‹ Le catéchisme romainChapitre 52 sur 230 · III. La Bible et les découvertes scientifiques · texte numérisé non relu

III. La Bible et les découvertes scientifiques

Nous venons de parler de l'origine et de la nature de l'homme ; entre les données de la Bible et les découvertes scientifiques y aurait-il désaccord?

1. Adam et Eve, d'après la Bible et l'enseignement catholique, créés par Dieu, ont formé le premier couple humain et ont été la source unique du genre humain. La science a-t-elle prouvé avec certitude Fexistence de plusieurs couples à l'origine? Non, certes. « Toutes les observations scientifiques, écrivait Mgr Duilhé, démontrent que tous les hommes sont morphologiquement et physiologiquement semblables ; que, par conséquent, ils peuvent descendre tous d'une paire unique. Et maintenant, ajoute M. de Quatrefages : « En a-t-il été réellement ainsi ? N'y a-t-il eu, en effet, au

1. Cf. Tongiorgi, InsL philos., t. 111 ; Palmieri, De De* créante et élevante, 1. 11; Zigliara, De mente concilii Viennensis ; Vacant, De constit. Dei Filius, 1. 1, p. a55-a6a.

cfébut, pour chaque espèce animale qu'une seule et unique paire? Ou bien plusieurs paires, entièrement semblables morphologiquement et physiologiquement, ont-elles apparu simultanément et successivement ? Ce sont là des questions de fait que la science ne peut ni ne doit aborder, car ni l'expérience ni l'observation ne lui apportent la moindre donnée pour les résoudre. Mais ce que la science peut affirmer, c'est que les choses sont comme si chaque espèce (et par conséquent l'espèce humaine) avait eu pour point de départ une paire primitive unique. » Donc, lorsque la Bible enseigne que tous les hommes descendent d'un seul couple, ce n'est pas la science qui viendra la contredire (i). » 2. Adam et Eve, outre la nature humaine, ont reçu de Dieu des dons prétcrnaturels, et ont été élevés à l'ordre surnaturel, comme nous le verrons dans la leçon suivante. La science n'en peut absolument rien savoir : géologie et paléontologie sont impuissantes à découvrir l'état du premier homme, tel qu'il était au paradis terrestre, au sortir des mains de Dieu. Ce que ces sciences nous montrent, et le tableau qu'elles en dressent est quelque peu lugubre, c'est l'état des premiers hommes dispersés sur la surface du globe. « Y a-t-il donc contradiction, demande le P. Souben, entre les données de la Révélation et les découvertes de la science ? Devons-nous rejeter comme une fantaisie de l'imagination sémitique le récit que la Genèse nous fait des origines de l'humanité, accepter comme établi sur des bases positives, sur des faits contre lesquels rien ne peut prévaloir, l'essai sur les mœurs des hommes tertiaires ou quaternaires» que l'on voudrait mettre à la place? En réalité*

i. Duilhé, L'apologie scientifique, p. 358,

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rien n'oblige à regarder le second chapitre de la Genèse comme une légende sans valeur. D'un autre côté, l'archéologie préhistorique fournit des preuves péremptoires à l'appui de quelques-unes de ses assertions ; elle démontre que l'homme fossile, des Tâge de la pierre éclatée, a vécu dans nos pays, à une époque reculée, en demi-sauvage, chasseur et pêcheur, ne connaissant ni l'agriculture, ni les animaux domestiques, ni l'usage des métaux. Quant à l'anthropopithèque, à l'homme velu et muet de certains préhistoriens, c'est un mythe, et pour y croire nous attendrons qu'on nous le montre ; jamais, jusqu'à présent, un seul de ses ossements n'a été exhumé. Le récit de la Genèse nous présente l'homme tel que Dieu l'avait fait ; les découvertes préhistoriques nous le présentent tel qu'il s'est fait lui-même par le péché. La Genèse nous raconte les origines de l'humanité ; la préhistoire nous retrace les mœurs et les coutumes des descendants de l'homme déchu. Il ne peut pas y avoir contradiction entre ces deux tableaux, parce qu'ils ne représentent pas les mêmes individus. Entre le récit biblique et les hommes quaternaires un fait capital est intervenu qui a bouleversé le plan divin : le péché originel (i). »

1. L'harmonie du inonde. — « Substances, formes, mouvements, relations, tout est compté et arrangé avec un art infini qui fait l'étonnement des savants, lors même qu'ils ne songent pas à s'élever au-dessus d'une vulgaire expérience. Un corps brut par ses merveilleuses combinaisons, un brin d'herbe, une mousse, un insecte microscopique par les prodiges de leur naissance, de leur développement, de leur fécondité, de la composition et de l'adaptation de leurs organes; que dis-je? une

i. J. Souben, La création, a° édit., Paris, 1903, p. i38.

