‹ Le Catéchisme romain, ou, L'Enseignement de la doctrine chrétienneChapitre 42 sur 312 · I. Baylac, loc. cit., p · texte numérisé non relu

I. Baylac, loc. cit., p

ïnême esprit qu'elle, avec la même méthode, et s'applique à l'étude des faits moraux, des obligations, des droits, comme à une réalité donnée, comme à un ensemble de phénomènes, pour en dégager ensuite les lois.

Deux questions sont à élucider : i° 11 faut déterminer le fait moral, en indiquant ce qui le caractérise et les signes auxquels on le reconnaît ; 2° Il faut ensuite l'expliquer, en trouvant un moyen de faire comprendre d'où vient qu'il existe des préceptes auxquels on doit obéir. Et voici comment M. Durkheim, le théoricien de la morale sociologique, a résolu ces deux questions (i).

A. La Morale commune. — i. Il existe une morale commune, générale, que l'histoire nous fait connaître dans le passé, que l'examen de la société actuelle nous permet de constater dans le présent. Il s'agit de l'interroger et de l'interpréter. Qu'y trouve-t-on ?

2. Deux caractères généraux distinguent le fait moral: celui d'obligation ou de devoir, entendu à peu près à la. manière de Kant, et celui de désiderabilité ou de bien. D'une part, en effet, les règles morales sont investies d'une autorité qui fait qu'elles sont obéies parce quelles commandent. Mais, d'autre part, la notion du devoir n'épuise pas la notion du moral : on n'accomplit pas uniquement im acte parce qu'il est commandé et abstraction faite de son contenu ; il faut encore qu'il nous paraisse désirable, bon ; et ce désirable, ce bon participe du caractère d'obligation, car, s'il nous attire, il est pourtant dans sa nature de ne pouvoir être accompli sans un effort, sans une contrainte sur soi-même.

Voilà donc deux idées, celle de devoir ou d'obligation et celle de bien, dont il est inutile, nous dit-on, de savoir laquelle précède ou engendre l'autre, u Puisque à toutes les époques, si haut que l'on puisse remonter,

1. La discussion à laquelle a donné lieu le système de M. Durkheim se trouve dans le Bulletin de la Société Jrançaise de philosophie^ Paris, 1906; c'est là que nous tirons cet exposé.

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