‹ Le cénacle de La Muse française, 1823-1827; documents inéditsChapitre 48 sur 64 · LÉONIDAS · texte numérisé non relu

LÉONIDAS

Que dis-tu ?

Garde-toi devant moi d'outrag-er leur vertu. Lui! nous! les soupçonner d'une telle infamie! Ils sont soldats de Sparte, et fils d'Archidamie, De celte reine illustre, austère en sa grandeur, Qui des mères de Sparte est l'exemple et l'honneur.

Là-dessus, entre Archidamie.Elle raconte qu'elle a consulté les oracles de Delphes, que les dieux, justement irrités du meurtre des ambassadeurs persans, repoussent toute offrande et que le seul moyen de les apaiser est de leur immoler quelque victime prise dans leurs rang-s. Mais, au fait, où sont donc ses fils, qu'elle ne les aperçoit pas autour de Léonidas? Cléomène lui répond brutalement qu'ils ont passé à l'ennemi. Et comme elle proteste contre cette accusation que rien ne prouve, on lui montre le bouclier et les armes que le Spartiate ne quitte qu'avec la vie. Il faut bien qu'elle se rende à l'évidence. Aussitôt, n'écoutant que l'ardeur de son patriotisme, la voilà qui maudit ses enfants nés, dit-elle, d'un père déshonoré. On croirait entendre la mère de Pausanias. Cependant Artapherne, envoyé de Xercès, vient proposer aux Grecs de se rendre. C'est Léonidas qui lui répond, et, pour que son lang-age soit plus digne de lui et du peuple qu'il représente, Pichat met dans sa bouche tous les mots historiques qu'on nous a appris au collège. La scène est admirable et je ne m'étonne pas qu'elle ait produit grand effet. L'audace d' Artapherne excite la colère de Cléomène, qui ne parle de rien moins que de le mettre à mort. Mais Léonidas l'arrête et lui rappelle qu'un premier crime les a privés de la faveur des dieux.

ARTAPHERNE

Vos dieux sont satisfaits, Rassurez-vous.

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