‹ Le Catéchisme romain, ou, L'Enseignement de la doctrine chrétienneChapitre 63 sur 312 · II. En inspirer la pratique. — i. En montrant d'abord · texte numérisé non relu

II. En inspirer la pratique. — i. En montrant d'abord

I. Malach., 11, 7. — 2. Il Cor., ni, 18. — 3. Rom., 11, 30. — — 4- Gai., VI, I ; Ckit. Rom., III, Proœm., n. 2. — 5. II Tim», jr, 8. — 6. Tit.f II, i4 ; Cat. Rom., loc, cit., n. 3.

LE DéCALOGUE iSq

que Dieu en est l'auteur. « Il n'est personne qui ne sente que Dieu a gravé dans son cœur une loi qui lui fait distinguer le bien du mal, l'honnête du déshonnête, le juste de l'injuste, et dont la nature et la portée ne diffèrent en rien de la loi écrite. Qui donc oserait nier que Dieu ne soit l'auteur de la loi écrite comme de la loi intime ? En donnant la loi à Moïse, Dieu a voulu rendre son éclat à cette lumière divine presque éteinte par la dépravation des mœurs et une longue corruption plutôt que de donner une législation nouvelle (i). »

2. En montrant qu'on doit obéir à ses commandements , « non point parce qu'ils ont été donnés par Moïse, mais parce qu'ils sont inscrits dans le cœur de tous et qu'ils ont été expliqués et confirmés par le Christ Notre Seigneur. Il est très utile de penser que Dieu lui-même a porté cette loi, car nous ne pouvons pas plus douter de sa sagesse et de sa justice que nous soustraire à sa domination et à sa puissance infinie. Aussi, quand il commande par ses prophètes d'observer la loi, disait-il qu'il était le Seigneur Dieu. Au commencement même du décalogue, il dit : « Je suis Jéhovah, ton Dieu; » et ailleurs : « Si je sais Seigneur, où est la crainte qui m'est due (2) ? »

3. En montrant qu'on doit en remercier Dieu. « Cette pensée ne portera pas seulement les fidèles à observer les commandements, mais encore à remercier Dieu d'avoir fait connaître sa volonté d'où dépend notre salut. C'est pourquoi l'Ecriture, rappelant en maints endroits cet immense bienfait, montre au peuple d'y voir à la fois sa propre dignité et la bonté du Seigneur. « Ce sera là votre sagesse et votre intelligence aux yeux des peuples, qui entendront parler de toutes ces lois et diront : Certes, cette grande nation est un peuple sage et intelligent (3). » Dieu « na pas fait de même pour les autres nations : elles ne connaissent pas ses ordonnances (4). »

I. Cat. Rom., loc. ci7., n. 4-6. — 2. Malach., i, 6; Cat, Rom., loc. cit., n. 7-8. — 3. Deut., iv, 6. ~ 4- Ps-, cxlvii, ^o; Cal. Rom., loc, cit., n. 9. Rien qu'à la manière dont la loi fut donnée, continue le Catéchisme Romain, n. lo-ii.

l4o LE CATECHISME ROMAIN

[\. En montrant que V accomplissement da décalogue est facile. « Qui donc peut dire, demandait saint Augustin, qu'il est impossible à l'homme d'aimer, d'aimer un Créateur si bienfaisant, un Père si aimable, et ensuite sa propre chair dans la personne de ses frères ? Et pourtant celui qui aime a accompli la loi. Aussi l'apôtre saint Jean affirme-t-il clairement que « ses commandements ne sont pas pénibles (i). » Et au témoignage de saint Bernard (2), on ne pouvait exiger de l'homme rien de plus juste, rien de plus digne, rien de plus avantageux pour lui. Delà cette exclamation de saint Augustin sur la bonté infinie de Dieu : a Qu'est-ce que l'homme, ô mon Dieu, pour que vous vouliez être aimé de lui ? et pour que vous le menaciez de grands châtiments, s'il ne vous aime? N'est-ce donc pas déjà une assez grande peine pour moi que de ne pas vous aimer (3)? » Si quelqu'un s'excusait de ne pouvoir aimer Dieu, en alléguant l'infirmité de sa nature, il faut lui apprendre que Dieu, qui exige l'amour, communique la puissance de l'amour à nos cœurs par l'Esprit- Saint. Or, cet Esprit bon n'est jamais refusé par le Père à ceux qui le demandent, de sorte que saint Augustin a pu dire avec raison : « Donnez ce que vous exigez, et exigez tout ce que vous voudrez (4). » Donc, puisque le secours de Dieu est à notre portée, surtout depuis la mort du

les fidèles comprendront sans peine avec quelle piété et quelle soumission ils doivent pratiquer le décalogue. Trois jours, en effet, avant sa proclamation, ordre fut donné aux Israélites de laver leurs vêtements, de ne point s'approcher de leurs femmes pour être plus purs et mieux préparés à le recevoir. Dieu descendit sur la montagne dans tout Téclat de sa majesté ; il l'entoura de tonnerre, d'éclairs, de feu, d'épaisses nuées, s'entretint avec Moïse et lui donna ses lois : autant de circonstances, voulues par la sagesse divine uniquement pour nous rappeler avec quelle pureté et quelle humilité nous devons accueillir la loi du Seigneur, et quels châtiments nous réserve la justice divine, si nous venons à la négliger.

I. l'Joan,, V, 3» — 2. De dilig. Deo, i. — 3. Confes,, î, v, — 4* Conf,, X, XXIX, 40 ; xxxi, 4^ ; xxxvii, 60,

LE DECALOGUE I^I

Christ Notre Seigneur, personne ne peut opposer de dif- ^ ficulté, car rien n'est difficile à l'amour (i). »

III. Nécessité de pratiquer les commandements. (( Il importe d'établir la nécessité d'obéir à cette loi, à une époque surtout où il ne manque pas d'hommes qui ne craignent pas de dire avec impiété et pour leur propre malheur que, facile ou difficile, cette loi n'est nullement nécessaire au salut. Au pasteur de réfuter cette opinion criminelle et impie, à l'aide de l'Ecriture et surtout de l'Apôtre, dont on invoque l'autorité. Car que dit l'Apôtre?

« La circoncision nest ?Hen, l' incirconcision n'est rien; ce i qui est tout, c'est l'observation des commandements de \ Dieu (2). » Et quand il reprend cette pensée ailleurs, et qu'il ajoute : « Ce qui est tout, c'est d'être une nouvelle créature (3), » il fait clairement comprendre que, par cette créature nouvelle, il entend celui qui garde les commaadements de Dieu. Car avoir et observer les commandements de Dieu, c'est l'aimer, d'après le témoignage de , Notre Seigneur lui-même : « Si quelqu'un m'aime, il g ar- \ dera ma parole (4). » En effet, bien que l'homme puisse d'impie devenir juste avant d'avoir accompli les actes extérieurs de chaque précepte de la loi, il est impossible à celui qui a l'usage de la raison de passer de l'impiété à la justice sans avoir l'esprit disposé à garder tous les commandements de Dieu (5). »

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