PECHES OPPOSES A LA CONFESSION DE LA FOI
une espèce distincte de l'incrédulité ou de l'infidélité ; elle en est une circonstance aggravante (i). Au lieu de se borner, comme l'hérésie, à l'altération ou à la négation d'un ou de plusieurs dogmes, d'une ou de plusieurs vérités révélées, elle renonce à la fci elle-même, elle rompt ce lien essentiel qui doit unir l'homme à Dieu. Et comme d'ordinaire elle ne va pas sans quelque éclat, elle constitue, pour la société religieuse, un danger sérieux par le mauvais exemple qu'elle donne, par les scandales qu'elle soulève ; c'est le péché le plus grave contre la foi ; saint Thomas l'appelle l'apostasie de perfidie (2).
IL Péchés opposés à la confession de la foi. — I. Le blasphème en général est un vice qui appartient à l'infidélité, parce que Ihomme, en blasphémant, attribue à Dieu ce qui ne lui convient pas, ou lui dénie ce qui lui convient, qu'il le fasse de cœur ou de bouche, par la pensée ou par la parole (3). En portant atteinte à la bonté divine, qui est l'objet de la charité, le blasphème est de sa nature un péché mortel (/i). Il a d'abord la gravité du péché d'infidélité ; il en acquiert une nouvelle parce qu'il est accompagné de la haine dans la volonté ; et il devient encore plus grave, s'il se produit extérieurement par la parole (5) ou l'écriture.
2. Le blasphème conlre le Salnl-Esprit. Pèchent contre le Saint-Esprit, non seulement ceux qui blasphèment contre les trois personnes divines ou contre la troisième personne de la sainte Trinité, ou qui persévèrent de parti pris dans le péché mor-
I. Sum. theoL, IP 11*, Q. xii, a. i, ad 3.— 2. Sam. theoL, IP IP, Q. XII, a. I, — 3. Sum. theoL, 11^ \h^, Q. xiii, a. i. — 4. Ibid., a. 2. — 5. Ibid., a. 3. A l'article 4, saint Thomas montre que le blasphème est à l'état d'habitude chez les damnés.
tel jusqu'à la mort, mais aussi ceux qui pèchent avec une malice affectée, en faisant le mal pour le mal, par un choix délibéré, ou en repoussant avec une résistance réfléchie les moyens qui pourraient les éloigner du péché (i). On dit ce péché irrémissible, soit parce qu'il exclut tout moyen de rémission, soit parce que, de sa nature même, il mérite de rester sans pardon, attendu que pécher par malice est le comble du mal (2). ^^ri
111. Péchés opposés à la science et à rintelligence. — i. U ignorance voulue des choses de la foi, quand on pourrait et qu'on devrait la dissiper, est un péché et la cause de beaucoup d'autres péchés ; elle est directement opposée à la science qu'on doit avoir des choses de la foi.