‹ Le catéchisme romainChapitre 7 sur 230 · DIEU, AUTEUR DU MONDE · texte numérisé non relu

DIEU, AUTEUR DU MONDE

cet univers que vous avez fait n'est qu'une petite partie de ce que vous pouviez faire, et après tout n'est rien devant vous. Si vous n'aviez rien fait, l'être manquerait aux choses que vous n'auriez pas voulu faire ; mais rien ne vous manquerait, parce que, indépendamment de toutes choses, vous êtes Celui qui est, et qui est tout ce qu'il faut être pour être heureux et parfait. » — Avant la création, rien n était que Dieu . « J'ouvre votre Ecriture, et j'y trouve d'abord ces paroles : « Au commencement Dieu a créé le ciel et la terre. » Je ne trouve point que Dieu, qui a créé toutes choses, ait eu besoin, comme un ouvrier vulgaire, de trouver une matière préparée sur laquelle il travaillât, et de laquelle il Fit son ouvrage. Mais n'ayant besoin pour agir que de lui-même et de sa propre puissance, il a fait tout son ouvrage. Il n'est point un simple faiseur de formes et de figures dans une matière préexistante ; il a fait et la matière et la forme, c'est-àdire son ouvrage dans son tout... Voilà cette matière confuse, sans ordre, sans arrangement, sans forme distincte. Voilà ce chaos, cette confusion. Car c'est ce que veulent dire ces ténèbres, cet abîme immense dont la terre était couverte, cette informité, si l'on peut parler de cette sorte, de la terre vide et stérile. Mais en même temps tout cela n'est pas sans commencement, tout cela est créé de Dieu... 0 Dieu, quelle a été l'ignorance des sages du monde, qu'on a appelés philosophes, d'avoir cru que vous, parfait architecte et absolu formateur de tout ce qui est, vous aviez trouvé sous vos mains une matière qui vous était coéternelle, informe néanmoins et qui attendait de vous sa perfection ! » — Liberté du commandement divin. « Tout est également rien devant vos yeux ; vous ne devez rien à personne ; vous n'avez besoin de personne ; vous ne produisez nécessairement que ce qui vous est égal ; vous produisez tout le reste par pure bonté, par un commandement libre ; non de cette liberté changeante et irrésolue qui est le partage de vos créatures, mais par une éternelle supériorité que vous exercez sur les ouvrages, qui ne vous font ni plus grand ni plus heureux, et dont aucun, ni tous ensemble, n'ont droit à

l'être que vous leur donnez. » Bossuet, Elévations sur les mystères, me semaine, élév. i, n, îv.

2. Les six jours. — « Dieu a fait la lumière avant que de faire les grands luminaires où il a voulu la ramasser ; et il a fait la distinction des jours avant que d'avoir créé les astres, dont il s'est servi pour les régler parfaitement ; et le soir et le matin ont été distingués avant que leur distinction et la division parfaite du jour et de la nuit fût bien marquée ; et les arbres, et les arbustes, et les herbes ont germé sur la terre par ordre de Dieu, avant qu'il eût fait le soleil, qui devait être le père de foutes les plantes ; et il a détaché exprès les effets d'avec leurs causes naturelles, pour montrer que naturellement tout ne tient qu'à lui seul et ne dépend que de sa seule volonté. Et il ne se contente pas d'approuver tout son ouvrage, après l'avoir achevé, en disant qu'il était très Jbeau et très bon ; mais il distingue chaque ouvrage en particulier, en remarquant que chacun est beau et bon en soi-même ; il nous montre donc que chaque chose est bonne en particulier ; et que l'assemblage en est très bon. Car c'est ainsi qu'il distingue la beauté du tout d'avec celle des êtres particuliers ; pour nous faire entendre que si toutes choses sont bonnes en elles-mêmes, elles reçoivent une beauté et bonté nouvelle, par leur ordre, par leur assemblage, par leur parfait assortiment et ajustement les unes avec les autres, et par le secours admirable ^qu'elles s'entre-donnent. » Bossuet, ibid., élév. v\

3. Beauté de la création. — « Dieu va créer! Mais ^cn donnant à d'autres l'existence, il ne perdra rien de la «ienne propre. Il va créer ; mais en faisant participer à son être et à sa perfection, il ne diminuera ni son être, ni sa perfection. Il va créer ; mais si prodigue qu'il soit des fruits de sa bonté et de sa toute-puissance, il ne se mêlera pas avec eux, il n'acquerra rien d'eux, il sera toujours tout sans eux, et eux ne seront rien sans lui. Il crée ; le ciel se peuple, l'espace immense ouvre son sein, le temps commence. Le Verbe, Parole de Dieu, parie le

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