‹ Le catholicisme contemporainChapitre 73 sur 94 · RICHESSE DE L*ÉGLISE · texte numérisé non relu

RICHESSE DE L*ÉGLISE

œuvre commune, qui est de retenir les laïques sous « le joug » de la foi en le leur rendant léger et même agréable. Toutefois le clergé séculier n'obtient pas gratuitement le concours des ordres monastiques : il est forcé de les soutenir à son tour et d'éviter toute lutte avec quelqu'un d'entre eux. Nous avohs vu des prêtres distingués, ayant encore quelques idées d'indépendance, relégués dans des villages,oi!i ils sont restés jusqu'à leur mort, pour avoir résisté à des exigences de congrégation. Ainsi les ressources des communautés ne sont mises à la disposition du clergé séculier qu'en vertu d!une sorte d'échange, où celui-ci perd une portion de son autonomie.

A l'égard de l'État, les biens des communautés sont dans une situation meilleure.que ceux des particuliers et presque privilégiés. Leurs propriétés mobilières supportent, il est vrai, les mêmes im* pots, que l'État perçoit au moment où Ton en touche les revenus. Mais il n'en est pas de même des propriétés foncières. Le droit de mutation, qui frappe les particuliers, n'atteint pas les communautés: celles-ci étant immortelles, comme toutes les sociétés reconnues par la loi, jouissent du privilège qui s'attache à cette qualité. Il en résulte pour elles un bénéfice annuel considérable et pour le trésor public un égal préjudice. La somme que

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ce bénéfice représente va croissant d*année en année, à mesure que les propriétés communistes, prennent un plus grand développement ; or ce fait a lieu dans tous les états catholiques et dans toutes les contrées où des communautés religieuses sont établies.

Le privilège dont nous parlons ne constitue pas. des biens de mainmorte, comme quelques per* . sonnes se le figurent, puisque ces propriétés payent les autres impôts: c'est une simple immunité, que du reste la loi pourrait faire aisément disparaître, en établissant sur ces biens un droit de mutation à chaque changement de supérieur. Quand on songe que, dans un pays comme la France, il suffit d'un très-petit nombre d'années, pour que les droits de mutation, accrus de l'intérêt composé, équivalent à la valeur foncière de tout le pays, on comprend lechifTre que cette immunité représente ; et Ton en peut prendre quelque souci, quand on réfléchit que c'est une prime offerte, non à la religion, mais aux doctrines communistes, introduites en Occident par les apôtres et réalisées par les couvents. Cette prime est payée, en réalité, sans compter les protestants et les juifs, pap les catholiques laïques, qui, au fond, composent la véritable église Ces chrétiens ne sont pourtant point cpm-

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munistes ; car notre société a pour bases la propriété individuelle et la famille légalement issue du mariage. Ce n'est pas la moins curieuse des contradictions introduites par Téglise .romaine dans les sociétés latines; elle date du temps où Constantin abolit la loi Papia Poppéa et déchaîna sur rOccident deux fléaux, le monachisme et le célibat.

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