IV. Avantages de la fidélité au décalogue
« Rien de facile comme de prouver, à l'aide du psau- \ me xvm^, la richesse et la suavité de l'observation de la loi. Car on y célèbre les mérites de Dieu, dont le plus grand est de révéler la gloire et la majesté divine, beaucoup mieux que ne le font les corps célestes eux-mêmes dans tout leur éclat et leur harmonie. Et ceux-ci pourtant ravissent d'admiration les barbares et leur font reconnaître la gloire, la sagesse et la puissance du Créateur de
I. Cat. Rom., loc. cit., n. 12-14. — 2. I Cor., vu, 19. — 3. Gai., VI, i5. — 4. Joan., xiv, 28. — 5. Cat. Rom,, loc. ciL^ n. i5.
toutes choses. Quant à la loi du Seigneur, elle convertit les âmes à Dieu. Instruits par elle des voies de Dieu et de sa très sainte volonté, nous tournons nos pas vers ces voies. Ensuite, comme ceux qui craignent Dieu sont les seuls vrais sages, le psalmisle attribue encore à la loi la propriété de donner la sagesse aux petits, en même temps qu'il promet aux fidèles observateurs de véritables joies, la connaissance des mystères divins, des délices et des récompenses immenses dans la vie présente et future...
« Il ne faut pas passer sous silence que ce qui montre surtout la clémence de Dieu et les richesses de sa bonté infinie à notre égard, c'est que, pouvant nous obliger à servir sa gloire sans la moindre récompense, il a voulu unir sa gloire à notre intérêt et faire que ce qui est utile à l'homme fût en même temps glorieux pour lui. Cette considération étant très forte et très frappante, le pasteur enseignera en dernier lieu avec le prophète qu'à observer la loi il y a une grande récompense. Et ce ne sont pas seulement les bénédictions qui semblent plutôt se rapporter au bonheur terrestre, mais bien un immense trésor dans le ciel, une bonne mesure, pressée, secouée et débordante, que nous méritons avec l'aide de la miséricorde divine par des actes de piété et de justice (i). »
I. Excellence du Décalogue comparé au Bouddhisme et au Stoïcisme. « Parmi les codes moraux des religions non chrétiennes et des s^'stèmes philosophiques qui ignorent le décalogue, nous considérons principalement celui du bouddhisme regardé comme la religion la moins défectueuse dans ses prescriptions morales, et le code moral du stoïcisme, le moins répréhensible parmi les système moraux du philosophisme antique. Nous nous bornerons à établir le contraste entre ces codes moraux et le décalogue, au double point de vue de l'autorité morale et de l'influence sur le bien matériel des individus et des sociétés.
« Autorité morale. — i** Le décalogue, avec les principes moraux qu'il suppose et les conclusions qu'il contient
j. Cat. Rom., loc, cit., n. 16-18.
LE DÉGALOGÙE l43
virtuellement, présente un code moral bien défini et bien complet, renfermant tous les devoirs de l'homme dans l'ordre naturel- et contenant en germe toutes les obligations surnaturelles, dès lors que la révélation surnaturelle est manifestée. 11 se présente avec le rayonnement d'une autorité divine clairement démontrée qui lui assure sur les consciences individuelles et sur la conscience publique une efïicacité souveraine, aidée d'ailleurs par la double sanction éternelle attachée par le divin législateur à l'observance ou à la violation de cette loi.
