Swn. theol, I, Q. lxxviii
l3o LE CATÉCHISME ROMAIN
de telle espèce. Par suite la forme des corps vivants est le principe qui les fait vivre, chacun suivant son espèce. Or, la forme qui donne la vie à la matière s'appelle âme, parce qu'elle anime la matière et la distingue de la matière inorganique. Comme il y a trois sortes de vie, la vie végétative commune à tous les êtres vivants, mais spéciale aux plantes, la vie sensitive commune aux animaux et aux hommes, mais spéciale aux animaux, et la vie intellectuelle ou de la raison, qui est le propre de l'homme, il y a trois sortes d'âmes : lame, végétative, qui informe les plantes ; Vâme sensitive, qui informe les animaux ; et Vâme raisonnable , qui informe l'homme et qui, dans l'homme, est tout à la fois le principe de sa vie végétative, sensitive et raisonnable. L'âme végétative et sensitive ne peut agir qu'en union avec la matière et par des organes matériels ; l'âme raisonnable, bien qu'elle se serve des données sensibles, agit pourtant d'une manière indépendante, sans organe corporel, et dans l'âme seule, ce qui fait qu'elle peut continuer à vivre en dehors de la matière et par delà la dissolution du corps. C'est pour cela que les scolastiques appellent l'âme humaine une forme subsistante, pour la distinguer de la forme végétative et de la forme sensitive, qui ne sont pas subsistantes.
C'est, en empruntant cette terminologie scolastique, que l'Eglise enseigne que l'âme est la forme du corps. Au concile de Vienne, i3n-i3i2, xve œcuménique, on a défini que l'âme raisonnable est par elle-même et par son essence la forme du corps (i). Et c'est cette définition qui a été répétée parle ve concile de Latran, i5i2-i5i7, xviii0 œcuménique (2) et rappelée par Pie IX, dans son Bref à
i.Danzinger, Enchir., n. 409. — a.Denzinger, Enchir., n.621^