LE QUATRIEME COMMANDEMENT
lorsqu'un jeune homme voulut inhumer son père d'abord, et suivre Jésus-Christ après. Vérité plus claire encore dans cette explication : u Celui qui aime son père oa sa mère plus que moi, n est pas digne de moi (i). »
« Nul doute que nous ne devions beaucoup aimer et honorer nos parents ; mais la piété exige avant tout que nos premiers hommages et notre culte principal soient réservés pour Dieu, principe et créateur de toutes choses, et que nous aimions nos parents mortels de manièj^e que toute la force de notre amour se rapporte à notre Père céleste et éternel. »
3. Rappoj'ts da quatrième avec le premier. — Ainsi nos devoirs envers le prochain supposent nos devoirs envers Dieu, s'appuient sur eux et doivent se rapporter à eux. Or, de tous ces devoirs, ceux qui viennent en première ligne sont nos devoirs envers nos parents ; car nos parents sont notre prochain le plus immédiat. De là, dans la seconde table, la première place accordée à ce commandement : « Honore ton père et ta mère, afin que tes Jours soient longs dans le pays que Jéhovah, ton Dieu, te donne (2). )) L'observer fidèlement, c'est montrer que le commandement placé en tête du Décalogue a été compris et est pratiqué ; car le quatrième précepte « est comme le signe auquel se reconnaissent notre soumission et notre attachement au premier. Il a été dit, en effet : « Comment celui qui n'aime pas son frère qu'il voit, peut-il aimer Dieu qu'il ne voit pas (3) ? » Et l'on peut dire de même : Si nous ne vénérons pas et n'honorons pas nos parents, que nous devons aimer selon Dieu, eux qui sont presque toujours en notre présence, quel honneur et quel culte rendrons-nous à Dieu, ce père souverain et excellent, qui ne tombe jamais sous nos regards (4) ? »
I. Matth.y X, 37. — 2. Ex., XX, 12. — 3. I Joan., iv, 20. — 4. Cat. Rom., loc. cil,, n. a.
4. Extension du quatrième. — « Ce quatrième commandement est d'une application très étendue. Car, outre ceux qui nous ont donné la vie, il est un grand nombre de personnes que nous devons honorer comme des parents à cause de leur autorité, de leur dignité, de leur utilité ou de l'éminence de leurs charges et de leurs fonctions. Il allège la responsabilité des parents et de tous les supérieurs. Chargés spécialement d'amener leurs inférieurs à vivre d'une vie sainte et uniforme à la loi divine, ils ont une charge facile si chacun comprend que Dieu même nous avertit et nous ordonne de rendre un grand honneur à nos parents (i). »
« En disant père, la loi entend parler surtout de ceux qui nous ont communiqué la vie ; mais ce terme s'applique encore à d'autres, comme il est facile de s'en convaincre par plusieurs passages de la sainte Ecriture. En effet, en dehors de ceux qui nous ont donné le jour, les saintes Lettres nous reconnaissent d'autres sortes de pères auxquels nous devons aussi un honneur spécial : tels sont les chefs de l'Eglise, les pasteurs et les prêtres, comme l'atteste ce passage : « Ce n'est pas pour vous faire honte que f écris ces choses ; mais je vous avertis comme mes enfants bien aimés. Car, eussiez-vous dix mille maîtres dans le Christ, vous navez pas cependant plusieurs pères, puisque c'est moi qui vous ai engendrés en Jésus-Christ par VEvangile (2). » De même dans cet autre passage : « Faisons réloge des hommes illustres et des hommes de notre race (3). » Ceux qui exercent un commandement, une magistrature, une autorité, ceux qui gouvernent la chose publique, reçoivent aussi le nom de pères. Ainsi Naaman était appelé père par ses serviteurs (4). Ceux à la garde, à la fidélité, à la probité, à la sagesse desquels d'autres sont confiés, les tuteurs, les curateurs, les précepteurs et les maîtres portent également ce titre. C'est pour cela que les enfants des prophètes appelaient Elie et Elisée leurs pères. On donne enfin ce nom aux personnes âgées et aux vieillards, que nous devons aussi respecter (5). »
I. Cat. Rom.. loc.cit,,n. 3-4. — 2. I Cor., iv, i4-i5. — 3. Eccli., XLIY, I, — 4.IV/?egf.,v, 3. — 5. Cat, Rom»f loc, cit., n. 10,