VI INTRODUCTION
tivisme seul est en état d'accomplir une telle appréciation, qui montrera la suprématie de la science élevée enfin à l'état de religion; car on n'est définitivement jugé que par ses supérieurs. Quant à l'état purement critique, s'il a pu convenir pendant la lutte, il n'est plus, maintenant que celte lutte est, au fond, terminée, qu'un état arriéré et perturbateur, fort au-dessous des nécessités de la situation actuelle.
Le Catholicisme, obligé de renoncer, depuis l'avènement de la République, à l'appui de l'Etat qu'avait organisé le héros rétrograde de Sainte-Hélène — ce héros de l'avortement et de l'illusion puérile, — le Catholicisme, dis-je, gagnera en dignité et même, dans une certaine mesure, en efficacité, malgré la perte de ses prérogatives officielles, dès quïl cessera d'être considéré comme un instrumentum regni. Ce résultat, on peut le dire, est désormais tout à fait obtenu, car un chef quelconque n'oserait plus maintenant invoquer ni le Dieu juif, ni le Dieu chrétien, ni le Dieu indéterminé de nos déistes, dans aucune cérémonie officielle. Ces croyances sont exclusivement du domaine de la conscience, domaine qui n'est pas même privé, mais simplement personnel.
Le Positivisme, comme le verra le lecteur attentif, offre au Catholicisme, sous la présidence positiviste^ un rôle éminent et considérable encore, comme présentant le type, élaboré par tant de siècles, d'un culte et d'une culture morale systématiques. La solution positiviste peut, en outre, offrir une direction à l'activité des esprits ardents du monde catholique, en évitant pour beaucoup d'entre eux la déviation anarchique, toujours virtuellement contenue dans leurs déclamations fâcheuses contre la richesse et le savoir, double base de toute civilisation. Ces déviations, dont on pourrait trouver tant de types dans l'Evangile même, ont été jusqu'ici empêchées par l'action constante du sacerdoce romain qui a corrigé les abus de la doctrine, en réduisant ces déclamations à n'être qu'une excitation affective, leur faisant ainsi perdre toute dangereuse acuité.
Je crois donc que la publication do mon travail a une utilité politique actuelle, outre son utilité historique. J'espère ainsi constituer un terrain commun où les esprits actifs et