LES COUVENTS, LE COMMUNISME
lieu du quatrième siècle. La première fut fondée par Eusèbe à Verceil, puis vinrent celles de Saint- Martin à Poitiers et à Marmoutiers, de Saint-Ambroise à Milan, de Saint-Augustin à Hippone, d'Honorat à Lérins et une foule d'autres, qui ne tardèrent pas à se produire à Timitation de celles de rOrient. C'est Athanase qui, en 341, avait ap« porté à Rome Tidée de ces institutions. Chez. les Grecs, elles étaient alors florissantes. Sur la montagne de Ni trie en Egypte il n'y avait pas eu moins de cinq mille religieux, dont huit seulement étaient prêtres ; tous les autres étaient laïques. Pacôme en avait vu sept mille se grouper autour de lui. Sérapion en avait eu dix mille sous ses ordres. Celait à la fois des villes et des armées.
Le rapprochement des moines donna naissance aux couvents. L'ascétisme se relâcha peu à peu. La morale devint moins sévère, et ces âmes ardentes, que le soin de se dompter soi-même n'occupait plus, sentirent se glisser en elles toutes les passions de la vie mondaine. Gomme ces sociétés, où tout était mis en commun, étaient partagées en sections et subdivisées à plusieurs degrés, l'ambition s'empara d'elles et chacun aspira à l'honneur de monter en grade. Le chef de dix voulut le devenir de cent ; les plus avancés briguèrent
la fonction supérieure d'abbé, d'higçumène ou d*archimandrile. De bonne heure on avait réservé aux ascètes une place d'honneur dans les réunions des fidèles, dans les offices et dans les délibérations; ils avaient été placés entre le clergé et le peuple, près du clergé à cause de la ferveur de leur foi, près du peuple, parce que la plupart d'entre eux n'étaient pas clercs. Mais quand il y eut de grandes associations de cénobites, les chefs devinrent 4es personnages importants, les religieux commencèrent à rivaliser avec le clergé. Déjà au cinquième siècle, ils obtenaient des fonctions cléricales et on les plaçait, non plus entre le clergé et le peuple, mais entre les prêtres et les diacres. Au. siècle suivant, ils furent déclarés clercs et égaux au clergé ; les abbés eurent le rang d'évêques, portèrent la crosse et siégèrent dans les conciles.
Il y eut donc en quelque sorte deux églises, l'une séculière, c'est-à-dire vivant dans le monde, accomplissant les cérémonies pour le peuple et ne conservant plus, pour représenter le communisme primitif, que le célibat des prêtres; l'autre réalisant en fait cette doctrine et non moins puissamment organisée que la première.
Il arriva dans les associations monacales ce qui