‹ Le cénacle de Joseph Delorme, (1827-1830) (volume 3)Chapitre 17 sur 43 · CHARLES ROBELIN · texte numérisé non relu

CHARLES ROBELIN

m'est sorti des mains plus de trois cent mille francs. Rien qu'en dons (canons pour la défense de Paris, ambulances, blessés, pontons, prisonniers, familles des condamnés, veuves et orphelins, Alsace et Lorraine, libération du territoire), j'ai donné plus de 35.ooo francs, et cela continue.

« J'ai tout engag^é^ même ma maison. Je compte pour me dégager de ce chaos sur mon travail actuel : c'est pour cela que je suis à Guernesey. C'est avec les droits d'auteur de Ruij Blas et de Marion de Lorme que je compte payer toutes mes dépenses jusqu'au i*"' mars, car ce qui me reste de revenu libre suffit à peine pour payer les rentes que je fais annuellement à mes enfants : 12.000 francs pour Victor, 12.000 francs pour Alice (i), 7.000 fr. pour Adèle, pour les trois 3i.ooo francs. Vous voyez ma situation.

« Certes, j'eusse été bien heureux de demeurer dans une de vos maisons. Mais cela n'a pas dépendu de moi. Pourtant je me figure que cela tinira par là. Je vous embrasse, cher ami (2). »

Ce dernier j)aragraplie demande une petite expli-

0)La vciivR de Charles, devenue un peu plus lard M'" Luckroy. (a) Figaro du J.i février 1891.

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cation. Nous avons dit que Robelin possédait à Paris plusieurs maisons qui n'étaient pas louées. Victor Hu20, sollicité par lui, en aurait bien pris une, mais il paraît qu'avec son g'oût pour le moyen âge Robelin les avait rendues à peu près inhabitables en leur donnant des toits à pic qui mansardaient tous les étages, et des tourelles où les escaliers avaient peine à tourner (i). Et c'est pourquoi Victor Hugo (ou plutôt Juliette Drouet) s'était pourvu ailleurs.

Quant aux embarras d'argent dont Hugo prenait texte pour offrira son ami une somme dérisoire, il faut croire que Robelin avait de sérieuses raisons d'en douter, puisque, six mois après, il revint à la charge, sans plus de succès, d'ailleurs.

« Mon bon Robelin, lui écrivait encore Hugo, le le^mai 1873, je vois bien qu'il faut que je finisse par me confesser à vous. Je le fais de bonne grâce. Seulement] gardez-moi le secret. Vous seul allez connaître ma situation à fond. La voici :

« A la suite^d'une liquidation désastreuse, j'ai dû prendre avec la Banque Nationale de Belgique les engagements que vous allez voir :

(i) Le Second rang du Collier, p. 47-

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