‹ Le catholicisme contemporainChapitre 22 sur 94 · LES COUYENTS, LE COMMUNISME · texte numérisé non relu

LES COUYENTS, LE COMMUNISME

nos jours en dehors de celte religion. Le bouddhisme a donné naissance à de véritables villes composées de religieux. C'était des hommes, quelquefois des femmes, d'une piété exaltée, renonçant non-seulement à toutes les joies clu monde, mais encore à toutes les occupations humaines ne se donnant pas mônae la peine de faire ce qu'il faut pour se procurer des aliments et s'en remettant d'ordinaire à la charité des fidèles. Les uns vivaient dans les villes, vêtus de haillons et ramassant au hasard leur nourriture; d'autres se retiraient dans la solitude pour s'y livrer à la méditation, à la prière, à des austérités souvent étranges, parfois voisines de la folie. Ceux-ci se tenaient dans des cavernes, ceux-là sur dés colonnes, d'autres sur des promontoires ou sur les sommets des montagnes, partout où ils espéraient échapper à la société des humains et au contact de la terre. Parmi les premiers chrétiens, plusieurs pratiquèrent à quelque degré l'ascétisme, soit par goût, soit pour donner l'exemple. SaintMathieu,dit-on, ne mangeaitpasde viande; saint Jacques vivait de pain et d'eau ; saint Pierre de lupins ; saint Paul s'abstenait de viande et de vin. Avant eux, Jean-Baptiste avait été un véritable ascète et avait vécu au désert, se nourrissant, dit-on, de sauterelles. Un peu d'ascétisme se mêlait assu-

rément à la vie ordinaire des premiers chrétiens; car c'était une conséquence presque inévitable de la communauté des biens, qu*ils pratiquaient et des principes d'abstinence auxquels ils étaient soumis. .

Plus tard, les ascètes ou moines qui s'éloignaient des villes commencèrent à se retirer dans certains lieux et à vivre les uns à côté des autres. Enfin ils s'associèrent et formèrent des communautés pieuses, dont plusieurs acquirent une grande renommée. Ce sont ces religieux, mettant en commun leur pauvreté, qui furent à proprement parler les cénobites; ce mot signifie gens vivant en communauté. Le troisième siècle en Orient et le quatrième en Occident virent se créer un grand nombre de ces sociétés, oti régnaient assurément les principes essentiels dû communisme, mais dans les conditions lès plus étranges et les plus imparfaites. L'ermite Paul, Antoine et sa sœur en Thébaïde, Pacôme à Tabenna en Palestine, Basile dans le Pont, puis Hilarion, Apollonius, Macaire, Jérôme et Paula, Alexandre et les Moines -sans-sommeil, Euthymios, Sabas et Théodore, remplirent l'Orient de communautés ascétiques depuis le milieu du troisième siècle jusqu'à la fin du cinquième. En Occident, elles ne parurent guère avant le mî-

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