‹ Le catéchiste en chaire, plans de sermons, conférences et instructions familières sur les principaux points de la doctrine chrétienneChapitre 25 sur 55 · II · texte numérisé non relu

II

34 4 LE CAIBGHI8TE

TEXTES TIRÉS DES PifES.

Qui sludet élégantes façles inspicere , ipse prsBcipue fornacem sibi istius passionis acceodil. (S. Ghrts. Hom. xvii in Matth.) — « Celui qui regarde avec complaisance un beau visage allume lui-même dans son cœur le feu de cette passion.»

Nec dicalis vos babere animes pudicos , si habeatis ocqlos impudicûs : quia impudicos oculos impudici cordisest nuncius. (S. Aucx. m Ep. ccxî. ) — « Ne dites pas que vous avez des cœurs pudiques , vous qui avez des yeux impudiques ) parce que Tœil est le messager du cœur.

BXORDE.

Mes Frères,

Pour suivre Tordre des préceptes du Décalogue, j'ai à vous parler aujourd'hui sur un sujet délicat, difficile à traiter dans une assemblée chrétienne , toutefois j'espère, avec la grâce de Dieu , ne rien dire qui puisse blesser les âmes ni les oreilles chastes.

DIVISION

Je parlerai des pensées et des affections impures ; et des causes de l'impureté.

Les pensées ou affections impures sont de deux sortes: les unes sont dites de simple délectation ou de compldi* sance ; les autres, de désir.

On commet le péché de simple complaisance, lorsqu'on arrête volontairement sa pensée sur un objet ou suruoe action illicite et qu'on s'y complaît.

EK eVAIBE* 345

Il faut Bavoir en outre que le péché de délectatîoD ainsi que le péehé de désir est plus ou moins grave selon la qualité et la condition de l'objet que le cœur désire ou dans lequel il se complaît ; c'est pourquoi les confesseurs interrogent sur ce point les pénitents qui s'accusent de ces délectations impures ; l'interrogation est nécessaire, et elle est prescrite par le saint concile de Trente et par les théologiens.

Maïs quelles sont les causes les plus fréquentes de la délectation et du désir impurs? Il y a trots causes ; la première, c'est l'oubli de la garde des yeux. C'est pourquoi lob disait : « J'ai fait un pacte avec mes yeux, b Pepigi foddus ciimoculis met5(4). Car il y a une alliance étroite entre les yeux et Tâme , entre la vue et la pensée.

Jéi*Ôn«e s'écriait : « Mon oeil a consumé ma vie. » OciUtiS meus deprcedatus est animam meam (i).

Ce que Job dit de la vue des personnes, il faut le dire aussi de la vue des tableaux , des images, des statues obscènes; car ces objets ne sont pas moins propres à exciter en nous les mauvaises pensées, I^ sentiments impudiques. Ne dites pas que votre cœur est pur, quand votre cail se platt à voir des images impures; car l'œil impudique, dit saint Augustin, témoigne de l'impudicité du cœur. Une autre cause des mauvaises délectations et des désirs impurs, c'est la lecture des mauvais livres. Ces livres sont de deux sortes ; les uns ont pour sujet même des choses impudiques : tels sont certains romans , certaines comé* dîes. D'autres, bien qu'ils n'aient pas pour objet immédiat une action impudique, sont pleins cependant d'épisodeg

(1) Job. XXXI.

(2) Lament. m.

4rolk|ues« desituatioDsiodéceDtes, de sentimenls passionnés, de laùgaeurs, d embûches, d'artifices de tout genre ; toutesdioses qui sont bien propres à souiller rimagination , corrompre le cœur ou troubler les sens. De ce genre sont certains poëmes, des recueils de lettres , certaines tragédies ; ei ces ouvrages sont d'autant plus dangereux qu'ils soDt mieux écrits, parce que la beauté de la forme qu'exigCDl les ouvrages de ce genre rend plus subtil le poison qu'ils contiennent. Saint Jérôme, appelle ces compositious poétiques «( la nourriture des démons, » cartnina poetarum dœmonumcibum ; « parce que, dit-il^ les vers, en charmaot 1 oreille par la douce modulation, pénètrent mieux dans rame. » Quia dum aures dulcimodulatwne capiurU^ animam quoque pénétrant [^ ).

