ADOLPHE, GIGOLO
ADOLPHE, à part, 11 lui baise la main !.. Ah! je n'y tiens plus... et je vais...
ciGOLO, sortant de l'appartement.
A présent, occupot-s-nous (lu chocoiat.
ADOLPHE, / arrêtant.
Un mot, Monsieur.
CIGOLO.
Pardon. . . c'est pour la Siguora. . .
ADOLPHE, l'arrêtant encore.
Il me semble que vous vous êtes déjà donné beaucoijp tro^: de peine pour elle.
CIGOLO, d part.
Le mari est enchanté de moi, j'en étais sûr.
ADOLPHE. .^j^^jf5 „;, \
Est-ce que vous avez intention de continuer long-temps sur ce pied-là?
CIGOLO.
Toujours, Monsieur. . . Et plus tard, vous verrez encore bien autre chose.
ADOLPHE, à part.
Ça promet.
CIGOLO.
Il faut ça. Surtout, quand on a un nom célèbre, quand on s'appelle Gigolo Pazzi.
ADOLPHE
Pazzi !.. comment? seriez-vous issu de ces nobles Pazzi qui moururent, il y a trois siècles, pour ^indépendance de leurpa- ^''•^^ .r>aiaiot a,
CIGOLO.
Oui, oui. . . j'ai entendu parlej^dc quelque chose comme ça dans ma famille. Nous sommes tpus uiorts pour Id ^^atrie. «c»
ADOLPHE
En vérité, de tels ancêtres seraient bien étonnés s'ils pouvaient voir ce que vous faites maintenant.
(') Pendant le conimeuccnicnl de celle scène j le flonuslique rentre, et remporte la toilette.
CIGOLO.
Pas vrai?., c'est ce que je me dis quelquefois. Ça les flatterait de voir en moi lani de goût, de lact et d'élégance, eux qui ne connaissaient que la force brutale, et n'avaient d'autre mérite que de recevoir des coups d'épée.
ADOLPHE
Permettez, Monsieur. . . Les coups d'épée, je suis de ceux qui en reçoivent, et de plus qui en donnent, et je vais m'expliquer avec la franchise d'un militaire. Quand il y aura bal ou concert à mon élat-raajor, le descendant des Pazzi recevra de moi une invitation. Mais les autres jours, son assiduité me déplaît.
CIGOLO^ surpris.
Hem? commeDt?
ADOLPHE
Je vous répète que. . .
CIGOLO.
J'ai parfaitement entendu.
ADOLPHE
Et qu'avez-vous à répondre ?
CIGOLO.
Que, dès que vous en aurez pris l'habitude, ça vous plaira.
ADOLPHE
J'en doute.
CIGOLO.
J*en réponds.
ADOLPHE
Je VOUS assure que non.
CIGOLO.
J'ose VOUS assurer que sr. . .
ADOLPHE, impatienté.
Ah ça!..
CIGOLO.
Vous-mômes, en France, n'avcz-vou? pas ce que vous appelez les a.Tiis de la maison? Absolument les mêmes fonctions que les nôtres. . . et c'est si commode pour un mari. Grfice à non» il jouit de son temps, de sa liberté. Il ne s'aperçoit pas qu'il ait une femme.
ADOLPHE
Moi, je suis bien aise de m'en apercevoir. . . El c'est pouc cela que je vous inviterai, sans façon, à sortir de chez moi.
CIGOLO.
Sortir!., impossible, Monsieur.
ADOLPHE
Choisissez, parla porte ou parla fenCtre
CICOLO.
Parla lenî^lre!.. Qu'esl-cc que c'est que celle i)lai8anlerielà? Ça n'a pas d'exemple.
ADOLPHE
Ça en aura un.