LA QUESTION DU DUEL
éternité bienheureuse... Nos doctrines laïques se répandent vainement en explications scientifiques, en justifications dialectiques, sans jamais rencontrer un centre moteur (i). »
2. Le Duel. « Sottise manifeste des arguments que Ton Il produit dordinaire pour Justifier ou excuser r horrible i coutume du duel. — On répète habituellement (jue les • combats de ce genre ont été organisés de leur nature pour effacer les taches que la calomnie ou l'outrage a jetées sur l'honneur des citoyens ; c'est assez dire que l'argument ne peut tromper que des insensés. Bien qu'il sorte, en effet, vainqueur du duel, l'outragé qui y a provoqué, l'opinion de tous les hommes sensés sera que l'issue d'un tel combat prouve sa supériorité de forces à la lutte, ou son habileté plus exercée au maniement des armes, mais non pourtant sa plus grande honorabilité. Et si lui-même périt, qui ne trouvera pas encore irréfléchie et tout à fait absurde cette manière de défendre son honneur? Mais il en est peu, croyons-nous, qui commettent ce crime, j trompés par une erreur de jugement. C'est seulement ;le désir de la vengeance qui pousse les hommes orgueilleux et vifs à tirer châtiment ; s'ils voulaient réfréner leur superbe et obéir à Dieu, qui ordonne aux hommes de s'aimer entre eux d'un amour fraternel et défend de , faire du mal à personne, qui condamne très sévèrement chez les particuliers la passion de la vengeance et réserve à lui seul le pouvoir de tirer châtiment, ils renonceraient ^facilement à l'effroyable manie du duel.
« Ceux qui, provoqués, acceptent le combat, n'ont pas une excuse légitime dans la crainte de passer communément pour lâches, s'ils refusent de se battre. Car, s'il fallait mesurer les devoirs des hommes aux fausses opinions de la foule, et non d'après la loi éternelle de la justice et de l'équité, il n'y aurait pas de différence naturelle et véritable entre les actions honnêtes et les faits honteux. Les sages d'entre les païens ont eux-mêmes su et enseigné que le mortel courageux et constant devait