Alals, diront quelques-uns, nous cherchons dans ces livres, non pas des délectations impures, mais seulement l'élégance, le charme du style, pour apprendre à bien écrire; en un mot, nous voulons cultiver, orner notre esprit et non corrompre notre coaur. Mes frères^ c'est là une illusion funeste, une hallucination dont se sert le démoD pour séduire les personnes cultivées et non entièrement perverties. D'abord, je vous le demande, n'y a-t-ildonc que les livres dangereux qui soient bien écrits? Certes, ce n*est pas ici le lieu de vous faire le long catalogue des livres qui brillent autant par l'élévation des pensées ei des sentiments quQ par l'éclat du style, mais cod« suliez au besoin les littérateurs instruits, et vous saurez que, grâce à Dieu, les écrivains corrupteurs n'ont pas Je monopole de la beauté de la forme qui vous séduit.

En second lieu , je veux bien accorder que souvent voos

(1) Spht, XLVi ûd Damas,

BN CHAIRE. Sfï

•commeDcez la lecture de ces livres dangereux sans auctioe mauvaise ioleniioD; mais lès choses que vous lisez exclteot insensiblemeot eo vous les mauvaises pensées, les afTectioqs impures. A la vérité celui qui lit résiste et com~ bat d'abord ; mais ensuite il se lasse de combattre, et enfin il sort de sa lecture avec la conscience souillée, ou troublée par la crainte de Tètre. Donc on ne peut nier qu'il y ail toujours péril ; or, qu'espérer de celui qui s expose volontairement au péril? Le Saint-Esprit l'a dit : a Celui qui cherche le péril y périra, d Pour notre confusion et noire honte, apprenons des sages du paganisme eux-mêmes à fuir ce qui peut souiller ou corrompre le cœur. Valère- Maxime rapporte que les Lacédémouiens défendaient à leurs enfants de lire le Jivre d'Ârchiloque, poëte célèbre, mais trop libre dans ses vers: a Les Lacédémonieos, dit-il, défendirent à leurs enfants de lire le livre d'Archiloque, de peur qu'il n'apportât plus de dommage à leur cœur que d'avantage à leur esprit, p Archilochii libro noluertmt liberorum suorum animos imbui, ne plus moribus nocerei quam ingeniis prodesset. Nous qui avons le bonheur d'être chrétiens , nous chez qui la lumière de la foi s'ajoute à la lumière de la raison , ayons du moins autant de prudence <|ue les païens, et avant de lire un livre ou de le laisser lire à ceux sur qui nous avons autorité, informons-nous auprès des personnes doctes et pieuses s'il n'est point dangereux, et s'il n'est pas plus nuisible aux mœurs qu'utile à l'esprit.

Enfin la troisième cause principale des mauvais désirs et des délectations impures-, c'est le b^l, où les personnes de l'un et de l'autre sexe se livrent à la danse.

Je ne veux pas réprouver absolument toutes sortes de danseset les condamner comme gravement illicites ; cependant aucun homme prudent ne peut nier que la danse, telle

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qu'elle s'exéoute ordinairement, ne soU une causede chutes graves ou du n)oinsd*impure8 délectations; car la danse a lieu ordinairement en présence d'un grand nombre de personnes de l'un et de l'autre sexe ) dont aucune certaine^ ment ne vient au bal dans la pieuse intention de plaire à Dieu. C'est là que les femmes , dans tout réclat de leur parure, exercent, avecunsuccès malheureusement trop fréquent, l'art de plaire. La musique et les parfums enivrent les sens, et tout semble fait pour séduire .et pour amollir. Gomment la danse ne serait-elle pas une source, une cau^ de mauvaises pensées et de désirs impurs, vu la nature corrompue de l'homme? a Gomment, dit un théologien (Gonrad Gliagius , de Tordre de Saint-François), coaunent rester pur dans un cercle dont le démon est le centre , et dont ses mauvais anges sont la circonférence? » Ctgvs centrum estdiaboluSy et cujits circumferentid siofU angéi ejus circumstantes. Saint Antonin dit : a Quelquefois le diable combat contre l'homme, en employant pour arme la vue des femmes, quelquefois le toucher; noais dans les chœurs de danse il emploie tous les moyens à la fois. Car là on le voit revêtu de tous ses ornements , on entend ses chants , ses éclats de rire et tous ses entretiens ; on le louche de la main ; là il combat courageusement et il remporte la victoire. » Ibi diabolus fortiter pugncît et vincU (t). Voilà, mes frères, les causes principales des impures délectations. Je vous ai montré le danger, à vous de le fuir.

