MADRIGAL A IRIS
Que Ion souris est doux ! »1 transporte chac . . . . i^ S'il était des cœurs froids tu triompherais 2-
Jadis pour loi les Grecs auraient embrasé 3.
ïu me plais sans effort et sans le œellre en 4"
554 LECAUSEUR.
Que ta rivale Iremble ! Oui , je lui donne en ... 5 ,
Jamais elle n'aura sur le cœ»jr de Tir 6
Un empire aussi fort! — Gardez-donc le ta ... ■j, Vous toutes qui voulez pendant mil huit cent .... 8,
Ravir à ma maîtresse un conir fidèle et 9,
Tel qu'on n'en trouve plus deChaumonl à Ca. . . lo-
L'aimable Cupidon , ce joli quinze a«».
Que proscrivit , dit-on , le concile de 3o,
Doitàjamais régner sur nous, surnos cinq .... 100; Par lui s'augmentera notre heureuse fa .... 1000: D'enfans beaux comme toi je veux un . 1,000,000.
Dans cette versification , dans ces rimes numériques, on reconnaît bien le cacliet poe'tique d'un percepteur.
Conseils aux dames. — jMademoiselle Gre'ponette , artiste en modes , donne aux femmes des conseils dont il est de la plus haute importance qu'elles fissent leur profit , parce qu'ils sont dicte's par la maîtresse même qui préside aux toilettes : « Une femme passet-elle la soirée avec son mari , dit-
tE CAUSEUR. 555
elle , quelque riche que soit sa coîlfure , il faut qu'il y règne un ton de simplicité , de bonhomie et de laisser aller. Va-t-elle au spectacle , au bal ? il faut que le bonnet , placé en arrière^ laisse ressortir les yeux et jouer la physionomie. Va-t-clle visiter une amie ? il faut que la coiffure soit riche et sévère , et que le bonnet tourné en diadème , donne de la majesté à la figure^ et fasse dire à l'amie qu'elle honore de sa visite : cette femme a l'air d'une reine , il y a autant de distance d'elle à moi , que de ma marchande de modes à son artiste.... » Mademoiselle Créponette ajoute que celles qui entendent bien leurs intérêts doivent mettre la plus scrupuleuse attention à ne se jamais placer^ dans les cercle,s qu'auprès de la femme dont la robe et le chapeau so. t d'une couleur qui peut faire ressortir celle de leur parure : ainsi cette -femme sera pour elles comme l'ombre au tableau.
Faire geihe defouarc à Dieu. — C'est laisser pour la dîme ce qu'il y a de plus mauvais.
Fbuaj'eesi un vieux mot qui vient de fodenim ^ et] signifie de la paille. En Picardie , on appelle feure une botle d'avoine , battue et dépouillée de ses grains.
L'université de Paris avait autrefois ses écoles des deux côtés de la rue dite de foiinie y à cause de la grande consommation que les écoliers faisaient de la paille , sur laquelle ils étaient assis dans les classes. Anciennement il n'j avait aussi ni bancs , ni chaises dans les églises j on les jonchait de paille fraîche et d'herbes odoriférantes, surtout à la messe de minuit et aux autres grandes fêtes.. Au lieu de s'asseoir pendant l'ollice divin, on restait debout ou à genoux, comme cela se pratique en Russie. Notre clergé a retenu une ombre de cet usage , en se logeant dans des stalles où les ecclésiastiques s'appuyent sur des saillies , espèces de sièges qu'on lève et baisse à volonté , et qu'on nomme miséricordes ;
LE CAUSEUR. SSy
comme pour rappeler qu'ils n'ont été accordés que par grâce, et que sans eux on serait toujours debout. Mais la réalité de l'usage est strictement observée par les enfans de cliœur. Ces pauvres cnfans, en laveur de qui l'âge semble réclamer ie siège de rniséricoule , restent sans miséricorde , droits comme des piquets tant que dure l'oflice.
Boire à iire-la-rigoi. — C'est-à-dire, boire beaucoup et à longs traits . Trévoux rapporte six étymologies de cette expression. En voici deux : la seconde cloche de la cathédrale de Rouen se nomme la Rigault du nom du prélat qui l'a donnée : comme les sonneurs ont beaucoup de peine à la mettre en volée , on dit qu'après ce travail ils vont boire en tiré la Rigault. D'autres prétendent que ce mot vient des Gotlis , qui ajant tué leur chef Alaric , et mis sa tête au bout d'une pique , buvaient par dérision à sa sauté , en disant ; ^4 il Alaric Goth ,
d'où Ton a dil par corruption à tlre-la-
Larigot est un vieux mot qui signifie une espèce de flûte cliampétre.Les Allemands nomment fliitesles verres longs et étroits dans lesquels ils boivent , d'où nous est venue l'expression de flûicr , jouer de la llùtc , pour dire boire. C'est peut être à l'instar de ces flûtes allemandes que les paysans auront donne' le nom de larigot à" de grands gobelets. Ménage va chercker ce mot bien plus loin , car il le tire de fislula^ ^'oici la généalogie qu'il en donne Flstula, jisiularls . fistularius , jistularicus ; lancus, lancofus ^ larigot. Le père Bouliours a tourné cette étjmologie en ridicule , et il a bien fait.
Représenter les armes de Bourges.
— On dit en plaisantant d'un ignorant assis dans un fauteuil, qu'// représente les armes de Bourges , parce que les armes de Bourges présentent , dit-on , un a ne dans une chaise. Voltaire parlant
(Vun ouvrasjc d'un conseiller de celle \ille , qu'il n'estimail pas , dit qu'il était tics-di^ne des armes de Bourges.
A oiei comment on a explique l'origine de ce proverbe. César s'etant rendu maître de Bourges, y établit gouverneur un ofTicier romain , nommé ylsînius PolUo. La ville fut ensuite assiégée par les Gaulois, tandis que le gouverneur était malade. Gomme la place était sur le point d'être prise , Asimus se lit porter en chaise , pour animer ses troupes par sa présence. Bientôt le bruit se répandit pamii les Romains , c^vC Asimus allait se montrer et qu'on le portait en chaise ; ils reprirent courage et battirent les Gaulois. Dans la suite, de ces mots Aslniiis in caiherâ, on a fait Asinus in cathedra , un âne dans une chaise. En oubliant le second zla mémoire du vrai sens s'effaça insensiblement de l'esprit de la postérité , avec la mémoire du trait historique, et le préjugé d'un âne dans une chaise restera toujours.
Z6o X E CAUSEUR.
Un âne dansunfauieiiil , s'est pourtant vu en Italie dans le 4* siècle de notre ère. Sous l'empire de A alentinien, un boulanger de Rome , nomme' Téreniiiis devint gouverneur de la Toscane, quoique ses lumières ne s'étendissent point au-delà de son fourni. Quelques jours avant qu'il arrivât dans son gouvernement , un âne était monté , en présence de tout le peuple sur le tribunal , dans la ville de Pistoie , et s'y était mis à braire de toutes ses forces. Cette singulière prise de possession donna lieu à bien des plaisanteries , et cliacun se la rappela comme l'annonce du magistrat futur , lorsqu'on vit Térentius assis sur ie même tribunaj.
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