I. Ce que Dieu défend. — IL Ce que Dieu
ordonne.
'homme ne pèche pas seulement par actions, il pèche encore par paroles, et cela de bien des manières et sur beaucoup de points marqués dans le Décalogue. Par la parole, en eflet, il peut blesser notamment la vertu de religion, en faisant intervenir mal à propos le serment et en commettant le parjure, comme nous l'avons indiqué. Mais il peut aussi violer la vertu de justice ; soit devant les tribunaux, par l'introduction d'un procès injuste s'il est accusateur, par une défense coupable s'il est accusé, par un faux témoignage s'il est témoin, par le concours prêté à une cause notoirement injuste s'il est avocat, par une sentence inique s'il est juge; soit dans le commerce ordinaire de la vie et les rapports sociaux, en attaquant l'honneur ou la réputation du prochain par des injures ou des outrages, par la médisance ou la calomnie, en cherchant à semer la discorde parmi des amis ou à couvrir de ridicule les autres par la dérision ou la moquerie(i).
ï . BIBLIOGRAPHIE : Voir les ouvrages déjà signalés en tête des leçons iv et suivantes.
63o LE CATECHISME ROMAÎN
Il peut enfin violer cette partie de la vertu de justice, qui s'appelle la vérité, par défaut de franchise et de sincérité, par des jugements téméraires, des équivoques ou des restrictions mentales, des mensonges (i).
De là l'importance de ce huitième commandement, qui n'interdit formellement et explicitement que le faux témoignage contre le prochain, mais qui s'étend implicitement à tous les péchés de la langue contraires à la justice et à la vérité.
(( Qu'il ne soit pas seulement utile mais encore nécessaire d'expliquer souvent ce commandement et de rap peler les devoirs qu'il impose, nous le savons par ces mots de saint Jacques : « Si quelqu'un ne pèche pas en parole, c'est un homme parfait, » et ces autres : a La langue est un tout petit membre, mais de quelles grandes choses elle peut se vanter ! Voyez, une étincelle peut embraser une grande forêt. La langue est aussi un feu, un monde d'iniquité (2). »
(( Gela nous apprend : 1° que le vice de la langue est un des plus répandus, ainsi que le confirme cet adage du Prophète : « Tout homme est menteur (3) ; )) tant ce péché est presque le seul qui semble se trouver dans tous les hommes ; 2° qu'il est la source de maux sans nombre; car souvent la malice du médisant fait perdre la fortune, la réputation, la vie, le salut même, soit à celui qui est offensé, parce qu'il supporte sans patience les injures et qu'il en poursuit avec acharnement la vengeance, soit à celui qui offense, parce que, sous l'empire d'une mauvaise honte et de je ne sais quel faux point d'honneur qui l'arrêtent, il ne peut se résoudre à réparer le dommage causé.
« Aussi faut-il engager les fidèles à rendre à Dieu les plus vives actions de grâces pour avoir défendu le faux témoignage ; car une telle défense protège les autres con-
I. Cf. Saint Thomas, Sam, theoL, IMP% Q. lxvïi-lxxvi, cïx-cxvî. — ?. Jac, m, a, 5, — 3. P$., cxv, 11,