2° Le système moral bouddhique, ne contenant aucune affirmation doctrinale sur Dieu et faisant abstraction de toute idée dogmatique ou métaphysique, ne possède aucune base doctrinale sur laquelle il puisse asseoir son autorité morale. Tout se résume finalement dans l'amour de soi avec l'exclusive préoccupation d'aboutir au nirvana, théoriquement représenté par les documents les plus authentiques comme la complète cessation de toute douleur. 11 ne peut non plus y avoir aucune sanction efficace, le nirvana avec son caractère purement négatif et son implicite négation de toute survivance de l'âme rie pouvant répondre à l'idée d'une sanction morale. D'ailleurs, des dix commandements de la Dhamma ou loi bouddhique, cinq concernent exclusivement les moines, l'interdiction des repas aux heures non réglementaires, la participation aux plaisirs mondains, la parure et les parfums, les lits moelleux et la réception de l'argent, et les cinq autres, ne tuer aucun être vivant, ne pas voler, ne pas commettre d'adultère, ne pas mentir, ne pas boire de boissons enivrantes, sont plutôt recommandés qu'imposés aux laïques. En réalité toute la vertu du laïque se mesure exclusivement à sa libéralité envers les moines, comme tout son espoir est de se rendre apte à être moine dans une métempsycose procli^ine pour aboutir ainsi finalement au nirvana.
3° Le code moral du stoïcisme, malgré son apparence ascétique, est dépourvu d'autorité. C'est une construction artificielle de la raison, manquant d'autorité législative et de sanction par l'exclusion de Dieu, conséquence
l4/i LE CATECHISME ROMAIN
nécessaire du panthéisme stoïcien. D'ailleurs, le code stoïcien n'a pu se défendre de nombreuses et graves erreurs parmi lesquelles le suicide, et il n'a jamais exercé une réelle influence morale sur les individus ou les sociétés, en dehors d'un cercle philosophique très restreint.
« Influence sur le bien matériel des individus et des sociétés. — i'' Pour le décalogue, cette salutaire influence est démontrée par l'observation constante des faits individuels et sociaux. C'est la conclusion de Le Play, déduite d'une rigoureuse investigation, queles populations qui respectent le mieux les commandements du décalogue sont précisément celles qui jouissent au plus haut degré du bien être, de la stabilité et de l'harmonie. C'est, d'ailleurs, une vérité souvent démontrée parles apologistes chrétiens que le décalogue aide au bien matériel des individus et des sociétés en maintenant inviolablementles véritables droits de l'homme et en favorisant l'éclosion des vertus morales qui, au témoignage de saint Thomas, sont l'élément principal du bonheur matériel individuel et social.
2° Les codes moraux du bouddhisme et du stoïcisme n'ont point exercé cette salutaire influence, soit parce qu'ils n'ont pu aider à l'éclosion des vertus morales sans lesquelles il ne peut y avoir de vrai bonheur individuel ou social, soit parce qu'ils n'ont eu à peu près aucune prise sur la masse de la population où ils ont été en vogue. Il est, d'ailleurs, bien avéré que les principes mêmes du bouddhisme, en détournant de tout travailles moines et même les laïques, devaient, dans la mesure où on les appliquait efl'ectivement, nuire à la civilisation matérielle. » Dublanchy, art. Décalogue^ dans le Dict. de Théologie, t. iv, col. 178-175.
2. Le Décalogue et FÉvangile voilà notre code. — « Le Décalogue, c'est comme le corps de la morale ; l'Evangile en est l'âme. Le Décalogue énonce la lettre du précepte ; l'Evangile en communique l'esprit. Le Décalogue trace la règle ; l'Evangile nous rend capable de la suivre en nous la faisant aimer- Un même révélateur a dicté les deux livres : ouvrons-les avec un même respect. Nous y trouverons trois classes de devoirs, correspon-
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dant à trois ordres de relations : celles de l'homme avec Dieu, celles de l'homme avec ses semblables, celles enfin de la volonté libre avec les autres puissances qui composent l'être humain. Culte de Dieu, justice et charité envers les hommes, gouvernement de soi-même, voilà ce que nous lirons dans les dix préceptes. » n'Hulst, Conf. de N. D., Carême de 1892, 2® édit., Paris, 1908, p. 5.
LB CJLTBCHISMS. — T. V, lO
Devoirs envers Dieu
Leçon V
Premier Commandement
I. Observations générales, — IL La foi. — III. Devoirs imposés par la foi. — IV. Péchés contre la foi.