CONCLUSION
nouveau se, sont donc heurtés et se heurtent encore aux mêmes difficultés que les penseurs et les docteurs qui ont fait du christianisme le catholicisme par une série de tâtonnements et d'expériences plusieurs fois séculaires. Gomme eux, et en moins de temps peut-être, ils triompheront des mêmes obstacles.
La liberté : elle règne en Europe dans les esprits, dans les idées, dans les institutions. L'essor que cet affranchissement, cette sécularisation de la pensée a donné à la production scientifique, industrielle, artistique, philosophique, j'ai tâché de le raconter dans ce livre.
L'égalité : dans la mesure où la demandaient les auteurs de la Déclaration des Droits de CHomme, l'accès à tous les emplois, à toutes les cultures, ouvert à tous les hommes « sans autre distinction entre eux que celle de leurs vertus et de leurs talents », l'égalité est acquise en principe et en fait. Le culte mal compris en est même souvent poussé jusqu'à l'excès.
La fraternité : sous ce rapport, le xx® siècle aura beaucoup à faire. Les principes sont posés, admis par la raison *; mais, on ne peut se
1. Les écoles socialistes y ont même ajouté cette notion de la solidarité qui, étendue à l'humanité tout entière, passée, présente et future, donne un cachet nouveau à la morale sociale et particulière. ,
le dissimuler, le cœur n y est pas encore. C'est même là ce qui stérilise les plus louables efforts.
Une machine, si compliquée, si bien combinée soit-elle, ne peut fonctionner que si on lui fournit de la chaleur. Socialement, la chaleur sans laquelle on ne peut rien, c'est l'affection mutuelle, la bonne volonté.
Et, pour finir encore sur une parole de Saint- Simon, la plus haute, la plus féconde, la seule éternelle vérité que le christianisme ait apportée au monde, c'est encore et toujours sa belle devise :
« Aimez-vous les uns les autres, car vous êtes tous frères. »