‹ Le catéchisme romainChapitre 224 sur 230 · LA VIE ETERNELLE · texte numérisé non relu

LA VIE ETERNELLE

droit de dire: « Vos amis sont trop honorés Seigneur (i). »

« De plus Notre Seigneur Jésus-Christ les comblera d'éloges devant son Père céleste et ses anges.

« Enfin, si c'est sur la terre une chose naturelle à tous les hommes de désirer l'estime et le regret de ceux qui sont distingués par leur sagesse, persuadés qu'ils ne sauraient avoir des témoins plus capables d'apprécier leur mérite, quel surcroît de gloire pour les élus de ce qu'ils s'honoreront souverainement les uns les autres !

(( On n'en finirait pas d'énumérer ou d'imaginer toutes les jouissances dont sera comblée la gloire des saints. Les fidèles, en tout cas, doivent être bien persuadés que tous les genres de biens et de plaisirs qu'il soit possible de goûter et de désirer sur la terre, soit pour l'esprit, soit même pour le corps, ils les posséderont avec une pleine abondance, mais d'une manière si élevée et si incompréhensible que, suivant l'Apôtre, l'œil n'a rien vu, l'oreille n'a rien entendu, le cœur de l'homme n'a jamais rien conçu de semblable (2).

« Ainsi le corps, auparavant grossier et matériel, perdra sa mortalité dans le ciel et, devenu subtil et spirituel, n'aura plus besoin d'aliments ; l'âme, nourrie au festin éternel de la gloire, sera rassasiée des biens et des plaisirs que l'hôte de ce festin distribuera à tous. A quoi bon désirer alors les vêtements précieux ou les ornements royaux, puisque tout cela sera sans usage et que tous seront revêtus de l'immortalité, resplendissant de lumière et couronnés d'une gloire éternelle ? Sur la terre, posséder une maison vaste et magnifique est une joie ; or, que désirer de plus grand et de plus magnifique que le ciel, tout environné et pénétré de la majesté de Dieu? Aussi le prophète, en se représentant la beauté du séjour céleste et en s'abandonnant au désir de la posséder, s'écriait-il : « Que tes demeures sont aimables, Jéhovah Sabaoth ! Mon âme s'épuise en soupirant après les parvis de Jéhovah ; mon cœur et ma chair tressaillent vers le Dieu vivant (3). » Tels sont les sentiments, tel est le langage que les pasteurs

1. P$., cxxxvm, 17, d'après la Vulgate. — 2. I Cor., 11, 9. — 3» Pu., lxxxiu, x.

doivent désirer ardemment pour leurs fidèles et travaille! à leur inspirer ; car, dit Notre Seigneur, « il y a beaucoup de demeures dans la maison de mon Père (i), » et chacun y sera récompensé clans la mesure de ses mérites. « Celui qui sème peu, moissonnera peu, et celui qui sème abondamment, moissonnera abondamment (2). » Il ne suffira donc pas d'exhorter les fidèles à mériter ce bonheur ; il faudra encore leur apprendre que le moyen assuré de s'en rendre dignes, c'est de s'armer de la foi et de la charité, de persévérer dans la prière et la pratique des sacrements, et de remplir, envers le prochain, tous les devoirs de la charité. C'est par là qu'ils obtiendront de la miséricorde de Dieu, qui a préparé cette gloire bienheureuse à ceux qui l'aiment, l'accomplissement de cette prophétie : « Mon peu pie habitera dans un séjour de paix, dans des habitations sûres, dans des demeures tranquilles (3). »

i. Joan., xiv, a. — a* II Cor., ix, 6. — 3. Is., xxxn, 18.

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