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Fonction de l'âme

D'après le concile du Vatican, le corps et l'âme constituent par leur union la nature humaine : l'homme est formé de deux principes qui entrent dans la constitution de sa nature. L'âme a besoin du corps, le corps a besoin de l'âme: quelle est la nature de cette union ?

i° Unité de lame humaine. — Chaque homme a son âme, mais il en a qu'une, l'âme raisonnable : c'est une vérité de foi catholique, définie par le ive concile de Constantinople, 869, vin0 œcuménique (2), contre les Apollinaristes, qui distinguaient dans l'homme trois éléments: le corps, l'âme animale et l'âme raisonnable. C'est donc sous peine d'errer dans la foi qu'on doit reconnaître l'âme raisonnable comme le principe de la vie corporelle aussi bien que de la vie intellectuelle, et que c'est la seule âme que nous ayons.

Voici comment saint Thomas établit ce point. Il divise les puissances de l'âme en cinq classes : les puissances végétatives, sensitives, appétitives, motrices et intellectives. Ces puissances se partagent comme il suit en raison des fonctions qui se rap-

1. Denzinger, ibid., n. 621. Cf. article Ame, dans le Dictionnaire de la Bible. — a. Denzinger, Enchir., n. 274.

portent à la triple vie végétative, sensitive et intellectuelle.

Les fonctions delà vie végétative s'exercent vis-àvis du corps et se produisent par les propriétés des éléments physiques, qui constituent le corps vivant, ce sont : la nutrition, la croissance, la génération. Tel est l'objet des puissances végétatives.

Les fonctions de la vie sensitive s'accomplissent vis-à-vis des choses sensibles, qui sont en dehors du corps, et s'exercent pas des organes corporels. Ces fonctions consistent à connaître le monde extérieur par les cinq sens ; à grouper, à combiner, à apprécier et à conserver ces connaissances sensitives par le sens commun, l'imagination, l'estimative, qui, chez l'homme, devient la cogitative ou raison particulière, et la mémoire. Ces cinq sens extérieurs et ces quatre puissances intérieures sont des puissances sensitives qui nous donnent la connaissance concrète et particulière du monde sensible. Toute connaissance est accompagnée d'une appétition de l'objet connu, lorsqu'il paraît désirable. Dans l'ordre sensitif, cette tendance est le fait de l'appétit sensitif. Enfin nous nous mettons en mouvement pour nous rapprocher ou nous éloigner des corps extérieurs, et c'est le fait de la puissance motrice, qui est également d'ordre sensitif.

Les opérations de la vie intellectuelle s'exercent vis-à-vis du nécessaire et de l'universel : elles sont le fait de l'âme seule. Elles consistent à concevoir et à comprendre. Comme Fappétition suit la connaissance, elles consistent aussi à vouloir, car l'appétition, motivée par des raisons universelles ou nécessaires, n'est plus sensitive, elle est raisonnable, c'estlavolition.La connaissance intellectuelle est produite par l'entendement, et la volition par la volonté. L'entendement et la volonté sont donc les

l'ame est la forme du corps 129

facultés supérieures de l'homme, celles qui le distinguent des animaux. L'âme qui les possède est spirituelle et raisonnable ; mais cette âme possède, aussi les puissances inférieures que nous venons de nommer. Elle suffit donc à toute la vie corporelle et spirituelle de l'homme ; c'est pourquoi chacun n'a qu'une âme et cette âme est raisonnable (1).

La doctrine de l'Ange de l'école et celle du iv° concile de Constanlinople sur l'unité de l'âme humaine s'imposent. Pie IX, dans une lettre du 00 avril 1860 à l'évêque de Breslau, relative-ment aux erreurs du chanoine Baltzer, avait soin de rappeler que l'unité de l'âme ne peut être niée sans errer dans la foi: « Ce sentiment qui met. dans l'homme un seul principe vital, savoir l'âme raisonnable, de laquelle le corps reçoit à la fois et le mouvement et la vie tout entière et le sentiment, , est le plus commun dans l'Eglise de Dieu. Au jugement du plus grand nombre des docteurs, et. des plus autorisés, il est si étroitement uni au dogme de l'Eglise qu'il en est la légitime et seule véritable interprétation, et que par conséquent il ne saurait pas être nié sans erreur dans la foi. »

20 L'âme est la forme chi corps. — C'est latine formule scolastique, dont la signification doit être connue pour bien saisir toute la portée du décret du concile de Vienne sur Mme forme du corps.

Les scolastiques regardent la matière comme un principe indéterminé, capable de devenir toute espèce de corps, et qui ne devient tel ou tel corps que par l'adjonction de ce qu'ils appellent la forme. La forme est le principe qui détermine et constitue tel corps, qui fait qu'il est telle substance, qu'il est

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