de mettre autant de zèle à établir et à expliquer cette vérité qu'en ont mis les impies à la combattre ; car il ne peut en résulter pour les fidèles que de grands et d'excellents avantages, comme on le verra plus loin. »
2. Pourquoi la résurrection de la chair? — « Remarquons tout d'abord que la résurrection des morts est appelée ici résurrection de la chair ; évidemment, ce n'est pas sans raison. Les Apôtres ont voulu enseigner l'immortalité de l'âme, vérité absolument incontestable et clairement exprimée dans plusieurs passages de l'Ecriture. Mais, dans la crainte qu'on ne s'imaginât qu'elle périssait avec le corps, pour être ensuite rappelée à la vie avec lui,