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ruche d'abeilles, un nid d'oiseau, une toile d'araignée se révèlent à nous comme autant d'harmonies; combien plus les esprits avec leurs si pures et si admirables opérations!..,. Nous voyons les êtres se poursuivre sans jamais se confondre, et monter vers l'infini sur des lignes progressives où se fait entendre à chaque pas le crescendo de la perfection. L'idée divine s'accuse tellement dans la disposition méthodique de toutes les existences réunies, qu'il faut avoir pris son parti de ne rien voir pour n'y pas reconnaître le plan d'une sublime sagesse. Les anciens se plaisaient à gravir l'échelle mystérieuse qui, de l'être à la vie, de la vie à la sensation, de la sensation à l'intelligence, les conduisait jusqu'aux saints parvis du ciel... Il est facile de suivre la marche ascendante de la perfection dans les êtres : perfection de la composition élémentaire et des formes géométriques dans les corps inorganiques, depuis les corps purement amorphes jusqu'au plus fin, au plus élégant, au plus brillant, au plus précieux des cristaux ; perfection des tissus et des produits dans les végétaux, depuis les plus informes lichens jusqu'au cèdre des montagnes, au chêne des forêts, à l'arbre fertile des vergers ; perfection de l'architecture, de l'organisme et des fonctions dans les animaux, depuis le plus obscur des vibrions jusqu'au plus noble des vertébrés. Tout croît, s'épanouit, monte, arrive par une progression ininterrompue, au terme où la matière doit être unie à l'intelligence. » Monsabré, Conjérences de Notre-Dame, conf. xiv\

2. L'homme centre du monde créé. — « L'homme, l'humanité, espèce, genre, famille, règne unique où se résument toutes les perfections du monde inférieur et où commence la perfection du monde supérieur, le monde des substances spirituelles, plus riche en nombre que le monde des substances matérielles. Là, chaque être diffère d'un autre être comme une espèce diffère d'une autre espèce ; là, les espèces se groupent en neuf chœurs ; là, les chœurs s'unissent en trois hiérarchies ; là, progressent, en se rapprochant sans cesse de la peraction infinie, l'intelligence et l'amour ; là, se continue

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€t s'achève, par une explosion suprême, le rythme commencé aux plus bas confins de la création. Admirez Fœuvre de la création : en bas, trois règnes ascendants ; en haut, trois hiérarchies ascendantes ; au milieu, un règne mixte comblant l'abîme qui sépare la matière de l'esprit. Descendez, remontez cette échelle sacrée; écoutez chaque note, chaque phrase de l'hymne mondial, partout vous entendez, plus faible si vous êtes en bas, plus fort si vous êtes en haut, ce cri des créatures : Je monte vers mon Père... L'homme est la note d'appel, le centre harmonique des nombres de la terre. Il attire à lui les règnes inférieurs, il en est pénétré. Toutefois ne croyez pas qu'il se fasse en lui une concentration égoïste, il rend à la matière plus que la matière ne lui donne. Il pénètre à son tour. C'est parla matière qu'il y gravite, qu'il végète et qu'il sent ; mais c'est par lui que la matière s'élève au sublime honneur de la pensée, de la liberté, de la vie religieuse et de la vie divine. Le poids du monde l'entraîne vers l'homme, le poids de l'homme l'entraîne vers Dieu. Voyez-vous, penchées vers le pontife-roi des créatures, les légions du monde angélique ? Elles apportent les inspirations, les conseils, les secours de la sagesse et de la force divines ; elle emportent à travers leurs chœurs infinis les prières et les actions de grâces de la nature, tombées du cœur et des lèvres sacrées de l'humanité. La pénétration des êtres commencée par l'amour, conduite par l'amour, se consomme dans le suprême amour. » Monsabré, conf. xiv\

3. Les singularités de la création de l'homme. — « Homme animal, qui te ravilis jusqu'à te rendre semblable aux bêtes, et souvent te mettre au-dessous et envier leur état, il faut aujourd'hui que tu comprennes ta dignité par les singularités admirables de ta création. La première est d'avoir été fait, non point comme le reste des créatures par une parole de commandement : Fiai! que cela soit ? mais par une parole de conseil : Faciamus ! faisons ! Dieu prend conseil en lui-même comme allant faire un ouvrage d'une plus haute perfection, et povir ainsi dire d'une industrie particulière, où reluisît plus

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excellemment la sagesse de son auteur... Faisons l'homme à notre image et ressemblance. A ces admirables paroles, élève-toi au-dessus des cieux, et des cieux des cieux, et de tous les esprits célestes, âme raisonnable, puisque Dieu t'apprend que, pour te former, il ne s'est pas proposé un autre modèle que lui-même. Ce n'est pas aux cieux, ni aux astres, ni au soleil, ni aux anges mêmes, ni aux archanges, ni aux séraphins, qu'il veut te rendre semblable. Faisons, dit-il, à notre image ; et pour inculquer davantage : Faisons à notre ressemblance ; qu'on voie tous nos traits dans cette belle créature, autant que la condition de la créature le pourra permettre... Dieu, après avoir pris dans ses mains toute-puissantes la boue dont le corps humain avait été formé, il n'est pas dit qu'il en ait tiré son âme ; mais il est dit qu'il inspire sur sa face un souffle de vie, et que c'est ainsi qu'il en a été fait une âme vivante. » — La création du second sexe. u Peut-être Dieu va-t-il former le second sexe comme il avait formé le premier ; non : il veut donner au monde dans les deux sexes l'image de l'unité la plus parfaite et le symbole futur du grand mystère de Jésus-Christ. C'est pourquoi il tire la femme de l'homme même, et la forme d'une côte superflue qu'il lui avait mise exprès dans le côté... Il bâtit en femme la côte d'Adam ! grave expression de l'Ecriture pour nous faire voir dans la femme quelque chose de grand et de magnifique, et comme un admirable édifice où il y avait de la grâce, de la majesté, des proportions admirables, et autant d'utilité que d'ornement. » Bossuet, Elévations sur les mystères, iV sem., élév. v, vi, xi ; ve sem., élév. n\

Leçon XXIIIe De l'Homme

I. Les dons prêternaturels et surnaturels. — IL La chute. — III. Le pêche originel.

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