‹ Le cavalier servant, ou, Les moeurs italiennesChapitre 5 sur 16 · A.NG10L · texte numérisé non relu

A.NG10L

Une seule volonté ! bien vrai ?

ADOLPHE

Sans doute. Soldat à seize ans, j'ai couru tant de pays, que maintenant, mon seul goût c'est le charme d'une vie d'inlérieur. Nous vois-tu tout entiers l'un cU'aulre,moi te conduisant partout, ou bien restant seul ici près de toi , dans un tête-àtêle perpétuel? Me l'accorderez-vous, Madame?

ANGIOLA

Tout coque lu voudras. . . Tu es si boa! Rcspccler jusf^u'à

mes idées nationales, aux habitudes de mon éducation. Aussi je suis heureuse !

▲DOLPHB..

Tu vois donc bien ?.. Dans les commencemens , ta tante , et même toi, parce que je suis Français, vous aviez l'air de vous défier de mes principes. . . Si j'en ai assez pour faire ton bonheur.

ANGIOLi.

C*est déjà quelque chose; et pour le reste, avec le temps, je te convertirai.

IDOLPHE, riant.

Ma foi, elle en est bien capable... surtout, si pour prix de chacun de mes progrès...

Il veut lui prendre la taille.

Air : Depuis long-temps , j'aimais Adèle.

AHGIOLà.

Qu'osez- VOUS dire t

ADOLPHE

Oh ! c'est très- exemplaire.

A ce prix-là , je céderai toujours.

Au paradis, si j'arrive ma chère , C'est par la route des amours; Le ciel, il faut le reconnaître , Est bien malin ; car c'est , je croi , Pour tâcher de me prendre en traître.

Qu'il met nn ange auprès de moi.

Pour me séduire, il a su mettre un ange auprès de moi.

// lui prend la taille.

ANGIOLA^ avec une sévérité badine.

Mauvais sujet... [U embrassant.) Va, je l'aime.

SCEIVE VII,

ADOLPHE, ANGIOLA, CIGOLO, un Domestique.

filGOLO, pendant qu'un domestique apporte une toilette, qu*il place

d droite.

Pardon, Signera... J'ai été un peu long... mais l'ordre que j'ai mis dans cette toilette...

ADOLPHE, s' éloignant an peu d'Àngiola.

Ah 1 tu vas te faire coiffer ?

CIGOLO, d part.

C'est le mari. .. {Saluant ) Monsieur le Comte, j'ai bien l'honneur. . .

ADOLPHE, rl'tlP ton IcstC.

ïtonjour, mon cher.

ID

ANGiOLA, tt Adolphe.

Mon ami, je te présente Monsieur.

ADOLPHE) bas, à Angiola.

Comment? est-ce qu'en Italie on présente son coiffeur?

ANGIOLA, bas.

Chut donc, ce n'est pas mon coiffeur, (haut.) Moiïéîcuf est mon cavalier servant.

ADOLPHE

Hein?

ciGOLO, avec un nouveau salut.

Et comme tel, entièrement à la dévotion de Madame la Comtesse. .lonrj

ADOLPHE, rendant le salut.

Bien reconnaissant, (à paH , pendant qu'Angiola s'assied devant latoiiette. *) Un cavalier servant!.. J'ai un souvenir vague d'avoir lu ou entendu citer cet usage-là quelque part.

CIGOLO, à AngiolUi - rnii^i { :^ . .. .;\

Permettez, Signora... ce crochet-là n'est pas de bonne compagnie : il serait censuré à la promenade.

ADOLPHE, se rapprochant '^ Ah! à propos de promenade, dis donc, Angiola, si je t'en proposais une ce matin. ...

ciGOLO, à part. /^ ^"^^ •

''Xh ça, de quoi se mele-t-il, le mari ?'^""7,'''/"

ANGIOLA

Justement, mon ami. Monsieur me parlait d'aller au Corsa.

„ . . , , . . ADOLPHE. ,^^ ,.^ ,JlI»ifUlO*i

Soil, je ty conduirai.

CIGOLO.

Monsieur le Comte m'excusera.... mais c'est avec moi seul que la Signora doit y paraître.

ADOLPHE, à part. ■ '»«'^' nom ,bi6J êofS Par exemple!.. î> *^ .«fiiJelqêdl Jni;7fi eiiovab

ANGIOLA

Quoi, sans mon mari !.. -

CIGOLO. ^■^*-

Il faut ça : l'usage le veut.

ADOLPHE, d part.

Au diable l'usage... Après tout, en plein jour... (haut,) Du moins, ma chère amie, toi qui n'as jamais vu le spectacle , serais-tu bien aise d'y aller ce soir...

(*) Adolphe, Cigolo, Angiola, assise à la toilette.

ciGOLO, (/" part.'} Encore!,. Est-ce que ça le regarde?

Ah oui! à l'Opéra... je m'en fais une fête.

ADOLPHE

Et moi une d'y être avec toi. itjiir>

CIGOLO, à part.

C'est indécent. (Aaat.) Monsieur viendra nous faire visite

dans notre loge?

,, A . . ujx ADOLPHE.

Plaît-il, Monsieur? que dites-vous donc ?.. j

CIGOLO. . "-

Je dis que c'est moi qui dois encore conduire. . -ib \yViia^"?. rt\ ADOLfBE 3 impatienté, à part. ,100001 Ah ça! c'est trop fort.

ANGIOLA

Quoi? si j'allais au braâ démon mari...

-moo ynaod oh 3i,a J^o'n / cigolo. ,x<)jjf«ctn'»4

Ça ferait scandale. ain^cq

ANGIOLA, se levant, et passant entre les deux.

«Scandale !.. Ah, mon ami, voilà justement ce que ma tante m'a recommandé d'éviter le plus. Elle m'avait bicii-dit au'.i Florence, les anciennes coutumes étaient autant de lois. Ah T Monsieur, que je vous remercie de nous prévenir!.. G'cçt que ni mon mari ni moi ne nous en doutions, et nous nous serions montrés ensemble bien innocemment, sans croire mal faire.

ADOLPHE. . •• 'l-l''

Pourtant, ma chère, écoute donc. . . o

i::;>noo y 3 OJ .JlOC CIGOLO, tirant sa montre.

La Signora n'a plus qu'une demi-heure. ^j .,i,5^i;tnol/t

ANGIOLA.- , i;| m,;|

Plus tard, mon ami , tu sais que Monsieur m'attend ; cl les devoirs avant les plaisirs. Je cours passer une robe. .: )/ , ir/J CIGOLO, lui présentant la main.

Signora. . . .,oru ^aM ^iouijf

ADOLPHE, d pari

Par exemple... est-ce qu'il veut encore? . Ah! . . QOA.4I il s'arrête à la porte. C'est fort heureux.

ciGOLO, de la porte, d Angiola, qui est entrée i.\^\iy „^

Non, Signora , pour le matin, cette robe de mousseline, avec un chapeau (h; paille, c'est le négligé obligé. . . Ah !... et le bouquet au côté... J'en ai mis un moi-même dnn> voire boudoir.

^7 ANCiOLA) dans l'appartement , sans être vue. C'est eharmant. Vous pensez à tout.

cicoLO, ti(i baisant la main.

Il faut ça.

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