TRAIT HISTORIQUE

0 mon âme, s'écrie saint Bonaventure , rougis de te réjouir dans les choses d'ici-bas, toi qui ne peux être rassasiée que par les clioses

(1) S. Antohin. Ilpart. tit. Ti.

8I« CHAIRB. 319

d'en haut. To es une nature céleste , et naturellement tu chercherais et tu désirerais la céleste consolation , si les passions charnelles le per» , mettaient. Oh ! combien il serait doux et délectable de vivre selon la nature avec rassaisonnement de Tamour divin , si la folie de la chair le permettait.

n ne faut pas convoiter les biens du prochain.

(Sur le dixième et dernier précepte du Décalogue. )

EXPOSÉ SOMMAIBE.

Des personnes que ce précepte regarde parliculièrement ; des causes du péchë de convoitise ; de ses remèdes.

TEXTES TIRÉS DE l'ÉGBITUBE SAINTE

Non potestîs Deo servire et Ifammonœ. ( Luc. xvi. 43.) — a Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon (Targent ]. »

Radix est omnium malorum cupiditas, quam quidam appelenles erraverunl a fide, et inseruerunt se dolotibus mullis. (lI.TiM. VI. 10.) — « Le désir de la richesse est ia racine de tous les maux , et quelques-uns de ceux qui en sont possédés se sont égarés de la foi , et se sont jetés dans de grandes douleurs. »

TEXTES TIRÉS DES PÈRES

Qoomodaergosunt diviliœ, quibus crescentibus , crescil inopia? (S. Aug. Serm. i. ) — « Gomment donc appelez-vous richesses ces choses , alo^s que les besoins s'accroissent avec elles? »

Qui aoro uti non novil , habetur, non habet. ( S. Âtrc. Enarr. in PsuL cxiii.) — c Celui qui ne sait pas faire usage de l*or, en est Tesclave et non le matlre. »

EXORDE

Mes Frères,

Par ]e dixième précepte, Dieu nous défend le désir volontaire et délibéré de nuire au prochain. Mais avant de dire quelles sont les personnes comprises spécialement dans ce précepte^ nous croyons nécessaire de dissiper une erreur commune chez les âmes timorées. Il arrive quelquefois qu'une personne pauvre , apprenant que quelqu'un a fait tin riche héritage , ou retiré un grand avantage de son talent ou' de son travail , dit : « Que n'ai-je eu le même bonheur I Je voudrais bien gagner autant , » et autres paroles semblables. Ce désir conçu ou exprimé n'est point contraire au dixième précepte , s'il n'fest pas accompagné d'une mauvaise intention contre le prochaip. Il peut être un péché véniel , en tant que parole oiseuse , ou comme expression d'une affection trop grande pour les biens temporels ; mais il ne viole pas le précepte , car le précepte défend seulement de convoiter le bien d'autrui , avec le désir de voir le possesseur privé de ce bien , ou avec le désir et la volonté d'obtenir un bien semblable par des moyens illicites ; ou bien encore , on pèche contre ce précepte , si on désire obtenir un bien licitement , mais pour en faire un usage illicite , comme pour satisfaire ses mauvaises passions. Mais si on désire les biens sans blesser la charité ou la justice et sans intention contraire à la volonté de Dieu , mais seulement pour subvenir aux besoins de

EN CHAIRE. 39 f

sa famille, od ue commet pas un péché mortel; toatefois OQ commet un péché véniel , si dans ce désir on manque de modération ou de confiance en la providence divine.

