‹ Le catholicisme libéralChapitre 5 sur 24 · V Avenir, 16 février 1831, cité par Boutard, p · texte numérisé non relu

V Avenir, 16 février 1831, cité par Boutard, p

me gallican, qui dans toute la création ne connaît qu'un droit, celui de la souveraineté à ses yeux inamissible; qui adore premièrement le roi, et ensuite Dieu, à condition qu'il sera fidèlement soumis au roi, et qui naguère vendait à celui-ci, avec vos libertés religieuses, l'avenir de votre foi. Jusqu'au bout semblables à eux-mêmes; peu leur importe, aujourd'hui comme alors, d'attirer sur elle la haine publique en cherchant à la rendre complice en apparence de leurs extravagants desseins; et par là même vous pouvez juger du sort qu'ils lui feraient si le pouvoir revenait en leurs mains. Leur triomphe parmi nous serait la ruine dernière du Catholicisme. Séparez-vous donc à jamais d'eux; et, par ce qui vient de se passer, comprenez mieux encore que le salut commun, le salut de la religion et de la patrie dépend de l'union sincère des Français dans la Liberté. »

Lamennais emporté par la passion oublie toute mesure, son invective est d'une fausseté criante. Mais les injures qu'il accumule à plaisir, sont de celles que les hommes d'honneur pardonnent le plus difficilement. Il continue :

« Catholiques, souvenez-vous que vous êtes les enfants de cette Eglise immortelle, dont les destinées n'ont rien de commun avec les souverainetés du temps. Elle les voit naître, elle les voit mourir, sans être émue de ces vicissitudes de la terre. Seulement, elle pousse un cri de joie, lorsqu'un de ces coups qui partent d'en haut, brise soudain les fers sacrilèges dont l'avait

chargé quelqu'une de ces puissances d'orgueil, qui rêvent d'éternité à côté de la tombe prête h se refermer sur elles.

» Il y a quelque chose de plus précieux que la royauté, c'est la foi; il y a quelque chose de plus grand qu'un Bourbon, c'est Dieu. Rompez donc, rompez pour toujours avec les hommes, dont l'incorrigible aveuglement met en péril cette religion sainte, qui sacrifient leur Dieu à leur roi, et qui, s'ils prévalaient, dégraderaient vos autels jusqu'à ne plus être qu'un troue ». (1)

Lamennais, en écrivant ces lignes, pose un acte de déclaration de guerre aux Légitimistes. Ils relevèrent ce défi. Qui donc oserait les en blâmer?

Pendant ce temps, Lamennais fait des avances aux Libéraux. La Liberté le passionne, au point que le Libéralisme a bientôt toutes ses sympathies. Il s'abandonne à ce sentiment avec la logique inflexible de son caractère. Aucune de ses conséquences ne l'effraie. Les difficultés ne font qu'exciter son audace, et les critiques de ses adversaires le stimulent à l'action. Il ira donc jusqu'au bout.

On tremble devant le Libéralisme; eh bien! catholicisez-le, commence-t-il par déclarer. Et il ajoute bientôt : Pour catholiciser le Libéralisme, libéralisez le Catholicisme. C'était de trop, avoue son dernier historien (2).

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