‹ Le Catéchisme romain, ou, L'Enseignement de la doctrine chrétienneChapitre 126 sur 312 · L^IDOLATRIE · texte numérisé non relu

L^IDOLATRIE

divise en idolâtrie, divination et vaines observances. — L'irréligion pèche par défaut, soit par irrévérence envers Dieu, comme dans la tentation et le parjure, soit par irrévérence à l'égard de ce qui est consacré à Dieu, comme dans le sacrilège et la simonie. Tels sont, d'après saint Thomas (i), les vices opposés à la vertu de religion.

A. — Péchés contre la religion par excès. — Signalons seulement ce que le Docteur angélique appelle un culte indu ou illégitime, c'est-à-dire l'erreur qui consisterait soit à vouloir observer encore les anciennes cérémonies légales, soit à altérer dans le culte public les rites officiellement sanctionnés par l'Eglise. Les cérémonies légales ne sont plus de mise, parce qu'elles annonçaient des mystères, qui maintenant sont un fait accompli. Quant au ministre actuel, il n'est que le mandataire de toute l'Eglise et ne peut, dans l'exercice du culte public, que s'en tenir, sans y rien changer, aux rites prescrits par l'autorité compétente (2). D'autre part, quand l'homme rend hommage à Dieu, en lui soumettant son âme et son corps par la répression modérée de la concupiscence, suivant en cela les prescriptions de Dieu et de l'Eglise ou la coutume, il est dans l'ordre ; mais s'il y a dans son culte des choses qui n'honorent pas Dieu, qui n'élèvent pas l'esprit vers le ciel ou qui ne réfrènent pas la concupiscence, ou qui sont contraires à l'institution divine et ecclésiastique ou à la coutume, il pèche alors par superstition, en pratiquant un culte indu (3).

L Idolâtrie. — i. Sa nature. — Au sens étymo-

I. Sam. theoL, 11^ Il^^e, Q. xcii-c. Il sera question du par- Jare dans l'explication du second commandement. — 2.Sum, ' theol, IP Ipe, Q. xciii, a. i. — 3. Ibid., a, 2.

logique du mot, idolâtrie signifie le culte de latrie rendu à des idoles, à des images ou représentations; par extension, il désigne le culte de latrie rendu aux créatures elles-mêmes, quelles qu'elles soient, ce qui est un grave péché (i); car c'est méconnaître la nature de Dieu, ses droits imprescriptibles, en transportant à des êtres créés et finis l'hommage latreutique qui n'est dû qu'à Dieu. Substituer ainsi le fini à l'Infini, la créature au Créateur, ou les confondre, est une aberration des plus coupables ; et les hommes n'y sont que trop portés. De là, en tête du Décalogue, l'interdiction formelle de Fidolâtrie sous toutes ses formes.

Les peuples les plus dégradés pratiquent cette religion à rebours par un fétichisme grossier, qui honore comme des divinités toute espèce d'objets sans vie et sans valeur. D'autres sont polythéistes, comme le furent les Grecs et les Romains avec leur Olympe ou leur Panthéon. D'autres encore sont panthéistes, faisant un seul Dieu de tout ce qui existe et adorant ce tout comme Dieu. D'autres enfin divinisent le principe du mal et l'adorent comme l'égal du principe du bien, par un dualisme absolument injustifiable même aux yeux de la simple raison.

2. Ses causes. Les positivistes partent d'une hypothèse dont ils font une loi, à savoir que l'humanité comme l'individu passe par trois états : d'abord par l'état théologique, puis par l'état métaphysique, et qu'elle est en train de se fixer dans l'état scientifique. A la période primitive ou théologique, c'est l'imagination qui aurait dominé et fait voir partout à l'homme, sous l'inspiration de la crainte et de

I. Le livre de la Sagesse, ch. xm et xiv, signale Torigine de l'idolâtrie, le culte de la nature, le culte des images et des hommes déifiés, et en montre les funestes conséquences morales.

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