‹ Le catholicisme contemporainChapitre 6 sur 94 · LES SAUVEURS · texte numérisé non relu

LES SAUVEURS

qui eurent quelque durée et des institutions qui jetèrent quelquefois un grand éclat. Il y eut un temps où le monde gréco-asiatique fut rempli de sauveurs : ce fut comme une mode, qui s'étendit jusqu'aux limites où s'était arrêtée la conquête macédonienne. Nous possédons des monnaies à Veffigie d'un prince grec de l'Afghanistan, presque contemporain de Jésus- Christ, qui n'a pas même de nom dans l'histoire ; l'exergue le désigne simplement par ces mots : « Le grand roi des rois, sauveur *. » La pensée de demander le salut à un chef d'État n'avait pas moins cours à Rome que dans l'Orient : c'est ce que l'on peut constater dans Horace, dans Virgile; c'est aussi ce (jui explique cette espèce d'apothéose des empereurs, confirmée officiellement par le titre de divus qui leur était donné.

Mais on ne tarda pas à s'apercevoir que ces sau-

1. Dans r Afghanistan les rois grecs ou barbares eurent le titre de Juste ou celui de Sauveur, Le premier qui fût appelé « le juste » fut Hélioclès, en 147 avant J.-C. Le premier « sauveur » fut Ménandre, en 126 ; ce prince fut brûlé après sa mort et ses reliques, selon Plutarque, furent partagées entre les villes. Le dernier fut le roi scythe Kadphisës, postérieur à Tère chrétienne ; ses monnaies portent le taureau de Civa-mafaâdèva, et représentent te roi vêtu d'un paletot tartare avec le titre en grec de « grand sauveur » et de « roi des rois ». Voy. Wilâon, Coins, etc.

veurs humains ne procuraient point le salut et que leur pouvoir réparateur, comme nous disons aujourd'hui, ne réparait que des ruines. On peut toujours blanchir un sépulcre, mais on ne fait pas revivre le mort. C'est ce que démontrèrent pleinement, dans les royaumes grecs orientaux, l'impuissance morale de la dynastie des Séleucides et celle des Ptolémées, et la démoralisai ion croissante des Romains sous les premiers empereurs.

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