U aveuglement volontaire de V esprit, par lequel
I. Snm. ihcol., Il" II^^ , Q. xiv, a. i. Dans l'article 2, le Docteur angélique énumère ainsi les six espèces de péchés contre le Saint-Esprit. La distinction de ces péchés repose sur le rejet ou le mépris des secours au moyen desquels l'homme peut s'empêcher de choisir le mal. — Ces secours, il les trouve dans lejagenientde Diea, où la justice est unie à la miséricorde ; à l'espérance, il oppose le désespoir ; à la crainte, la présomption. — Il les trouve aussi dans le doa de Dieu ; à la vérité connue, il oppose la résistance ; k la grâce intérieure, Venvie, qui ne consiste pas seulement à jalouser la personne de son frère, mais aussi à s'attrister du progrès de la grâce de Dieu dans le monde. — Ces secours, il les trouve enfin dans le péché Ini-même; l'un est le désordre et la turpitude môme du péché, il lui oppose Y impénilence voulue, c'est-à-dire cette disposition de la volonté, qui implique la résolution de ne pas se repentir ; l'autre est la vanité et la brièveté du bien, qu'il cherche dans le péché, il lui oppose Vobslinalion en continuant à vivre dans le péché. ^ — 2. Sum. theoL, II" ll^e , Q. xiv, a. 3. A la réponse ad 3, saint Thomas fait remarquer qu'en droit l'homme, à cause de son libre arbitre, peut toujours changer de résolution et de vie, et que Dieu peut remettre même ce péché.
PÉCHÉS CONTRE LA FOI lyS
Irhomme éloigne de lui la connaissance des choses divines, ou dans lequel il tombe parce qu'il s'occupe exclusivement des choses qu'il aime plus que la vérité religieuse, est un péché. Péché d'autant plus fréquent de nos jours que l'étude des sciences naturelles est plus en faveur et absorbe totalement ceux
I qui s'y livrent. Cette étude a certes ses avantages indiscutables, mais elle offre le danger d'aveugler
; l'esprit, et de lui faire oublier ou méconnaître une autre étude non moins importante et plus nécessaire, celle des A^érités utiles ou indispensables au salut (i). De là, chez tant de nos contemporains, grâce à l'exclusivisme étroit dans l'objet de leurs recherches, la myopie intellectuelle, l'aveuglement
1 de l'esprit.
2. L'hébétude volontaire du sens intellectuel, ou de Vesprii, est une autre source de péchés contre la foi (2). Tout comme l'aveuglement de l'esprit, elle provient de l'abus des plaisirs sensuels, qui remuent la partie animale de l'être humain et en dégagent des miasmes pestilentiels, qui viennent troubler la région sereine de l'esprit ; mais sans aller aussi loin que Taveuglement, l'hébétude émousse pour ainsi dire l'esprit et lui rend difficile la pénétration (les vérités de la foi. Se livrer à la sensualité est une faute ; et s'y livrer dans le but avoué de s'étourdir en face de la foi en est une autre, car c'est créer délibérément un obstacle à l'acte de foi.