‹ Le catéchisme romainChapitre 83 sur 230 · ERREURS SUR LA DIVINITE DE JESUS-CHRIST 2/J · texte numérisé non relu

ERREURS SUR LA DIVINITE DE JESUS-CHRIST 2/J

drin ; il confesse qu'il est le Christ ; il confesse aussi qu'il est le Fils de Dieu.

i° Jésus-Christ, Fils de Dieu. — Jésus-Christ, Fils de Dieu I Telle est la vérité qui ressort des Synoptiques. Elle s'affirme expressément dans les Actes et les grandes Epîtres de saint Paul ; elle est la foi manifeste de l'Eglise apostolique qui a précédé la rédaction des livres du Nouveau Testament ; les apôtres meurent pour elle. « Où a-t-on vu, demande M. Harnack, que des disciples, après avoir mangé et bu avec leur maître, après Favoir connu sous la forme humaine, l'aient proclamé non seulement comme le grand Prophète, le Révélateur de Dieu, mais encore comme le Guide divin de l'histoire*, comme « le Premier-né de la création de Dieu » et comme la force intérieure d'une vie nouvelle ? Qu'en dépit des souffrances et de la mort de Jésus, on ait vu en lui le Messie attendu, qu'à côté de la vulgaire idée messianique on l'ait regardé comme le Seigneur présent et le Sauveur, voilà qui est étonnant (i) I »

Ce qui est plus étonnant, c'est qu'on l'ait adoré comme Dieu. C'est là pourtant un fait d'histoire, qui appartient aux origines mêmes du christianisme ; personne, du reste, ne songe guère plus à le contester aujourd'hui ; on se contente de l'interpréter ; on lui cherche des explications dans le but de faire croire qu'un tel fait ne répond à aucune réalité de l'ordre surnaturel.

Cet effort du rationalisme ne date pas d'aujourd'hui. Déjà, du temps même des apôtres, les ébionites et les docètes, entre autres Gérinthe, nièrent la divinité de Jésus. Au ive siècle, ce futArius qui*

i. L'essence, p. i64-i65.

rangeant Notre Seigneur parmi les créatures, en fit un Démiurge. Beaucoup plus tard, au xvie siècle, Socin (f i6o4) renouvela Terreur de l'hérésiarque d'Alexandrie. Et, depuis trois cents ans, le protestantisme se partage en deux grandes fractions sur la question de savoir si Jésus-Christ est Dieu. Aujourd'hui, en Allemagne, en Angleterre et en France, la plupart des protestants libéraux sont sociniens. Ils repoussent la divinité de Jésus et ne considèrent guère en lui que le moraliste, celui qui a formulé la religion au gré de leur théorie individualiste et subjectiviste. Le protestantisme orthodoxe a beau faire effort pour sauvegarder ce dogme capital, il est impuissant à refouler l'envahissement de la critique et du rationalisme. Le malheur est que les idées d'outre-Rhin et d'outre-Manche ont envahi notre pays et n'ont pas été sans laisser maintes traces dans des ouvrages d'écrivains catholiques. La critique rationaliste contemporaine cherche à éluder ou à infirmer le témoignage des Evangiles.

20 La théorie de Renan. — i. Rappelons, pour mémoire, l'essai de Renan dans sa Vie de JésuSi C'est au nom de la psychologie que Renan a dénié à Jésus sa qualité de Fils de Dieu. L'erreur de Jésus, nous dit-il, a pour point de départ la conviction profonde qu'il a d'être en rapport étroit et en union intime avec Dieu, comme un fils avec son père ; cette conviction constitue sa grande originalité, mais fait que Jésus n'est point de sa race. Jésus se donne la mission de faire participer tous les hommes à sa filiation divine, en leur enseignant à connaître Dieu comme leur Père, à le traiter et à s'adresser à lui comme des fils. Et, dans ce but, il se sent de force à tout révolutionner, même la nature. Il doit être, il se croit être le Messie promis.

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