‹ Le Catéchisme romain, ou, L'Enseignement de la doctrine chrétienneChapitre 237 sur 312 · I. Revue de Met. çt de Morale, loc. cit., p · texte numérisé non relu

I. Revue de Met. çt de Morale, loc. cit., p

mépriser les jugements trompeurs du vulgaire. Maisc'es une crainte juste et sainte qui détourne l'homme di meurtre inique, lui donne le souci de sa propre vie et d( celle de ses frères. En outre, celui qui dédaigne les vaines opinions de la foule, qui aime mieux subir la flagellatior des outrages que d'être infidèle jamais à son devoir celui-là paraît être d'une âme plus grande et plus élevée que l'autre, qui court aux armes, aiguillonné par l'injure Bien plus, à juger sainement, il est le seul chez qui brilli le courage solide, ce courage qui s'appelle vraiment h vertu et qu'accompagne une gloire ni trompeuse nimen songère. La vertu, en effet, consiste dans le bien er accord avec la raison, et toute gloire, si elle ne se fond( pas sur l'approbation de Dieu, est une gloire stupide.

« Enfin, la honte du duel est si évidente que les légis lateurs mêmes de notre époque, malgré l'avis et le patro nage du grand nombre, se sont crus obligés de l'empêcher par les pouvoirs publics et en édictant des peines Mais il est singulier et très fâcheux que les lois écrite! soient presque éludées en fait, et cela assez souvent au si et avec le silence de ceux qui sont chargés de punir le! coupables et de faire respecter les lois. Ainsi arrive-t-i que le duel, commis au mépris des lois, reste générale ment impuni.

« C'est aussi une opinion sotte et indigne d'un homme sensé, celle qui prétend qu'il faut strictement interdire ce genre de combat aux civils, mais le permettre au: soldats, parce qu'un tel exercice aiguise, disent-ils, 1( courage militaire. D'abord, le bon et le mauvais diffèren de leur nature, et ils ne peuvent se changer l'un en Tau tre, parce que la situation des personnes change. Le: hommes, dans quelque condition de vie qu'ils se trouvent sont tous tenus également et absolument à l'observatioi de la loi divine et naturelle. En outre, cette indulgenc pour les soldats devrait tirer sa raison de l'utilité publi que, laquelle ne sera jamais si grande que son obtentioi étouffe la voix de la loi naturelle et divine. Et si la raisoi même d'utilité manque ? L'exercice du courage militain teud à rendre h cité mieux préparée contre ses eopemis

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Cet avantage pourra-t-il être atteint par une coutume qui, de sa nature, vise, en cas de dissensions entre soldats, et les causes n'en sont pas rares, à faire périr l'un ou Tautre parti des défenseurs de la patrie ?

« Enfin, notre époque moderne, qui se vante de l'emporter beaucoup sur les siècles précédents par une éducation et des mœurs plus raffinées, a coutume de peu , estimer les anciennes institutions et d'afficher un mépris souvent excessif pour tout ce qui s'écarte de la civilisation moderne. Pourquoi donc ces restes honteux d'un âge trop informe et d'une barbarie étrangère, nous entendons la coutume du duel, sont-ils les seuls qu'elle ne rejette pas, malgré son goût si vif pour le perfectionnement? )) Léon XIII, Lettre Pastoralis officii au cardinal Schonborn, archevêque de Prague, 12 septembre 1891.

3. Le désarmement. Le Messager officiel de Saint-Pétersbourg, le 28 août 1888, publiait une Note du comte Mourawiew adressée par ordre de l'empereur à tous les représentants étrangers en vue du désarmement. « Les charges financières, y était-il dit, suivant une marche ascendante, atteignent la prospérité publique dans sa source. Les forces intellectuelles et physiques des peuples, le travail et le capital sont en majeure partie détournés de leur application naturelle et consumés improducliveinent. Des centaines de millions sont employés à acquérir des engins de destruction effroyables qui, considérés aujourd'hui comme le dernier mot de la science, sont destinés demain à perdre toute valeur à la suite de quelque nouvelle découverte dans ce domaine. La culture nationale, le progrès économique et la production des richesses se trouvent paralysés ou faussés dans leur développement ; aussi, à mesure qu'ils s'accroissent, les armements de chaque puissance répondent-ils de moins en moins au but que les gouvernements s'étaient proposé. Les crises économiques, dues en grande partie au régime des armements à outrance et au danger continuel qui gît dans cet amoncellement du matériel de guerre, transforment la paix armée de nos jours en un fardeau écrasant <jue les peuples ont de plqs en plus (le peine à porter, U

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paraît évident, dès lors, que si cette situation se prolongeait, elle conduirait fatalement à ce cataclysme même qu'on tient à écarter, et dont les horreurs font frémir à l'avance toute pensée humaine. Mettre un terme à ces armements incessants, et rechercher les moyens de prévenir des calamités qui menacent le monde entier, tel est le devoir suprême qui s'impose aujourd'hui à tous les Etats. »

Dans le Consistoire du ii février 1889, Léon Xlll, abordant la question par le côté moral, constatait que peuples et gouvernements ne désiraient que la paix et ne voulaient pas de la guerre. Mais, disaitil, « il faut chercher à la paix des fondements plus fermes et plus en rapport avec la nature ; en effet, il est admis par la nature que l'on défende son droit par la force et par les armes : mais ce que la nature ne permet pas, c'est que la force soit la cause efficiente du droit. Et comme la paix provient de la tranquillité dans l'ordre, il s'ensuit que, pour les Etats comme pour les particuliers, la concorde repose principalement sur la justice et la charité. 11 est manifeste que, dans le fait de ne violenter personne, de respecter la sainteté du droit d'autrui, de pratiquer la confiance et la bienveillance mutuelles, résident ces liens de concorde très forts et immuables dont la vertu a tant de puissance qu'elle étouffe jusqu'aux germes des inimitiés et de la jalousie. Or, Dieu a ordonné que son Eglise soit la mère et la gardienne de l'une et de l'autre vertu. Aussi l'Eglise n 'a- t-elle jamais eu et n'aurat-elle jamais rien de plus à cœur que de conserver, de propager et de défendre les lois de la justice et de la charité. »

Dix ans plus tard, dans un Discours au Sacré Collège, le 1 1 avril 1899, le même Léon Xllï faisait des vœux pour la complète réussite du projet de désarmement, car rien n'entre davantage dans les vues de l'Eglise, ennemie née de la violence et du sang, et dans sa mission pacifique et pacificatrice ; rien aussi ne vaut la nécessaire intervention de son influence morale . « Se promettre une prospérité véritable et durable, disait-il, par les purs moyens hu-

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