VI PRÉFACE
cas poar chacun de rentrer en soi-même^ et de se recueillir pour s'entendre dire des vérités qu'on a noéconnues ou qu'on met mal à propos en oubli, ou recevoir des reproches qui, tout mal fondés qu'ils puissent être, sont cependant des griefs qui couvent au fond de certaines âmes et qui demandent à être dissipés.
Nos dissidences ne sont que trop réelles. Mais si elles ne portent pas sur des points qui soient pour une société civile des questions de vie ou de mort, pourquoi en exagérer les conséquences et en faire des brandons de discorde capables d'allumer des guerres civiles? Ces dissidences prouvent seulement trois choses : une extrême différence dans nos préjugés de parti ou plutôt dans nos systèmes d'éducation ; — la nécessité de raisonner nos opinions, d'arriver à plus d'uniformité et de vérité dans l'instruction publique » et par conséquent de discuter, de ^chercher à nous convaincre les uns les autres, à nous comprendre tout au moins; — enfin la nécessité en tout cas de nous supporter jusqu'à ce que nous soyons plus près de nous entendre.
Les extrêmes, en fait de passions comme en fait de systèmes, engendrent les extrêmes ; ils sont dans la logique des sentiments comme dans celle des idées : on s'abandonne sans retenue à une prévention, et l'on se trouve ainsi aveuglé par Tesprit de parti ou de secte; on ne songe pas que les préventions das autres seront d'autant plus intraitables, qu'on se montrera soi-même plus excessif et plus passionné. On ne pourra plus, de part et d'autre, comprendre que soi-même, ceux de son parti "*i de sa secte ; on sera d'autant plus incapable d'intelli-