BEAUTÉ ET GRANDEUR DE LA CREATION
monde. A chaque mot qu'il prononce les êtres se succèdent, comme des flots harmonieux dont le mouvement, la vie, la beauté, la gloire grandissent pour rejoindre les rivages du monde angélique... Les substances incorporelles dont Dieu a environné son trône, toutes supérieures au monde visible par la perfection de leur nature et de leurs opérations, décroissent et descendent, à partir du plus amoureux des séraphins jusqu'au plus petit des anges, vers les créatures sur lesquelles doit s'exercer leur haute et salutaire influence. D'un autre côté, l'atome, parti des extrêmes limites du néant, monte sans cesse, tour à tour transformé par le mouvement et la vie, jusqu'à ce qu'il soit saisi immédiatement par l'esprit et que dans un seul être la perfection du fini se joue et s'achève. Cet être, après l'apparition duquel Dieu s'écrie : Tout est bien, parfaitement bien, c'est l'homme, embrassement merveilleux, rendez-vous sublime de toutes les vies. Ses pieds sont fixés à la terre, mais son front sublime regarde les cieux. Il est matière comme le monde au sein duquel il est plongé ; mais il est esprit comme les anges qui s'abaissent vers lui. Il gravite, il végète, il sent ; mais il pense, il veut, il est libre, il voit le vrai, il aime le bien. Il est mesuré par le temps et par l'espace ; mais il s'empare de l'éternel, du nécessaire, de l'universel, de l'intelligible. Il reçoit les impressions du monde inférieur ; mais il les transforme, il fait penser et prier en lui tous les êtres dont il est le roi et le pontife. Il contemple les choses qui passent et se sent emporté dans leur courant ; mais il nourrit dans son cœur le désir et l'espérance certaine de l'immortalité. » Monsabré, Conférences de Notre-Dame, Conf. r\