‹ Le cavalier servant, ou, Les moeurs italiennesChapitre 6 sur 16 · ADOLPHE, GIGOLO · texte numérisé non relu

ADOLPHE, GIGOLO

ADOLPHE, à part, 11 lui baise la main !.. Ah! je n'y tiens plus... et je vais...

ciGOLO, sortant de l'appartement.

A présent, occupot-s-nous (lu chocoiat.

ADOLPHE, / arrêtant.

Un mot, Monsieur.

CIGOLO.

Pardon. . . c'est pour la Siguora. . .

ADOLPHE, l'arrêtant encore.

Il me semble que vous vous êtes déjà donné beaucoijp tro^: de peine pour elle.

CIGOLO, d part.

Le mari est enchanté de moi, j'en étais sûr.

ADOLPHE. .^j^^jf5 „;, \

Est-ce que vous avez intention de continuer long-temps sur ce pied-là?

CIGOLO.

Toujours, Monsieur. . . Et plus tard, vous verrez encore bien autre chose.

ADOLPHE, à part.

Ça promet.

CIGOLO.

Il faut ça. Surtout, quand on a un nom célèbre, quand on s'appelle Gigolo Pazzi.

ADOLPHE

Pazzi !.. comment? seriez-vous issu de ces nobles Pazzi qui moururent, il y a trois siècles, pour ^indépendance de leurpa- ^''•^^ .r>aiaiot a,

CIGOLO.

Oui, oui. . . j'ai entendu parlej^dc quelque chose comme ça dans ma famille. Nous sommes tpus uiorts pour Id ^^atrie. «c»

ADOLPHE

En vérité, de tels ancêtres seraient bien étonnés s'ils pouvaient voir ce que vous faites maintenant.

(') Pendant le conimeuccnicnl de celle scène j le flonuslique rentre, et remporte la toilette.

CIGOLO.

Pas vrai?., c'est ce que je me dis quelquefois. Ça les flatterait de voir en moi lani de goût, de lact et d'élégance, eux qui ne connaissaient que la force brutale, et n'avaient d'autre mérite que de recevoir des coups d'épée.

ADOLPHE

Permettez, Monsieur. . . Les coups d'épée, je suis de ceux qui en reçoivent, et de plus qui en donnent, et je vais m'expliquer avec la franchise d'un militaire. Quand il y aura bal ou concert à mon élat-raajor, le descendant des Pazzi recevra de moi une invitation. Mais les autres jours, son assiduité me déplaît.

CIGOLO^ surpris.

Hem? commeDt?

ADOLPHE

Je vous répète que. . .

CIGOLO.

J'ai parfaitement entendu.

ADOLPHE

Et qu'avez-vous à répondre ?

CIGOLO.

Que, dès que vous en aurez pris l'habitude, ça vous plaira.

ADOLPHE

J'en doute.

CIGOLO.

J*en réponds.

ADOLPHE

Je VOUS assure que non.

CIGOLO.

J'ose VOUS assurer que sr. . .

ADOLPHE, impatienté.

Ah ça!..

CIGOLO.

Vous-mômes, en France, n'avcz-vou? pas ce que vous appelez les a.Tiis de la maison? Absolument les mêmes fonctions que les nôtres. . . et c'est si commode pour un mari. Grfice à non» il jouit de son temps, de sa liberté. Il ne s'aperçoit pas qu'il ait une femme.

ADOLPHE

Moi, je suis bien aise de m'en apercevoir. . . El c'est pouc cela que je vous inviterai, sans façon, à sortir de chez moi.

CIGOLO.

Sortir!., impossible, Monsieur.

ADOLPHE

Choisissez, parla porte ou parla fenCtre

CICOLO.

Parla lenî^lre!.. Qu'esl-cc que c'est que celle i)lai8anlerielà? Ça n'a pas d'exemple.

ADOLPHE

Ça en aura un.

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