INTRODUCTION VII
émancipés trouveront une base d'entente avec les catholiques sincères et suffisamment intelligents.
J'espère même que ce travail pourra réagir sur le grand nombre de femmes chrétiennes, que n'a pas trop altérées un fanatisme devenu exceptionnel. Beaucoup d'entre elles sont certainement assez intelligentes pour comprendre la haute utilité d'une appréciation historique qui met en pleine lumière, en même temps que l'importance capitale d'une culture systématique du sentiment, le rôle essentiel qui^ sous ce rapport, incombe naturellement aux femmes, indépendamment de toute croyance particulière,' Elles compromettent ce rôle en le liant trop étroitement aux rites du culte catholique; car la dédaigneuse tolérance des émancipés à l'égard de leurs pratiques cultuelles les place vis-à-vis d'eux dans une situation d'infériorité mentale qui nuit à leur légitime influence comme mères, comme épouses, comme filles et comme amies. Il y a là, certainement, pour elles un effort intellectuel nécessaire, dont mon appréciation positive du Catholicisme peut être l'occasion et le point de départ. Outre le sentiment d'un devoir rempli, elles trouveront à cet effort une heureuse compensation, car elles acquerront ainsi plus de considération et, par suite, une meilleure influence. Si la situation persistait, il finirait par y avoir au fond deux mondes, celui des femmes et celui des hommes ; les femmes étant regardées comme irrévocablement incapables de s'élever à une morale vraiment positive. Beaucoup d'esprits accepteraient la célèbre formule de Lagrange : « Le cerveau de la femme est une éponge à préjugés », formule un peu exagérée et qui a l'inconvénient de ne pas faire assez la part des préjugés dans l'organisation morale de notre espèce; car, au fond, tous les principes de la vie pratique doivent devenir des préjugés, pourvu qu'ils soient susceptibles d'une démonstration, qu'il est bon de donner dans l'enseignement.
Ce défaut d'entente entre les deux sexes, s'il devait persister et s'accroître, serait profondément désastreux pour les intérêts de la civilisation finale de notre espèce. Le Positivisme seul, je le crois, peut réaliser l'indispensable union des deux sexes pour la solution du problème de l'organisation morale,