LE C A IT S E U R
coclioii tout rôti. Le maître d'hotol conl'us , se liàta de faire tuer le cochon noir, qui remplaça sur la table le cocliou blanc. Le hasard ve'rifia ainsi la prédiction de Nostradamus qui acquit par lîi plus d'autorité sur le vulgaire. Si cette histoire n'est pas une fable , il se peut que le rusé devin ait préparé l'événement ,• car s'il s'est joué du crédule Henri n , de Catherine de Médicis et de Charles ix , il a bien pu mystifier un leigneur deFains.
L'agriculture moderne. — Un malin critique s'est égajé sur l'agriculture moderne , dans un dialogue dont voici \à. substance. « L'agriculture moderne , dit-il, est l'art de cultiver la terre avec une plume , de l'encre et du papier. Il est inutile d'avoir un domaine pour être bon agriculteur ; il sufllt d'avoir une petite chambre garnie à un quatrième étage ou à l'entresoP, dans une rue ou un carrefour de Paris. La campagne est
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bonne pour les laboureurs, pour les pionniers attacbés aux vieilles routines; mais les gens de lettres qui exercent l'ai^riculture tiauscendante n'oiît pas besoin de sortir des barrières des grandes villes , d'où ils fécondent les champs le mieux du monde , etfonttout pousser et végéter à merveille , sans quitter le coin de leur cheminée et moyennant de simples discours champêtres et poétiques qu'ils écrivent le matin , en pantoufles et en robes de chambre. Il y gt environ six cents sociétés d'agriculture en France. Elles sont particulièrement occupées à faire de l'esprit sur la végétation, à épier la nature, à la prendre sur le fait autour d'un tapis de drap vert, et à la redresser avec art quand elle s'avise de faire germer quelques graines sans leur permission et contre les véritables principes de l'agriculture. Les laboureurs en sont exclus de droit, à cause de leurs anciens préjugés. Mais , outre les gens de lettres , on admet avec beaucoup de succès les avocats,
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les procurours, les médecins , 1er, apothicaires, les géomètres, les astronomes, les musiciens et les arcliitectes. Les deux plus savans membres des sociétés d'ap^ricultnre , sont un iijentilliomme anijlais, et un apotliicaire de l^aris , qui ont inventé des soupes composées de racines et de vieux os , au moyen desquelles on peut se passer de blé , de froment et de pain, etc., etc. » Malgré ces traits dont quelques - uns peuvent frapper Juste, parmi les hommes éclairés qui se sont occupés de l'agriculture , on ne peut nier que plusieurs n'aient rendu des ser- \ices essentiels à la société.
Receftc contre l amour. — Voulezvous guérir des tourmens d'un amour malheureux ? lisez la plaisante recette que vous donne Rabbin Jchuza-Charèse , dans le 48"^ chapitre d'un ouvrage intitulé Tahkémoni.
« Prenez, dit- il , un bouquet d'herbes trespérance^ absinthe d'amour et de
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désirs, ])lantes odorantes d'espoir, lige de supplications et de prières , herbes de soupirs et d'afiîiction. Ajoutez -y fruits d'isolement et de solitude, rameaux de dépit et d'agitation , fleurs de vertige et d'irrésolu lion, fruits d'anxiété, racines de vives douleurs , feuillage d'ennui et de soucis , folioles d'amour passionné , lierbages d'angoisses , plantes de cris lamentables. Pilez tout cela dans un mortier de chagrins afï'reux ,• verse* dessus une mesure d'eau de larmes puisées à la fontaine du cœur ; Jetez ce méf lange dans du jus de tourmens cruels et de peines déchirantes • et mettez-le tout dans un pot d'agitation tumultueuse.
Faites-le bouillir à un feu de charbons enflammés d'un amour brûlant. Quand cet onguent sera fait, conservez-le dans un vase de longueur de temps, pour ep faire usage pendant plusieurs années. »
Toutes ces aimables pointes d'esprit ne sont-elles pas un joh cadeau à fairç à nos chansonniers ?
L E C A U s E U n. 5'Sî
Tous les bourgeois de Chmlres. — Ce titnbro d'nn ancien Noël, a une origine sini^ulicrc et peu coiniiic.
Philinpe v allant, en 1707 , prendre possession de son royaume , cl passant par IMonllhe'ry , le cure' du lien se présenta à lui à la tête de ses paroissiens, et lui dit : « Sire, les longues harangues sont incommodes et les harangueurs ennuyeux • ainsi Je me contenterai de vous chanter:
Tous les bourgeois de Charlrc et ceux de Monlihéry y Mènent fort grande joie en vous Toyaiit ici. Petits-fils de Louis que Dieu vous accompagne , Et qu'un prince si bon ,
Don , don , Cent aos et par de là ,
La , la , Règne dedans TEspagne.
Le monarque enchanté du zèle chanjBonnierdu pasteur, lui dit : bis. Celui-ci obéit, et répéta son couplet avec encore plus de gaîté. Le Roi lui fit donner en sa présence dix louis ^ le curé; les ayant
reçus , (lit au prince : bis, Sire ; et le Roi, trouvant le mot plaisant, ordonna qu'an doublât la sonune.
Justice singulière. — i" septembre
lygi. Supplice à Hawa en Poloj^ne ;
d'une poupée ! les cnfans d'une veuve luthérienne pendirent au col de cette poupée, nne image de la vierge, rpi'un moine leur avait donnée. Le sacrilège fut prouvé , la veuve fut arrêtée et condamnée à perdre la vie. Le jugement fut néanmoins suspendu ; mais les juges pour^ppaiser le peuple et satisfaire à la loi , firent brûler la poupée par la main d'U bourreau.
Dans le même mois^ quelques jours après , une pareille histoire arriva à Miranda de l'Elbe en Espagne , et l'on conviendra que ces deux décisions , rendues à la fin du dix-iiuitième siècle, semblaient nous reporter au temps des Croisades.
Ce dernier jugement condamne à pé-
rirau milieu des flammes, comme atteints et convaincus d'iiérésics et de blasphèmes j un perroquet et un singe
appartenant à un Français, le perroquet pour avoir crié : nu feu le bief, Margot ! et le sins^ii, parce qu'il sernblnit applaudir ^ivv ses sauts et ses gambades. Ils furent ])rûle's en place publique à la grande e'dification des Espagnols. On avait renfermé les deux criminels dans une cage de fer, sur lac[uelle étaient deux écriteaux. L'un portait :Blasphéinafcur, impie saciilège , frailre à Dieu et à JSi. S. P. lepape ; et l'autre : Complice de saciilège par gestes , signes et autres preuçes non équivoques de complicités
T^ers numériques. — Un percepteur champenois a composé les vers suivans: