‹ Le cauchemar de son proprietaire: vaudeville en un acteChapitre 27 sur 46 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

LAVENAZE , /jms DESTOUJAC, cnsw/ie, à la fin, THÉKÈSE.

LAVENAZE, SCUl.

Parce qu'il y a vingt ans que celte femme est ici, il faut que je subisse toutes ses humeurs!.. J'ai dix fois commencé la lecture de celle lettre... je n'ai jamais pu en venir h bout. (// va s asseoir

LES COMPATRIOTES

à son bureau et lit.) « Mon cher Monsieur, nous « avons reçu voire dernière, en date du 7 cou- « rant ; nous avons sur-le-champ expédié... » (On frappe doucement à la porte du fond.) Qui est là?.. Est-ce loi, Thérèsou?..

DKSTOUJAC, entr' ouvrant la porte , passant sa tête^ et d'une petite voix douce (1).

Eh! non, ce n'est point Thérèsou!,.

Qui donc, alors?

DESTOUJAC.

Eh! parbleu! c'est moi!

LAVENAZE

DESTOUJAc!.. (^ parf.) J'aurais dû m'en douter!.. (/ictMi.) Entrez, voyons, ne restez pas à la porîe.

DESTOUJAC.

Dois-je le faire?

LAVENAZE

Fermez la porte!., vous me laissez entre deux airs!.. C'est à n'y pas tenir!

{Destoujac se glisse dans la chambre, referme

la porte, et s'assied sur la première chaise

qu'il rencontre près de la porte.)

DESTOUJAC.

Adieu, mon bon!

LAVENAZE

Voire serviteur!

DESTOUJAC

Je crains que vous ne soyez occupé.

LAVENAZE

Oui, en effet, je ne sais où donner de la tête.. . vous perniettez?..

(// reprend la lecture de sa lettre.)

DESTOUJAC.

Ne vous dérangez pas... je sais mieux que personne combien vos instants sont précieux,., aussi ne poserai-je ici qu'un moment... Et cette petite santé ?

LAVENAZE, Usunt toujours.

Très-bien... et la vôtre?..

DESTOUJAC

Je uiC porte à ravir, Dieu merci!., un tempérament de fer... (// se lève et va s'asseoir à droite sur une chaise contre le mur (2). Je n'avais, cher ami, d'autre but, en venant vous voir, que celui de m'informer de l'état de votre santé, qui^ du reste, me paraît parfait.

LAVENAZE

Vous êtes bien bon!

(// ouvre une seconde lettre.)

DESTOUJAC

Mais vous êtes occupé... je préfère revo'Mr.., je reviendrai... (Il se lève et fait quelques pas du côté opposé à Lavenazn (3). Je ne hais rien tant au

monde que ces gens qui vous viennent prendre d'assaut, s'installent chez vous des heures entières et vous accaparent à tout jamais... Comme je ne veux pas être rangé dans celte catégorie, mon bon, je vous quitte...

(// remonte.)

LAVENAZE

Au plaisir!

DESTOUJAC, revenant.

Pardon, je vous vois parcourir une correspondance... ne serait-ce point, par hasard, une lettre de la sœur?..

LAVENAZE

Précisément.

DESTOUJAC

Elle se porte bien?

LAVENAZE

Très bien!..

DESTOUJAC

Tant mieux! charmante femme!., tantmieux!.. Quel ange!., quelle égalité de caractère!., c'est chez elle que je puis dire avoir passé mes plus belles années!., cette chère sœur!.,, combien je la vénère!.. Bonne épouse! bonne amie! indulgente! sincère! dévouée!., le cœur sur la main! L\\EN\ZE, impatie7ité.

Voulez-vous un journal?

{Il se met à écrire.)

DESTOUJAC

Je VOUS rends grâce... je les ai parcourus ce matin... ils ne disent rien!.. Je vais donc vous quitter... vous laisser à vos occupations,.. Adieu, mon bon... (// remonte, puis redescend à droite et s assied à une distance plus rapprochée de Lavenaze{\). J'avais pourtant un conseil à vous demander.

LAVENAZE, à part.

Il n'en finira pas!

DESTOUJAC

Mtiis j'avoue que vous voyant tellement occupé, je n'ose aborder la question.

LAVENAZE

Voyons, qu'est-ce que c'est?..

DESTOUJAC, sans bouger.

Toute réflexion faite^ je reviendrai... laissezmoi partir...

LAVENAZE

Depuis que vous êtes ici,, vous auriez pu me conter dix fois votre affaire... mais, puisque vous voulez vous en aller, bonjour!

DESTOUJAC, rapprochant ioutà-fait sa chaise de Lavenaze.

Au surplus, ce ne sera pas long.

LAVENAZE, à part, avec colère.

Ah!..

DESTOUJAC

J'ai besoin, mon bon, dans l'affaire qui m'a- (1; L. D.

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