‹ Le Catéchisme romain, ou, L'Enseignement de la doctrine chrétienneChapitre 77 sur 312 · PECHES DIRECTEMENT OPPOSES A LA FOI I7I · texte numérisé non relu

PECHES DIRECTEMENT OPPOSES A LA FOI I7I

faire perdre, menacent son existence, entravent son action ou suppriment sa manifestation extérieure et obligatoire.

I. Péchés directement opposés à la foi. — I. Ulnjidéliié en généraLEUe peut être antécédente ou subséquente. V infidélité antécédente, c'est-à-dire le simple défaut de foi chez ceux qui n'ont pas entendu parler des vérités de la foi, n'est pas un péché (i), dit saint Thomas (2) ; mais elle est coupable chez ceux qui, entendant la prédication évangélique et connaissant l'existence de la vraie religion, refusent par un acte conscient et volontaire d'accepter le bienfait de la révélation. — Vinfidélité subséquente n'est autre chose que la perte même de la foi baptismale. Combien de baptisés de nos jours en arrivent à ce triste état ! et que de causes y contribuent dans une société saturée de sensualisme et de rationalisme ! La révolte des sens, Torgueil de l'esprit, le système d'une instruction prétendue neutre, mais en réalité athée, du moins en France, l'exploitation des scandales, la fausse science et la fausse critique, que sais-je encore, tout concourt, avec l'abandon des pratiques religieuses, à consommer, pour un trop grand nombre, ce que saint Paul appelait « le naufrage dans la foi. «Naufrage toujours coupable, parce qu'il n'arrive qu'à la suite d'un défaut de vigilance ou d'une présomption qui fait accepter à la légère les doutes et les négations, en dépit de tous les motifs de crédibilité, de la Révélation et de ses preuves, de l'autorité de l'Eglise et de son rôle dans le monde si manifestement apologétique (3).

I. S. Pie V, le i'='' octobre i5G7,a condamné cette proposition de Baius : « L'infidélité purement négative est un péché dans ceux à qui le Christ n'a pas été prêché. » Prop. 68 ; Denzinger, n. 1068 (948). — 2, Sam. TheoL, IP 1I«, Q. x, a. i. -^ 3. Voir t. I, p. a84 ; t. 11, p. 612 sq.

2. L'hérésie est l'altération ou la négation d'une ou de plusieurs vérités révélées par Dieu, d'un ou de plusieurs dogmes définis par l'Eglise. Elle peut être purement matérielle et inconsciente, et provient alors d'une ignorance excusable par la bonne foi ; mais quand elle est formelle et voulue en connaissance de cause, elle constitue un péché grave, parce que c'est se placer au dessus de l'autorité divine, préférer sa manière de voir à celle de Dieu, ce qui est le comble de l'orgueil, que de rejeter sciemment ce que Dieu nous a enseigné. L'altération ou la négation d'un dogme, même quand elle reste dans le domaine intime de la conscience, est un péché grave ; elle échappe du moins alors aux censures ecclésiastiques. Mais quand elle s'affirme au dehors et persiste malgré les avertissements maternels de l'Eglise, elle s'aggrave et devient passible des peines canoniques (i), dont l'Eglise n'hésite pas à se servir dans un intérêt bien entendu de préservation sociale et religieuse (2).

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