‹ Le catholicisme contemporainChapitre 72 sur 94 · RICHESSE DE L EGLISE · texte numérisé non relu

RICHESSE DE L EGLISE

Quoi qu'il en soit, les donations réitérées faites au clergé régulier ont mis entre ses mains des richesses immenses et qui s'accroissent chaque jour. Cet accroissement résulte de plusieurs causes faciles à apercevoir. La vie en commun réduit dans une proportion notable la dépense que chaque membre ferait s'il vivait isolé. Quand la fortune d'une communauté atteint un certain chiffre, le revenu dépasse la dépense, et si l'on y ajoute les recettes obtenues continuellement par les quêtes et les dons journaliers, on trouve en fin d*année un reliquat, que l'on place à bon intérêt. Nous voyons, dans tous les pays catholiques, les communautés d'hommes et de femMes agrandir leurs propriétés ou en acquérir de nouvelles dans les villes comme

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dans les campagnes : on dit qu'un tiers de la Belgique est entre leurs mains. Chacun voit cet accroissement et s'en étonne, quoique la plus superficielle observation des faits et un calcul élémentaire en fournissent l'explication.

L'industrie moderne et la création des sociétés par actions ont donné un nouvel essor à la fortune du clergé. Les actions au porteur et les obligations permettraient, même à des ordres supprimés et dont les immeubles seraient vendus par autorité do justice, de subsister clandestinement, comme les associations chrétiennes primitives; car ces titres sont anonymes et réalisables en tout pays. Les sociétés qui les émettent sont fondées sur lés principes les plus contraires au communisme; elles ont pour base de laissera chacun des associés non- seulement la propriété de sa mise, mais la plus grande facilité possible pour la retirer; il en touche personnellement les revenus; par conséquent les capitaux collectifs de ces compagnies sont une des formes de la ' propriété individuelle. Leur création a pourtant fourni aux associations communistes soumises à des règles soi-disant religieuses, un puissant moyen d'accroître leurs revenus*

Rien ne les empêche de créer elles-mêmes des

compagnies commerciales, industrielles ou financières, de même qu'elles peuvent s'introduire dans celles qui existent et les absorber en achetant les titres. Avec le temps, elles pourraient attirer à elles une grande partie de la fortune publique et la soumettre au régime communiste, qu'elles représentent. L'histoire du Paraguay fournit à cet égard une preuve et un avertissement.Ne voyons-nous pas aussi sous nos yeux des ordres monastiques, dont . les membres se soumettent à une vie de misère, et qui pourtant se livrent à des industries fort mondaines et fort lucratives ? Que devient le produit de ce commerce? Le public l'ignore; mais il est certain que cet argent ne sort pas de l'église et qu'il s'ajoute à-ses immenses ressources.

Les biens des congrégations leur appartiennent; les évoques ne peuvent ni les déposséder, ni leur imposer un tribut ; le pape lui-même n'a pas ce pouvoir. Mais en droit canon5lepâpe, maintenant surtout qu'il est infaillible, peut supprimer un établissement religieux ; il peut supprimer un ordre. Il en résulte que les congrégations ont intérêt à rester en bons termes avec l'administration ecclésiastique, et à lui rendre les services dont elle a besoin. Les religieux deviennent par là ses auxiliaires et ses « coopérateurs » ; ils travaillent avec elles à une

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