VICTOR
« Ma mère, vous pleures ! Parbleu, je le crois bien. Moi, l'admi-
AVANT LE CÉNACLE. — LLS DEUX ALEXANDRE l\6
(( Parlez-moi donc un peu de vos répétitions, cher poète, et de celles de notre ami, lui écrivait Sophie Gay, de Villiers-sur-Orge. Parce que je suis soulfrante, triste et retirée du monde, ce n'est pas une raison pour m'oubiier et vous devez bien quelque souvenir à ma bonne affection. J'espérais que ce beau temps vous donnerait un peu Tenvie de campagner et que vous viendriez nous dire de ces vers que nous aimons tant à écouter entre le bois et la prairie; mais les plaisirs vous captivent ailleurs et vous vous en régalez en attendant la g-loire. C'est fort bien fait, mais ne me laissez pas ignorer le sort de vos intérêts dramatiques. On m'a dit que vous pensiez à retourner en Languedoc très incessamment. Je médite aussi un prochain voyage à Perpignan et je serais ravie de vous retrouver dans ces belles contrées. Taîma est-il enfin après Oreste? Il disait encore l'autre jour des choses pitoyables chez M. X... sur Saâl. Il est si enragé contre les beaux vers d'Alexandre que j'ai peur de n'en jamais entendre sortir de sa bouche.
« Que faites-vous de l'ange Victor (i) et de ce charmant poète de l'adultère (2)? Tous deux m'a-
rateur néet le chantre obligé de tousles crimes, si le respect humain ne m'avait retenu, j'aurais pleuré comme un honnête homme et comme un faiseur de romances. Mais il n'y a point de considération sur la terre qui puisse m'empccher d'admirer vos Spartiates juifs et de témoigner hautement mon respect pour eux et mon amitié pour l'auteur.
a Au corps de garde du Guichet de f Echelle.