A. HUGO
Une autre fois,Robelin recevait de Victor Hugo le billet suivant :
(( Clier Robelin, si vous êtes encore à Paris, venez demain mercredi manger avec nous une dinde truffée, mais apportez en venant deux ou trois bouteilles de vin que vous tirerez de votre cave, car du vin à r franc est trop pileux pour le mêler aux truffes (i). »
On voit qu'on ne se gênait pas avec lui, comme disait M""» Hugo.
D'où vient donc que Judith Gautier, parlant de Robelin dans son Collier des jours, nous le repré-
(i) Ces li.'llrcs, i)nbli<'os par Henry Lai)auzc dans le Figaro du ai février i8'ji , n'(int pas été recueillies dans la Corrc.iponclanc« dn poète.
LE CENACLE UK JOSEPH DELOHME
sente plutôt comme un peu avare? C'est qu'à cette époque — et l'on était sous l'Empire — Robelin avait à masquer des revers de fortune dus à des traits de g-énérosilé que lui seul connaissait. Mais tout en se privant sur la toilette et en réduisant son train de maison, il n'en gardait pas moins son argenterie, comme en témoigne ce billet de Théophile Gautier, que je tiens de M. Maurice Guillemot :
« M. Théophile Gautier prie monsieur Robehn de vouloir bien avoir la complaisance de lui prêter sa vaisselle et ses verres. »
Ils habitaient alors tout près l'un de l'autre, à Neuilly: Théo, rue de Longchamp,32; Robelin, rue Saint-James, et pendant de longues années l'architecte venait voir le poète chaque jour après son déjeuner.
« Il entrait, dit Judith Gautier, par la porte de la cour dont on n'avait qu'à tourner le bouton et qui sonnait en s'ouvrant. C'était pour ne déranger personne ; mais son entrée dans la salle à manger causait toujours, néanmoins, un indescriptible tumulte et un grand émoi : il avait à sa suite un chien de chasse blanc et gris et un vieil épagneul noir. Aussitôt la porte vitrée entr'ouverte,les chiens