4"* Après avoir dit en quoi consiste la violation grave de ce divin précepte, il nous faut dire quelles sont les personnes qui sont le plus facilement portées à le violer : ce sont premièrement les joueurs. Ceux-là se rendent coupables de péché mortel , qui dans le jeu trompent le pro- <)hain, ou qui, sans tromper , jouent immodérément et exposent le prochain à des pertes graves. Car, bien qu'ifs n'emploient pas la fraude (ce qui serait un péché contre la justice), lorsqu'ils prévoient un dommage notable pour le prochain. Us pèchent contre la charité et violent le dixième précepte. Ceux qui jouent contre des personnes mineures^ avec rintention de garder la chose gagnée, se rendent coupables de péché mortel , même en perdant , parce qu'ils jouent contre des personnes qui n'ont pas encore la libre disposition de leurs biens. Ceux-là se rendent encore cou* pables de péché mortel , qui jouent uniquement dans rintention de gagner, sans avoir égard au dommage qui peut résulter du jeu pour celui qui perd. Telle est la doctrine de saint Thomas. Mais, dira-t-on , il ne faut donc [)as jouer avec rintention de gagneV ? Je réponds que jouer à cette seule fin, est toujours un mal ; car, dit saiot Thomas : « Le jeu a pour but la récréation, le délassement de Tesprît» par conséquent il est permis de jouer, si Ton joue avec modération. » Delectatio , quœ in talibus actibus habetur^ ordinatur ad aliquam animi recreationem et quietem , et secundum hoc^ si fiât moderate, licet uti ludo (1).

Lsi sagesse païenne elle-même l'avait ainsi compris.:

(1) 2. 2. quœst 168.

CicéroD dit : o il est permis d*user du jeu , mais comme dM sommeil et du repos, c'est-à-dire après avoir satisfait aux devoirs, aux affaires graves et sérieuses, o Ludoetjoeo titi quidem licet , sed sicut somno et cpiietibus cœteris tum quum gravibus seriisqtie satnf0cerimus(\ ) . Donc, direz- vous, ^1 ne faudra rien exposer au jeu? Je distingue : exposer peu de chose pour rendre l'esprit plus attentif au jeu, n*est pas un péché, parce que cet intérêt minime ne peut pas détourner du but qu'on doit se proposer, lequel , comme je raidit, doit être la récréation, le délassement de l'esprit; mais exposer une somme capable d'exciter en nous l'amour du gain et faire de ce gain la fin même du jeu , c^est ud péché mortel ou un péché véniel , selon qu'il y a danger d'uue grande perte ou d'une perte légère.

Parmi les personnes qui pèchent contre le dixième précepte sont encore les négociants ou marchands qui désirent que telle marchandise tombe à vil prix , pour qu'ils puissent acheter bon marché, ou qu'une telle marchandise augmente pour vendre plus cher ; car c'est évi* demment désirer d'accroître sa fortune au détriment des autres.

Parmi les personnes qui pèchent encore contre ce pré* cepte , il faut compter les soldats qui désirent la guerre pour avancer en grade; les médecins qui, pour s'enrichir, désifent qu'il y ail beaucoup de gens malades; les avocate qui désirent qu'il y ait beaucoup de plaideurs , ainsi de suite; et cela n'a pas besoin de démonstration, car il est bien évident que l'accomplissement de ces divers désirs nuirait notablement au prochain.

Enfin , ils pèchent encore contre le précepte, ceux qui,

(i) DeOfficm.u

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BN CHAIRE. 323

jaloux dé la réputation , du mérite , de la gloire des autres^ rabaissent leurs talents ou leurs vertus ; leur péché est d'autant plus grand qu'ils sont eux-mêmes moins dignes de la réputation dont ils sont jaloux.

2o Après avoir expliqué les actions défendues par lé dixième précepte et désigné les personnes qui tombent plus facilement dans oes fautes y il nous reste à montrer la cause qui les produit et le remède qu*il faut y apporter.

La cause de ces désirs coupables dont nous venons de parler, c'est, mes frères^ Tamour immodéré des biens temporels ; par conséquent^ le remède c'est de renfermer cet amour dans les bornes de la modération chrétienne; et pour cela, il faut bien comprendre le peu de valeur de ces biens périssables qui sont Fobjet de nos désirs et te trouble qu'ils causent: « Les riches, dit saint Cyprien , sont tourmentés de pensées inquiètes au milieu de leurs richesses. » Bas etiam inter divitias trepidos cogitationis incertœ sollicifado discmdat[h). Et saint Augustin dit avec une remarquable énergie d'expression : « Les richesses ne font qu'accroître nos besoins ; loin de fermer la bouche avide de Tavare, elles l'ouvrent et l'agrandissent. » Diviiiis crescentibus cresctt inopia ; major pecunia fauces avaritiœ non dcea-^ diU sed extendit.

