INTRODUCTION
En regard des autorités diverses qui gouYernaient les sociétés depuis leur origine , une autorité nouvelle et supérieure se produisit dans le monde , il y a dix-huit siècles : c'était celle du Christianisme. D'abord, cette autorité se personnifia en Jésus-Christ, le Fils de Dieu fait homme. Mais, comme le Verbe incarné ne devait se manifester personnellement et visiblement sur la terre que pendant un temps déterminé, et qu'il fallait cependant aux hommes une autorité perpétuellement visible , Jésus-Christ, le principe invisible, résolut de confier à son Eglise le dépôt permanent et l'usage extérieur de sa divine autorité. Cette Église, c'est l'ÉgHse chrétienne, c'est l'Éghse catholique; et c'est en elle et par elle que le Christ a régné, qu'il règne et qu'il régnera toujours dans le monde.
Cependant, par cela même qu'elle s'adressait à des hommes faibles^ inconstants et sujets à toutes sortes
"VI INTEODUCTIOX.
de passions, rautorité de Jésus-Christ et de son Eglise devait subir , extérieurement, de nombreuses vicissitudes dans le cours de son rèsne à travers les siècles. Seulement, comme les destinées générales de l'humanité dépendaient désormais de son accord ou de son opposition vis-à-vis de cette autorité divine, il en résulta naturellement que les sociétés particulières se ressentirent de cette alternative , soit pour s'élever vers la civilisation et le progrès, soit pour incliner vers la décadence et la dépravation.
Nous ne disons pas absolument que les sociétés devinrent heureuses ou malheureuses, florissantes ou abaissées, dans la proportion rigoureuse de leur fidélité ou de leurs révoltes ; nous savons bien que l'histoire semble parfois donner un démenti à cette affirmation, et qu'on a vu des peuples prospérer matériellement, après avoir rompu avec l'autorité visible de l'Eglise du Christ. Oui, c'est vrai, matériellement, et toujours à la condition qu'ils respectaient l'autorité générale de l'Evangile; car tout le monde sait qu'il n'y a point eu d'exception pour les sociétés qui ont apostasié Jésus-Christ : elles sont tombées toutes, de chute en chute, jusqu'à la plus honteuse dégradation.
Mais ensuite, est-il vrai qu'un peuple soit réellement heureux et florissant, parce qu il est fort par les armes et riche par l'industrie? Est-il vraiment heu= reux, quand l'ambition le dévore, lorsque la corruption le ronge au cœur, et quand les esprits y sont flottants à tout vent de doctrine? Non , non, l'histoire ne dément pas que la révolte permanente d'une société contre l'autorité visible et invisible de Jésus-Christ ait été