I. Encycl. Jmmortale Dei
4 go LE CATÉCHISME ROMAIN
7. Toutes ces doctrines ont déjà été condamnées par Grégoire XYI dans son Encyclique Mirari vos, du i5 août 1882, et par Pie IX dans son Encyclique Quanta Cura et dans le Syllabus. « De ces décisions, dit à son tour Léon XIII, il faut absolument admettre que l'origine de la puissance publique doit s'attribuer à Dieu, et non à la multitude ; que le droit à l'émeute répugne à la raison ; que ne tenir aucun compte des devoirs de la religion, ou traiter de la même manière les différentes religions, n'est permis ni aux individus, ni aux sociétés ; que la liberté illimitée de penser et d'émettre en public ses pensées ne doit nullement être rangée parmi les droits des citoyens, ni parmi les choses dignes de faveur et de protection. — De même, il faut admettre que l'Eglise, non moins que l'Etat, de sa nature et de plein droit, est une société parfaite ; que les dépositaires du pouvoir ne doivent pas prétendre asservir et subjuguer l'Eglise, ni diminuer sa liberté d'action dans sa sphère, ni lui enlever n'importe lequel des droits qui lui ont été conférés par Jésus-Christ. — Dans les questions de droit mixte, il est pleinement conforme à la nature ainsi qu'aux desseins de Dieu, non de séparer une puissance de l'autre, moins encore de les mettre en lutte, mais bien d'établir entre elles cette concorde qui est en harmonie avec les attributs spéciaux que chaque société tient de sa nature (i). »
Ces conclusions de renseignement pontifical sur la, constitution et le gouvernement des Etats sont parfaitement légitimes et s'imposent à la raison ; d'autant plus, comme tient à le faire remarquer le même Léon XIII, qu'elles ne réprouvent en soi aucune forme de pouvoir, ni même une sage participation du peuple au gouvernement. Impossible d'accuser l'Eglise d'être l'ennemie, soit d'une juste tolérance, soit d'une saine et légitime liberté. « En effet, si l'Eglise juge qu'il n'est pas permis de mettre les divers cultes sur le même pied légal que la vraie reli-
I, Encycl. Immortale Del.