Mais jusqu'ici nous avons parié des richesses d'après les seules lumières de la raison naturelle ; parlons-en maintenant en chrétiens, chez qui la lumière de la foi s'ajoute à celte de la raison. Ecoutez I saint Paul , écrivant a Timo* thée^ dit : « Ceux qui veulent devenir riches, tombent dans la tentation et dans le piège de Sa tan, et en des désirs inutiles et pernicieux , qui précipitent les hommes dans la nK)rt et

(1) Epist. XL ad Dqnat,

dans la damnatioD ; car le désir des richesses est la racine de lous les maux ; et quelques-uns de ceux qui en sont possédés se sont égarés de la foi , et se sont jetés dans de grandes douleurs, b Quivolunt divites, etc. (f). Que dit sur ce sujet Noire-Seigneur Jésus-Christ, rélernelie vérité et le souverain juge de tous les hommes ? Il déclare qu*il est impossible de servir tout à la fois Dieu et largenl : Non potestis Deo servire et Mammonœ (2), Or, qu'est-ce à dire , servir l'argent , sinon s'en faire l'esclave et chercher par tous les moyens à augmenter sa fortune? Ailleurs, le divin Maître prononce cette terrible sentence contre ces esclaves de Mammon : « Je vous dis en vérité que le riche entrera difficilement dans le royaume des cieux (3). »

Après avoir entendu le divin Maitre , quel chrétien peut encore être avide de la richesse? Qui peut désirer encore ce qui est un si grand obstacle au salut ?

Donc , mes frères , contentons nous de posséder ou de chercher à acquérir honnêtement , chrétiennement , ce qui suffit à notre état et aux besoins de notre famille. Éteignons en nous celle soif ardente de Tor. Ayons toujoU)*s dans l'esprit ces paroles infaillibles de Notre- Seigneur Jésus- Christ : Je vous le dis en vérité^ le riche entrera difficiletfn&d dans le royaume des cieux.

Toutefois, les richesses ne nuisent pas aux riches, dit saint Bonaventure , s'ils en font un bon usage : NecdivUi obsunt opes si eis bene utatur (4) ; s'ils les possèdent sans y attacher leur cœur , selon Tavertissement que nous donne le Saint-Esprit par la bouche du Roi-Prophète : Divitiœ^ si

(1) I. Tim. Vï.

(2) Luc. XVI.

(3) MaTTH. IX.

(4) Soitioq, II.

BN GHAIBE. 325

affluant, nolite cor apponere (4) : « Si les richesses surabondeol, n*y attachez pas votre cœur. »

PÉRORAISON

Dites-nous, s*écrie saint Augustin, dites-nous, ô apôtre, ce que nous devons faire I Que les riches entendent e( comprennent I Apostole , die quid dixeris : diviles sirU in operibus bonis [t) I Or, que dit TApOtre ? Écoutez ce qu'il écrit à Timothée : a Ordonnez aux riches de ce monde de D*ètre point orgueilleux, de ne point mettre leur confiance dans des richesses incertaines, mais dans le Dieu vivant, qui nous donne avec abondance ce qui est nécessaire à la vie : d*ètre charitables et bienfaisants , riches en bonnes œuvres; de donner de bon cœur, de faire part de leurs biens aux pauvres ; de se faire un trésor solide pour l'avenir, afin d'embrasser la vie véritable (a). »

TRAIT HISTORIQUE

Saint Bonaventare avait coutume de dire : « Les amateurs des -biens du monde sont si occupés à poursuivre ces biens périssables qu*ils négligent les biens éternels, et plus ils, oublient Dieu, plus ils sont abandonnés de Dieu; plus ils s'attachent aux biens du monde, moins ils comprennent le bien qu'ils perdent. »

(1 ) Psal. Lxi.

(2) Senn, lxxxv de Bvang.

(8) 1. Tim, VI.

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